Rêves oubliés – Léonor de Récondo

Tout semblait être parfait pour cette famille. Une belle maison, des enfants heureux…. seulement voilà, la dictature vient frapper à la porte de leur bonheur. Comment conserver ce berceau d’amour malgré la fuite?

Doucement l’Espagne change. Un homme décide de prendre le pouvoir et de ça éclate une guerre. Le dictateur est majoritairement soutenu. La révolte sanglante est doucement est maîtrisée. Les rebelles sont recherchés partout où ils peuvent être. Les partisans de la démocratie et de la liberté doivent alors fuir. Aïta était resté à la ville pour gérer son entreprise. Mais voilà que des hommes le poursuivent pour le tuer. Grâce à un fin stratège, il arrive à fuir et prendre le train pour rejoindre les siens. Arrivé chez lui, la maison respire la solitude avec un gâteau abandonné à la va-vite. Grâce à la voisine, il sait comment retrouver sa famille. Sans bagage, pour éviter d’éveiller les soupçons de la police, il passe la frontière pour aller en France. Mademoiselle Eglantine leur offre l’hébergement contre la gestion du jardin et potager. Un nouveau départ dans l’urgence qui devait être temporaire. Puis le temporaire est devenu permanent. La guerre gagne le monde et la tranquillité d’esprit s’en va. Maintenant ils sont des déracinés et de leur terre, il ne reste que des souvenirs. Une forme de tranquillité ne pourra se faire qu’une fois isolé à la campagne. Même s’il passe à la ferme des soldats anglais pour transition, le conflit n’est jamais loin. Des soldats allemands rôdent dans le coin. Ama, la brave femme, en sait quelque chose. D’ailleurs, elle partage un moment son ressenti dans un cahier. Le temps passe et les enfants grandissent un peu épargné. Chacun trouve sa route. Toutefois ce bonheur presque retrouvé doit avoir un obstacle. Seul la mort peut en témoigner.

Léonor de Récondo possède cette délicatesse de l’écrit qui charme et émeut en même temps. Il n’est pas aisé de parler de l’exil. La montée au pouvoir de Franco, la fuite, le racisme, la haine deviennent omniprésentes. Mais l’auteure ne montre rien en le pointant du doigt grossièrement. Elle le fait avec beaucoup de délicatesse, de simplicité. Sous cela on sent le poids de l’Histoire, lourde, blessante et injuste. Malgré le temps, la sensation de déracinement reste forte. Les brèves descriptions de la chaleur du soleil ou de la douce odeur des oranges, nous met au coeur de ce passé si intense. Malgré qu’ils vivent reclus, un peu de monde, la Seconde guerre mondiale fait tout de même des ravages. Est évoqué la fuite, le camp d’internement de Gurs, l’Occupation, la résistance… composante d’une période sensible. Elle n’omet pas la pression silencieuse comme cette Mademoiselle Eglantine qui hébergeait cette famille heureuse qu’ils partent car peur d’être arrêté et jugé par ceux qui l’entoure. Les que dira t’on et les êtres malveillants prennent aussi doucement le pouvoir. Les dénonciations deviennent des fiertés françaises. La vie est un ensemble bien fragile qui peut se perdre d’un coup de vanité. Heureusement que l’Amour présent tout le temps insuffle de force pour tout affronter. Une arme de construction massive face à la bêtise humaine. Une lecture touchante que l’on quitte triste et touchée par la sensibilité et l’élégance des mots.

Un petit roman fort en émotion qui ne pourra vous laisser insensible.

L’avis de Mémoire de Bison : « Mais aussi, parce que dedans il y a l’histoire de parents contraints de s’exiler dans un pays qui n’est pas le leur, et qui ne le sera probablement jamais. Parce que l’exil reste un sujet difficile mais toujours d’actualité depuis des siècles et qu’il déchire des « rêves oubliés ». »

L’avis de Mesexpériencesautourdeslivres : « Rêves oubliés est un magnifique roman que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt pour l’aspect historique et avec passion pour les personnages et leur destinée. »

L’avis Des mots et des notes : « L’écriture de Léonor de Récondo est très belle, poétique, pudique, elle plonge avec délicatesse dans les rêves de chacun, rêves oubliés, rêves refoulés, rêves ardents. Comme je l’ai déjà dit, c’est cette évocation de l’exil qui est vraiment servie par cette belle plume et très réussie. »

2 réflexions sur “Rêves oubliés – Léonor de Récondo

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