La baleine bibliothèque – Judith Vanistendael et Zidrou

Parfois, on fait des rencontre qui changent la vie et notre vision du monde. Il n’en pouvait être autrement pour ce facteur des mers et cette baleine. D’un malencontreux accident est né une belle histoire.

L’histoire commence avec ces simples mots pleins de beauté : « La mer, comme le coeur de l’homme est remplie de secrets. Mais l’homme, quand son coeur déborde, peut prendre la plume, et, sur la plage d’une page, jeter ceux qui lui pèsent trop. On apprend à raconter des histoires comme on apprend à nager. Pour ne pas se noyer.  » Mais comment fait la mer pour raconter ces malheurs? Elle doit trouver une autre manière. La baleine millénaire qui vivait au fond de l’océan avait régulièrement de la visite car derrière son sourire se cachait un trésor. Ces fanons protégeaient la plus grande bibliothèque des mers. Exceptionnellement à l’occasion, elle faisait la lecture. Sur l’océan se trouve parfois un facteur de la poste maritime allant faire son travail, laissant sa tendre aimée à la maison. Puis un jour, le cétacé en remontant à la surface percute le petit bateau du facteur. Et vlan, le voilà à l’eau. Quand on oublie de porter ces lunettes, des petits accidents peuvent arriver. C’est une belle occasion pour apprendre à se connaître et sympathiser. Surtout que la baleine très aimable raccompagne le jeune homme à la terre ferme tout en lui racontant de fabuleux récits du fond des eaux. Puis un jeu de question/réponse rapproche ces deux êtres si différents tout en créant un lien spéciale. Pour ce quitter l’animal prête un livre pas très anodin à son nouvel ami. « C’est l’histoire d’une sirène qui tombe amoureux d’une pirate ». Un ouvrage qu’il dévore avec sa chère et tendre très enceinte un peu plus tard. Il faut repartir à un moment quand même! Dépôt de courrier sur un bateau, sur un phare… les deux compères se retrouvèrent. Le prêt d’un livre contre la beauté d’une feuille morte. Rendez-vous à la prochaine éclipse de lune? Seulement voilà certains rendez-vous ne peuvent être honorés et une autre destinée doit s’écrire.

Une lecture dont on finit totalement tourneboulé. Zidrou une nouvelle fois nous émerveille de son talent de conteur. Nous voilà spectateur de la rencontre extraordinaire d’une baleine et d’un facteur des mers. Et pas n’importe quelle baleine, une passionnée de lecture qui a disposition dans son corps toute une bibliothèque pour ravir l’ensemble des lecteurs. Cette image en soi n’était-elle pas déjà de toute beauté? Bien entendu, on peut y voir un clin d’oeil à « Moby Dick » d’Herman Melville ou « Baleine Blanche » de Luis Sepulveda. On tombe en amour devant ces êtres qui se rencontrent et s’apprécient. La baleine, animal étrange et fascinant tâche de se cacher aux yeux des chasseurs sans coeur et sans pitié. Pour un être particulier, l’animal s’est fait prendre et meurt pour le profit des hommes. Quel choc pour le lecteur qui espérait que de la tendresse. Toutefois sa mort apporte de la poésie car les milliers de livres qu’elle hébergeait sont rejetés à la mer tels des déchets. Impossible de rester insensible face à ce traitement inhumain de chasse à la baleine qui continue encore de nos jours. Et aussi de ces êtres qui ne voit qu’en l’animal juste un moyen de gagner de l’argent. Des pays possèdent des droits spécifiques pour encore la chasser ce qui contribuent à la disparition d’animaux exceptionnels. Faudra t’il les laisser en paix quand il n’en restera plus assez pour la reproduction? On a une folle envie de les protéger pour éviter qu’ils ne restent que des récits et des squelettes dans les musées d’elles. Un scénario amené avec beaucoup de douceur, de délicatesse et d’amour. Zidrou s’adapte toujours à ces aventures incroyables qu’importe qui l’accompagne au niveau graphique. Judith Vanistendael nous plonge dès la première page dans cet incroyable récit touchant, laissant la part belle à ce bleu qui nous immerge aux côté de la nature et de nos héros. On sent la touche de l’illustration jeunesse où bien souvent le dessin, la couleur prend le pas sur le texte. D’ailleurs, ici, il va où le dessin lui laisse la place. On ressent avant puis on met les mots. Certaines scènes donnt l’impression de rendre hommage d’une certaine façon à Jules Vernes et ici à son « 20 000 lieues sous les mers ». Surtout où le facteur rentre dans la baleine pour trouver un livre. Nous étions dans une forme de Nautilus. Une coopération réussi qui sait toucher le cœur de tout à chacun et qui donne aussi envie de lire pour partager. Que demander de plus?

Nature, culture et amour, voilà les trois ingrédients de cette bd qui saura vous toucher et vous tirer une larme à l’oeil.

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