Le club des inadapté.e.s – Cati Baur et Martin Page

Quand on est différent à l’école, ce n’est pas tous les jours faciles. Et quand on se fait agresser sans raison, c’est d’autant plus compliqué. Heureusement, on peut compter sur les amis pour nous soutenir.

La petite bande d’amis étaient heureux d’avoir trouvé un équilibre entre les cours et les moments ensemble d’après. Surtout qu’ils se sont créés un petit refuge avec de quoi s’abriter, des fauteuils et maintenant un petit braséro pour l’hiver. « Quelque chose me dit cette année aura des chances d’être cool, finalement… » Seulement voilà, un évènement va modifier cette apparente tranquillité. Erwan a été agressé dans la rue et il est à l’hôpital. « J’ai rien compris, ils sont arrivés par derrière et ils m’ont tapé comme ça, sans explication ». Cela aurait pu être n’importe qui parmi eux, les adolescents un peu particulier du collège. On les embête et les menace assez régulièrement. Leur ami n’ose pas encore revenir à l’école. Ils prennent patience et heureusement que leur professeure de maths est si enthousiaste. Cela leur donne du baume au coeur. Mais elle est suspendue jusqu’à nouvel ordre à cause de son alcoolisme et de son style très particulier d’enseigner. « On va être courageux! On va laisser sortir notre colère! On va écrire une lettre! ». Avec beaucoup de bravoure et de pertinence, deux potes adressent un courrier. Les ennuis ne vont pas tarder pour eux avec une convocation avec leur parents chez le directeur. Ils ont gagné une semaine d’exclusion. Le cerveau d’Erwan chez lui, bouillonne et propose une solution à cette inégalité de traitement avec une machine égalisatrice pour répartir de façon équivalente les problèmes. Rien de tel qu’un essai grandeur nature pour savoir si cela peut être fonctionnel. Dans le club des inadapté.e.s, on est toujours là les uns pour les autres pour se soutenir. Quand une personne populaire fait une réaction allergique ou qu’une épidémie de gastro touche une classe, est-ce du à la pensée magique ou juste le hasard? Et si machine représentait autre chose? Une façon de gérer l’improbable et l’injustice? Après il reste les amis et la connivence qui vont permettre d’avancer jour après jour.

Même si la bande dessinée jeunesse souffre encore d’une image de simple outil de divertissement pour enfants. Ce genre d’ouvrage devrait convaincre les fermer d’esprit qu’une bd même à destination des plus jeunes peut-être pleine d’intelligence et aborder des sujets sensibles. En plus, on trouve aux commandes d’un côté Martin Page, qui initialement avait écrit un roman jeunesse. Comme à son habitude, il aborde des sujets sensibles comme la violence, la maladie de façon assez élégante et jamais culpabilisante. Et de l’autre côté, Cati Baur qui nous avait charmé aussi bien avec sa série « Quatre sœurs », adaptée des romans de Malika Ferdjoukh ou « Vent mauvais » qui parle des conflits d’idées autour des éoliennes. Cette fois-ci également, elle apporte une grande douceur grâce à son graphisme et ces couleurs assez rassurantes. Créer un bel univers est important pour aborder des sujets sérieux dont de nombreux enfants sont concernés comme le harcèlement, la violence scolaire (psychique et psychique), le chômage, le décès d’un parent, la dépression, l’alcoolisme… Les personnages, Martin, Edwige, Erwan et Fred, représentent la diversité aussi bien par leurs affinités créatrices que par leur type de famille. Ainsi chaque jeune lecteur peut s’identifier plus facilement à eux car c’est réaliste. De plus, on ne les prend pas pour des simples d’esprit car l’auteur fait référence à Mithridate qui selon le mythe s’empoissonnait un peu chaque jour pour éviter d’être empoissonné. On y lit un parallèle avec la rudesse de la vie, il faut commencer à gérer les problèmes enfants pour mieux s’en occuper adulte. « […], j’ai le sentiment que depuis notre naissance on nous éduque en nous mithridatant contre la tristesse et le renoncement ». Un point de vue fort qui l’est d’autant plus à une période où le monde reste quelque chose de difficilement palpable avec un flot d’hormones amplifiant les ressentis. Une période très compliqué où les mômes commencent à imaginer leur futur. La finalité reste positive. En effet, le quotidien n’est pas toujours facile. Toutefois l’amitié, l’écoute et le partage permettent d’affronter toutes les tempêtes et de se soutenir. Des éléments indispensables pour l’équilibre de chaque personne. Ainsi la bd peut devenir un bel outil pour inciter à évoquer des sujets sensibles en famille et/ou avec des proches en plus grande liberté.

Un très jolie travail aussi bien dans le fond que dans la forme qui devrait facilement trouver son lectorat.

2 réflexions sur “Le club des inadapté.e.s – Cati Baur et Martin Page

  1. Effectivement, être atypique, « différent » au collège, au lycée entraîne souvent des réactions de rejet, tyranniques, de harcèlement de la part des autres. La violence est un fléau et l’agression sa pathologie.
    Cette BD est donc une excellente façon d’aborder le sujet de ces petites victimes qui ne demandent qu’à s’exprimer librement, grandir, rire, apprendre et échanger… en paix, sans boule au ventre parce qu’elles ont peur d’aller en cours. Mette en place des stratégies quotidiennes pour survivre à la journée est énergivore et empêche de bien vivre sa vie d’ado…

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