Portrait de Marc-Antoine Fleuret

Derrière chaque publication dans le 9ème art se cache des gens passionnés. Marc-Antoine Fleuret aime tellement le 9ème art qu’il a crée les éditions Les Aventuriers de l’Etrange. Allons en savoir plus sur ce qui l’anime dans son métier et son envie de partager avec le grand public.

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?
Je suis un mauvais dessinateur qui est passé du côté obscur de la force en devenant un salopard d’éditeur. Plus sérieusement, après des études artistiques (Arts Appliqués, Arts du spectacle, Architecture et Cinéma) et 15 années de jobs aussi vains que vides, j’ai décidé de prendre ma vie en main en faisant quelque chose qui avait du sens : donner du rêve et de l’espoir aux lecteurs de tous âge en les faisant s’évader le temps d’une lecture. 


Comment sont nées Les éditions Les Aventuriers de l’Etrange ?
Par un incroyable alignement des planètes. Sans argent, sans contact, sans expérience mais armé d’une bonne dose d’inconscience, d’idéalisme et de bon sens, j’ai fait une liste idéale d’auteurs avec qui, dans l’absolu, j’aurais voulu travailler. Sans savoir si c’était possible ou non. Juste une liste idéale. Et il s’est trouvé qu’avec 2 auteurs, des projets ont pu se monter très facilement. Me faire financer le démarrage de l’activité par une banque, alors que l’édition est un secteur à risque, a également était aisé à mettre en place. Tout s’est très remarquablement enclenché. L’immatriculation s’est faite le 1er novembre 2017 et début mars 2018, le 1er album sortait en librairie (Omar, le navigateur). Avec le recul, je n’en reviens toujours pas. Je voulais également une ligne éditoriale super cohérente, qui ne parte pas dans tous les sens, et avec un nom de structure indiquant précisément ce qu’on allait trouver dans mes albums : de l’aventure, du merveilleux, du fantastique, de l’étrange pour tout public. 

Comment choisissez-vous les publications ? 
La sélection est très serrée car je ne peux financièrement pas faire plus de 7-8 albums par an. Les auteurs avec qui j’ai commencé à collaborer ont toujours l’avantage sur les autres parce que pour moi il est très important de proposer aux lecteurs une récurrence de publications des auteurs pour les installer durablement. Si j’ai choisi de collaborer avec ces auteurs-là (tous étrangers), c’est parce que je suis amoureux de leur travail, de leur univers, et un peu d’eux, aussi. Je ne stoppe pas la collaboration après un échec commercial ou de mauvaises ventes. Je les connais bien, je sais qu’ils sont de vrais auteurs avec leurs propres visions du monde, leurs interrogations. Ils ne sont pas de simples « techniciens du dessin ou du scénario ». Ils se servent du merveilleux, des contes, des monstres et des sorcières pour parler de thèmes universels et intemporel comme : l’héritage du passé, assumer qui l’on est, trouver sa place, apprivoiser la cruauté du monde, la fougue et l’impatience de la jeunesse, le merveilleux en chacun de nous, etc. Chacun des auteurs que je publie a quelque chose au plus profond de lui. Et comme mes auteurs font généralement tout (scénario, dessin, couleurs et même maquette et lettrage), chaque album a une réelle personnalité. Chaque album ressemble terriblement à son auteur. Alors, il est malheureusement assez difficile de « rentrer dans l’équipe » parce qu’avec seulement 7 ou 8 albums par an, je n’ai que peu de places disponibles pour les nouveaux venus. Le fait de collaborer avec des auteurs étrangers est également un choix. J’aime ce charme un peu spécial des cultures différentes de la mienne permettant ainsi l’ouverture sur le monde. A propos du titre Le conte du genévrier, un journaliste avait écrit : « Un album français, basé sur un conte allemand, créé par une auteure espagnole, maquetté par une roumaine et imprimer en Slovaquie, la culture n’a pas de frontière ». C’est exactement ma vision du monde. S’ouvrir aux autres, partager et s’émerveiller de ce qu’on ne connait pas. 

Comment s’est développée votre passion pour le 9ème art ?
Petit à petit. Sans effort. De façon paresseuse. J’ai beaucoup lu, enfant, pas uniquement de la BD, beaucoup de contes et d’histoires enthousiasmantes. J’ai aussi toujours un peu dessiné aussi, même si pas bien du tout. J’ai cet amour non seulement des livres en tant qu’objets mais surtout des auteurs sans qui rien n’existerait. Je suis convaincu que les livres peuvent changer le monde. Alors si, en plus, on peut le faire avec des images magnifiques pour imprimer du merveilleux en chaque jeune lecteur pour qu’il, une fois adulte, voit le monde différemment, pourquoi se priver ? Car, oui, si on reste l’esprit bien ouvert, si on lâche prise, si on regarde différemment, le monde peut être merveilleux. 


Quels sont les coups de cœur de lecture que vous souhaiteriez partager ?
J’ai récemment découvert l’auteur Maurice Renard avec la nouvelle L’homme truqué. Formidable !  Niveau BD, j’adorerais collaborer avec le russe Alexander Utkin, son roi des oiseaux est une merveille. Je suis aussi très admiratif de la série Solo (Oscar Martin) et du travail d’Enrique Fernandez. 

Un très grand merci à Marc-Antoine Fleuret d’avoir répondu à mes questions. N’hésitez pas à découvrir les publications des éditions Les Aventuriers de l’Etrange.

2 réflexions sur “Portrait de Marc-Antoine Fleuret

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