J’ai avorté et je vais bien, merci – Les filles des 343

La pression sociale veut que les femmes qui avortent doivent culpabiliser de leur geste et se sentir mal. Mais pourquoi vouloir ainsi stigmatiser le droit aux femmes de disposer de leur corps et de leur vie comme elles le souhaitent? Et si les femmes pouvaient faire un choix et aller bien?

4ème de couverture
Plus de 200 000 femmes avortent chaque année en France, et une femme sur deux aura recours à l’IVG au moins une fois dans sa vie. Cet acte, pratiqué sous contrôle médical, est des plus simples. Pourtant, le parcours des femmes qui avortent l’est de moins en moins. Le droit à l’IVG est doublement menacé : en pratique, par la casse méthodique du service public hospitalier, et dans les discours dominants, qui présentent l’avortement comme un drame, un traumatisme systématique.
Ces discours culpabilisateurs sont autant de discours anti-IVG qui avancent masqués. J’ai avorté et je vais bien, merci, prend à contre-pied cette vision de l’avortement. En mettant en avant des témoignages positifs et résolument décomplexés, il s’agit ici de réaffirmer que l’IVG n’est pas une session de rattrapage pour mauvaises élèves, avec justificatifs et excuses à fournir. C’est un droit, c’est une solution, et c’est un choix qui doit être respecté.
Il s’agit de clamer haut et fort que les femmes qui avortent ne sont ni des idiotes ni des inconséquentes, et n’ont pas à se sentir coupables, honteuses ou forcément malheureuses. Il s’agit enfin de revendiquer le droit d’avorter la tête haute, parce que défendre le droit à l’avortement ne doit pas se limiter à quémander des miettes de tolérance ou un allongement de la corde autour du piquet.

Mon avis
Le livre n’est pas de toute première jeunesse car il a été édité en 2012. Toutefois, cela ne remet nullement en cause son contenu. Déjà, on applaudit l’éditeur « La ville brûle » qui édite des ouvrages sur des thématiques pas toujours consensuelles comme le féminisme, les règles, les anarchistes… Publier un livre qui parle de l’avortement est une prise de risque à cause des pro-life et de leur réseau d’influence très largement financé. D’ailleurs, lorsqu’on met sur un moteur de recherche IVG il y a de grandes chances de tomber sur un de leur site qui bien entendu désinforme. La propagande religieuse prend toujours le dessus et par conséquent les droits de la femme à disposer de son corps et de sa vie en prennent un coup. C’est pour cela que l’ancien collectif Les filles des 343 ont décidé de lancer via un blog un appel à témoignages de femmes qui ont avorté et qui vont bien. A force de faire croire que la femme qui avorte doit culpabiliser de son choix est un mythe. Cela ne veut pas dire que cela n’existe pas mais cela reste souvent une infime partie des personnes concernées. Ce n’est pas parce qu’une femme peut faire des enfants qu’elle doit forcément garder un ovule fécondé si elle n’en a pas envie. Et la question du Pourquoi ne rentre pas en cause. Les raisons sont propres à chacune et ne doivent pas être soumise à validation d’un médecin ou d’une infirmière. La loi permet aux spécialistes de refuser de conseiller, d’aider ou de pratiquer un IVG au principe que cela va l’encontre de ces croyances. La loi ne dit pas en effet que si vous le faîtes vous ne devez pas culpabiliser, insulter, humilier, blesser, faire mal… aux femmes. L’éthique est un autre sujet. Ce qui ressort de ces témoignages d’avant et d’après la loi veille n’est pas la remise en cause du choix. Mais cela repose sur le non-professionnalisme des professionnels de santé qui préfèrent juger les gens au lieu de les accompagner. Aspiration sans anti-douleur avec un supplément de reproches et d’humiliation est malheureusement trop commune. A quand une vraie réflexion sur le respect des patientes?

Ce qui est intélligent outre de montrer que des femmes ont avorté et vont bien. C’est aussi de donner des témoignages de personnes qui pratiques l’IVG et des personnes qui reçoivent les femmes pour des conseils au Planning familiale. Les fake news vont bons trains sur ce sujet que même des médecins et gynécologues propagent : dépression post-ivg, stérilité, forme de contraception… En effet, des femmes ont été stériles après un avortement lorsqu’on enfonçait dans son intimité une aiguille à tricoter. On sait que maintenant ce n’est plus le cas quand on va à l’hôpital qui prennent des produits propres. Et quand on prend des médicaments, pas besoin de mettre quoi que ce soit dans l’utérus. Que de fausses informations pour culpabiliser les femmes en leur disant qu’il vaut mieux être malheureuse mère que femme heureuse sans. Pourquoi ne pourrait-elle pas choisir quand c’est le plus adapté à elle? Pour mémoire, les femmes gagnent moins qu’un homme, elles doivent en général arrêter leurs études quand elles sont enceintes et sont les premières concernées par la précarité. Les choix politiques restreignent aussi les possibilités car des centres ferment, les disponibilités de rendez-vous sont réduites ce qui fait que les délais légaux sont dépassés. On n’interdit pas on limite l’accès. Les droits des femmes sont des enjeux politiques électoraux importants, malheureusement dans le mauvais sens.

La contraception repose presque uniquement sur la femme ce qui est une grosse pression. Il faut trouver celle qui correspond à chaque corps et avec l’aide d’un vrai professionnel. Là aussi, il y a déjà des restrictions avec ceux qui sont contre les patchs, les stérilets, les pilules sans règles, les micro-dosés.. Déjà une première étape qui n’est pas toujours facile. Pour l’homme c’est préservatif ou rien, c’est plutôt tranquille pour lui. Quand on n’a pas de problème de fertilité, c’est plus difficile de se protéger que non. Et puis, la vie fait qu’il peut arriver des accidents quelque soit l’âge, la situation professionnelle, son diplôme… Quel qu’il soit, le résultat d’être enceinte ne doit pas être un problème. Le choix de disposé de son corps est un droit.

A la fin de l’ouvrage, il y a des informations sur les lois, les structures où l’on peut se renseigner vraiment… Le Planning familiale fait partie de ces endroits où tous le monde peut aller pour trouver des vraies données sans le supplément jugement ou informations tronquées avec de l’écoute et de la bienveillance. Ce livre devrait être mis à disposition dans les CDI et les médiathèques car il aborde un sujet sensible qui concerne au moins 1 femme sur 2 en France. Tout le monde devrait trouver des informations fiables sur lesquels se baser et non la propagande extrémiste. Pouvoir choisir avec les bonnes données est important. Le corps de la femme doit lui appartenir et non être un outil de politique et d’influence religieuse.

Un livre intéressant qui donne la parole à celles que l’on entend peu. Le titre veut tout dire et résume parfaitement son contenu : « J’ai avorté et je viens bien, merci ».

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