Daisy lycéenne à Fukushima – Tome 2 – Reiko Momochi

Poursuivre sa vie à Fukushima après la catastrophe n’est pas de tout repos. D’autant plus, quand on est adolescente et que l’avenir se profile. Que choisir et que faire?

Le quotidien se poursuit à Fukushima. Après tout, on ne peut pas arrêter le temps par contre on peut changer notre rapport à ce dernier. Nos adolescentes vivent leurs derniers moments à l’école avant de choisir ce qu’elles veulent faire adultes. Il faut choisir son université avec le métier à faire plus tard. Mais une rencontre va modifier leur destinée. On va les inviter à jouer dans un camp de réfugiés. Elles ne sont pas pro pourtant ce jour là, elles mettront tout leur coeur et leur peine à faire ce qu’elles aiment. Le problème repose sur leur sentiment de non-légitimisassions à être là en tant qu’amateur. Mais le plus important n’était-ce pas le fait de partager leur amour de la musique? Pourtant, c’est autre chose qui va changer en chacune d’elle. Tous ces gens qui avaient une maison, un jardin, un champ, des animaux… et suite à la catastrophe, ils sont entassés dans des lieux construit à la va-vite. En plus, ils doivent payer un droit pour être là et oublié par l’Etat. Le pire est quand il dit que les problèmes sont résolues, pour eux rien ne change. Pourquoi dire que tout va bien et sur place on voit bien que c’est faux? Nos adolescentes doivent choisir ce qu’elles veulent faire plus tard, c’est le moment. Faut-il quitter ou non Fukushima? Et si elles partaient pour revenir et donner un nouveau souffle? L’une après l’autre, leur chemin se dessine en voulait devenir maîtresse, politique, rizicultrice et psychologue. Ainsi les nouvelles générations seront accompagnés pour mieux accepter leur situation et construire un avenir plus radieux.

Reiko Momochi n’a pas ménagé le lecteur dans sa série « Daisy lycéenne à Fukushima » et en même temps, pourquoi l’aurait-elle fait? Une catastrophe nucléaire, un tsunami et ses conséquences sur la population locale n’ont rien de très joyeux. Des gens ont du quitté leur patrimoine, leur héritage… tout ce qu’ils avaient pour être éloigné d’une zone de forte contamination. Que fait l’état ou le gestionnaire du site pour ces gens que l’on a déraciné? que l’on a stigmatisé? Rien. Mais les organismes officielles disent qu’aucun mort n’est à déplorer. Comment compter les disparu dans le raz-de-marée? Comment calculer les personnes qui se suicident suite à la perte de leur repère, de leur vie d’avant? Comment évaluer les personnes malades à cause des radiations? On garde cela sous silence. Qui va chercher vraiment à savoir cela? Il faut se montrer exemplaire, taire sa douleur, cacher son mal-être, ne pas réfléchir à l’avenir. Les parents d’Ayaka doivent partir car plus aucun touriste ne viendra dans leur auberge familiale et personne ne va leur acheter. Penser au futur devient très compliquée même si nos 4 héroïnes ont décidé de devenir des acteurs du changement que cela soit en faisant de la politique, de l’enseignement, de la culture ou de la psychologie. Tous ces piliers ont leur importance pour la reconnaissance des habitants, de leur histoire, de leurs émotions… Cette adaptation de « Pierrot » de Teruhiro Kobayashi, Darai Kusanagi et Tomoji Nobuta donnent envie de se plonger dans l’original pour y voir une autre façon de témoigner. Impossible de ne pas être touché par tant de sincérité, d’isolement et d’injustice. Les éditions Akata rajoute une postface de Michel et Bernadette Prieur en mai 2004 qui posent leur regard sur le nucléaire de façon générale. « Il faut que la conscience des gens s’éveille à cette vérité que le nucléaire est une imposture qui tient son pouvoir de leur passivité ». Une démarche critique et réflexive qui nous permet de constater qu’une catastrophe change beaucoup de choses même si le risque est minime.

Une série intelligente qui choisit de parler de Fukushima à travers le regard d’adolescentes. Une jeunesse qui peut changer l’avenir.

L’avis LesblablasdeTachan : « Daisy aura donc été un titre assez surprenant pour moi, dans le sens où l’on est bien loin de ce que peuvent habituellement nous proposer les shojos que l’on peut lire en France. Tout en gardant une sensibilité toute féminine, la mangaka n’hésite pas à adresser un discours critique à son pays mais aussi un message porteur d’espoir concernant sa jeunesse. C’est un très beau titre qu’il faut lire ! »

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