A silent voice – Tome 1 – Yoshitoki Oima

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Shoko vient d’arriver dans une nouvelle école. Elle espère vraiment pour réussir à s’insérer malgré son handicap. Elle n’avait pas prévu le comportement de Shoya et de ses copains de classe.

Quand on est différent à l’école, c’est toujours assez difficile de passer inaperçue. Shoko le sait bien depuis qu’elle est petite. Même si son handicap n’est pas visible, il nuit à la socialisation. Elle fait de son mieux pour suivre en classe malgré qu’elle soit sourde. Son appareil ne lui permet pas de comprendre ce qui se dit autour d’elle. Heureusement qu’elle lit sur les lèvres. Elle apprend aussi à oraliser pour échanger avec ces collègues de classe mais ce reste difficile pour elle. Les élèves commencent à se plaindre entre eux qu’elle les ralentit en classe, qu’à cause d’elle leur classe va perdre le concours de chant… Voici une bonne excuse pour Shoya de tourmenter sa collègue et il sera sans pitié. Il va lui casser ces appareils, lui hurler dessus, lui faire d’autres coups en douce… ce qui fait bien rire les autres. Seulement voilà quand le maître demande qui est responsable de la destruction des appareils et que cela coûte une fortune. Le garçon se dénonce et les autres le montre du doigt. A son tour de devenir la tête de turc de tout le monde. Chaque jour est une longue journée de solitude remplie d’insultes, de coups et d’humiliation. Au lycée, les autres le mettent également de côté à cause de ce que les autres ont raconté. Cette situation empire et il faut y remédier. Il va prendre un nouveau départ comme interprète langue des signes et va retrouver Shoko pour savoir pourquoi elle a pris sa défense malgré son comportement.

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Yoshitoki Oima propose un manga qui aborde de nombreux sujets comme la surdité, le harcèlement scolaire, l’isolement social… Cette stigmatisation se dévoile à travers deux personnages : Shoko et Shoya. L’adolescente est sourde et doit s’insérer dans un monde de sourd. Ce qui est étrange dans les mangas japonais est cette volonté de mettre des sourds appareillés. Et ces appareils ne fonctionnent pas ou que très moyennement. Ces appareils sont là pour permettre au cerveau de recevoir des sons. Les lobbies médicaux sur la médicalisation des sourds sont extrêmement présents. Les parents choisissent souvent les appareils ou les implants cochléaires pour avoir des enfants « normaux ». Par conséquent, pour les appareils auditifs le taux de réussite reste très élevé. Pourquoi dans la fiction en faire juste un élément « décoratif »? Un sourd peut apprendre à parler sans et cela s’est en France pendant des siècles. On vient à se demander si la série a été faîtes avec le témoignage de sourd. Notre héroïne est mignonne, gentille et ne se plaint jamais. On sent que son handicap est aussi une source de tension dans le cercle familiale proche. Elle montre qu’il existe la langue des signes qui lui permet d’échanger tout de même. Seulement le souci repose sur le nombre de personne pouvant la comprendre. En classe, les élèves font consensus pour ne rien apprendre. Ce n’est pas à eux de s’adapter aux handicaps des autres. Une scène assez forte dans le manga qui montre l’ouverture d’esprit et le niveau de tolérance des autres. Une réelle représentation de la société qui veut cultiver un idéal de conformisme. Puis Shoya qui veut se rendre intéressant, va faire des coups tordus à sa camarades pour plaire aux autres. Tout le monde était au courant de ces agissements et personne n’a essayé de l’arrêter. Ils pensaient qu’elle était nuisible à la classe mais le disait entre eux. Quand le garçon s’est fait prendre ces anciens se sont retournés contre lui pour le harceler. Pour lui, la tranquillité est quand il n’est pas en classe. On voit ainsi d’un côté l’hypocrisie humaine qui n’a pas de limite et de l’autre la prise de conscience d’un garçon qui cherchait juste à se faire apprécier comprendre l’impact de son action. Même avec le temps, en lui subsistait une culpabilité. Pour se rattraper, il a décidé de prendre conscience des choses et d’avancer pour les changer pour d’autres enfants. Ainsi il apprend la langue des signes et veut devenir interprète. La mangaka n’a pas hésité pour un premier tome de montrer les multiples facettes du regard des autres et de leur façon d’agir face à la différence. Et ce constat peut se faire dans de nombreux pays occidents, rien de culturel ici. La volonté de changer de regard est un grand pas pour espérer plus de tolérance. Est-ce que Shoya arrivera à son objectif et se faire pardonner? La suite nous le dira en exploitant sans aucun doute la multiplicité des sentiments humains.

Un manga audacieux et mené d’une main de maître pour impliquer le lecteur dans la dureté de la société vis-à-vis du handicap.

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