Comme tu es une femme, tu joueras à la poupée petite, tu te marieras et tu enfanteras (dans la souffrance de préférence)… Qui a le droit de se permettre d’affirmer de telles inepties tellement entendues? Pourquoi ne pas dire dire puisque tu es une femme tu as le droit de choisir ta vie à l’égal de homme?
Chloé Chaudet est maîtresse de conférences en littérature comparée à l’université Clermont Auvergne. Elle publie d’habitude des choses autour de son domaine de compétence. Mais maintenant qu’elle a la trentaine, une question récurrente se fait entendre à ces oreilles. Pourquoi lui renvoie t’on sans cesse son statut de femme, son âge et celle d’enfanter? Pourtant, l’auteure a fait un choix de vie dont il ne devrait pas être nécessaire tout le temps de se justifier. Qui a dit que c’est parce que tu peux faire des enfants que tu dois faire des enfants. Est-ce que le fait de ne pas avoir d’enfant par choix en fait des femmes inférieures? La pression sociale est là et depuis tellement longtemps que l’on oublie que la femme n’a pas être soumise, qu’elle ne vaut pas moins qu’un homme, qu’elle peut choisir quand avoir un enfant si elle le souhaite… Pourtant, on fait croire encore qu’une femme ne peut en être qu’une si elle fait des enfants. D’ailleurs, se sont elles les premières à poser des questions « c’est quand ton tour? ». A croire que c’est une obligation et qu’il faut faire attention à la date de péremption des oeufs. On va même jusqu’à inventer une notion d’instinct féminin qui n’est aussi qu’une construction sociale. Etrangement, on n’entend pas parler d’instinct paternel. Et ce jugement de valeur se retrouve chez les professionnels. Chloé Chaudet parle de sa volonté de vouloir se faire stériliser et de la réticence de la gynécologue. Même les professionnels imposent leur vision du statut de femme à son choix de vie et de contraception. Le premier pas pour affirmer son choix de vie de femme est de le dire franchement quand les questions vont continuer à affluer : « Un enfant? Sans façon, merci ».
Avec ce titre « J’ai décidé de ne pas être mère » plus d’une femme devrait être tenté par la lecture. D’une part, celles qui posent et jugent les femmes de son entourage qui ont fait le choix ne pas avoir d’enfant. Et d’autre part, celles qui ont fait le choix de ne pas être mère qui vont vraiment se sentir concernées. La littérature n’est pas courante sur ce thème. Et dire que c’est un sujet tabou n’est pas exagéré. Avoir un enfant est devenu tellement un impératif social qu’il est malvenu à une femme de faire un choix de non-enfant. Après tout, elle a la compétence pour le faire. Pourtant ce n’est pas parce qu’elle a 300 ovules qu’ils vont être tous fécondés et ce n’est parce que l’homme fabrique des spermatozoïdes toute sa vie qu’il va avoir un nombre d’enfants illimités. Donc même les gens qui font ce choix de faire une famille choisissent quand et combien en général, en France. Pourquoi le choix de 0 devrait déranger? Est-ce que cela remet en cause le choix d’autres? Est-ce de la jalousie car des femmes ont plus subi une pression sociale qu’un vrai choix? Les chiffres ne devraient pas affoler les plus peureux. 4.5% des femmes de 18 à 71 ans ne souhaitent pas avoir d’enfants (ou n’en ont pas) en France (INED 2016). Alors pourquoi des réflexions toujours pleines de jugement et de mépris avec « tu finiras seule » ou « tu vas regretter ». Il faut faire des enfants pour qu’ils s’occupent de nous après? C’est ça que l’on appelle de l’amour et de l’altruisme? Et faire des enfants ne garantie pas qu’ils s’occupent des parents par la suite. Cela non plus, n’est pas inscrit dans le marbre. Au pire, on prend un chien ou un chat. Et le regret? Pourquoi ce choix mérite plus de regret que tous les choix que l’on fait dans sa vie comme un tatouage, prendre un animal de compagnie ou manger des pommes de terre? Et qui peut juger cela? la pression sociale? le regard inquisiteur des biens pensants? des extrémistes religieux? Chloé Chaudet propose une réponse à celles qui vous le disent : « tu voudrais donc que je me force à quelque chose que je n’ai pas envie de faire parce que je pourrais potentiellement regretter de ne pas l’avoir fait ».
Il faut souligner que c’est aussi une question très sexiste car peu d’homme posent ces questions et qu’à eux on ne leur reproche pas de ne pas être père ou pas encore. En plus, ils peuvent faire des dons de sperme. On reste dans le fait que la femme doit travailler, s’occuper de la maison et des enfants. 80% des tâches ménagères restent à la charge de ces mesdames. Monsieur lui à un travail, souvent mieux payés et il peut aller aux apéros après le boulot. On tombe dans une boucle d’injustice et de discrimination qui tourne encore et encore et se réduit de façon très minimale. L’idée de transmission du nom de famille (de l’homme de préférence), de ces gênes et du patrimoine restent forte. Pourtant est-ce si importante? Sommes-nous si important pour vouloir laisser une trace de nous comme chez les extra-riches? Avons-nous besoin de valoriser notre égo ainsi? Ne peut-on donner autrement? La notion d’écoféminisme préconise de ne pas faire d’enfant pour protéger la planète tout en réfléchissant à quoi proposer à ces générations futures? Un sujet qui mérite des discussions et de faire évoluer des mentalités encore un peu rétrograde.
Un livre qui incite à la réflexion et au partage autour de soi. Le choix de ne pas vouloir d’enfant doit être aussi respecté que celui d’en vouloir. Chaque femme doit pouvoir choisir sa vie.

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