A l’enfant que je n’aurai pas – Linda Lê

Les femmes ne sont pas obligées d’être mère. Toutefois, celles qui font ce choix doivent ce justifier auprès des autres. Pour cela, Linda Lê décide d’être une lettre à l’enfant qu’elle n’aura jamais.

Linda Lê a décidé de raconter une histoire personnelle à travers une lettre « A l’enfant que je n’aurai pas ». Ce n’est pas lié à des problèmes de fertilité mais de choix. La possibilité de faire des enfants ne devraient contraindre les femmes à faire ce choix. Puisqu’il est bien question de pouvoir choisir consciemment pourquoi tant de pression? Avant l’auteure avant un compagnon S.. Au début, tout se passait bien ensuite la question de l’enfant est apparu. Il donne des arguments qu’elle sera heureuse une fois qu’il sera là, que tout ces doutes sur elle vont disparaître d’un coup et qu’elle sera une vraie femme accomplie. Mais elle sait pertinemment ce qu’elle veut. Alors elle parle à l’enfant qu’elle n’aura pas en lui racontant sa vie, son ressenti, son mal-être, ces doutes… Il existe comme une entité mystique.

Le choix de ne pas faire d’enfant est assez rarement aborder dans la littérature. C’est un sujet assez tabou car cela remet en cause les concepts de la société et ses bases religieuses. Que cela soit l’état qui veut remonter le taux de natalité ou soit la famille qui veut transmettre des gênes, un nom et un patrimoine, la pression pour les femmes sont là. Les discriminations envers les femmes sont multiformes. Mais l’approche de Linda Lê est assez surprenante. Elle explique qu’elle n’a pas eu une enfance heureuse qui pourrait justifier son choix d’être nullipare. Puis aussi son instabilité psychique qui l’empêche d’être stable et fiable. Est-ce qu’un enfant pourrait tout changer? On a l’impression que ce doute plane puisqu’elle parle à cette enfant inexistant. Il a une forme de présence car il y a des projections sur ce qu’elle pourrait lui transmettre, lui dire, partager… Une approche un peu déroutante. Le fait qu’elle aborde la volonté de son ami à devenir père est également un sujet rarement traiter. On constate que les femmes restent moins payées que les hommes, qu’elles ont des postes moins importants, qu’elles peuvent moins participer aux activités de fin d’après-midi pour récupérer les enfants… Ce qui induit que l’homme peut être père sans devoir vraiment s’occuper des enfants puisque les femmes sont là. Alors que la réalité actuellement change un peu. Un exercice de style entre réalité et fiction qui surprend, qui désoriente, qui étonne…

Un roman comme une lettre à un inconnu qu’il ne recevra jamais. A part que le sujet est l’enfant qu’elle n’aura pas.

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