Tokyo, amour et liberté – Kan Takahama

L’amour, on peut le rencontrer partout même entouré de pervers. Et souvent il faut se prouver sa volonté pour qu’il puisse éclore au grand jour. Peut-il triompher de tout ?

En 1926, les mœurs restent en partie libre à Tokyo. Les jeunes éditeurs ne rencontrent pas trop de problèmes dans les publications érotiques. Ainsi on voit fleurir quelques magazines avec des textes et des images plus que suggestives à la limite de la pornographie. Les lecteurs sont au rendez-vous. Mais doucement, la mentalité change et les limites vont de plus en plus s’afficher. Une chasse aux socialistes s’ouvre et tout est prétexte pour arrêter les gens. L’avantage est que sous la torture, les prévenus sont prêts à tout avouer. Les mœurs légères vont devoir être un petit peu plus discrètes, du moins sur le papier. Les prostitués sont une nécessité nationale. Ishin, troisième garçon de la famille peut faire ce qu’il veut. C’est pour cela qu’il écrit sans scrupule des textes érotiques pour la presse. Il excelle dans le genre. Dans une enquête, il découvre une jeune femme magnifique qui pose dans un atelier de dessin. Il est composé uniquement de pervers venus se rincer l’œil. Suite à cette rencontre, le visage de cette femme le hante. Par chance, il la rencontre dans la rue par hasard. Pour éviter de perdre du temps, il l’invite à profiter d’un moment ensemble dans un restaurant. Elle refuse d’être sa compagne et il ne comprend pas. Une connaissance travestie va lui donner la raison. Ni une deux, il fonce la voir et lui avoue tout afin qu’ils vivent ensemble. Ils s’aiment après tout. Quelques temps plus tard, elle se fait arrêter par la police. On ne sait jamais ce qui peut se passer dans des geôles, surtout pour de très jolies femmes. Il va faire jouer son nom pour la faire libérer. Toutefois cela va lui couter sa liberté et sa vie avec elle. Pour ceux que l’on aime, ne somme nous pas à prêt à tous les sacrifices ? De toute façon la guerre va tout changer. L’amour triomphera tout de même des mœurs pour un moment du moins.

J’ai découvert le travail de Kan Takahama grâce à sa très jolie série « La lanterne de Nyx ». Il se trouve qu’elle a fait d’autres albums auparavant alors j’ai décidé de découvrir son travail. Sans surprise, elle nous plonge dans le Japon d’une autre époque, à la fin de l’air Taisho. La première page en couleurs nous plonge dans une petite rue éclairée, à la nuit tombée dans le quartier des plaisirs. On découvre deux personnages principaux qui sont importants. Directement, la mangaka nous donne les principaux sujets du récit : des hommes, du plaisir masculin, du sexe et des lieux où tout est possible. A cela s’oppose un peu loin, les bien-pensants qui pense à l’honneur de la famille, du nom et de l’homme surtout. Ce qui n’a jamais empêché ces messieurs d’aller se vider toutes les bourses (physique et monétaire) dans des maisons adaptées avec des femmes bien souvent mal considérées. Elles restent des objets sexuels juste bonne à satisfaire ces bonhommes qui ont toujours des besoins à assouvir, les pauvres. La prostitution est un thème qui intéresse la mangaka et qu’elle exploite scénaristiquement. Une façon aux femmes de gagner de l’argent et qui doivent accepter le jugement des autres. Toutefois, ici elle veut mettre un brin d’espoir avec une vraie histoire d’amour. Ishin tombe amoureux, vit en concubinage. Quand il doit prendre la tête de sa famille où l’honneur à plus de valeur que tout et l’amour est un gros mot, il ne veut pas renoncer. Un geste héroïque au vue de l’époque. Il aurait pu faire comme les autres se marier avec un bon parti et baiser des prostitués. Un récit semi-fictif car Kan Takahama s’est très librement inspirée de la vie de sa grand-mère et son grand-père. Ce qui explique la rupture très nette à la fin du manga où l’on change d’époque. Toutes ces aventures sont les paroles d’une jeune femme à un de ces amis et qui se conclut par une ouverture sur l’amour à l’époque moderne. Ce changement de ton qui se voit aussi par un léger changement graphique, moins précis, est assez brutale. On a l’impression qu’il fallait trouver une fin assez rapidement et qu’elle a fait le choix d’un bon temporel. Même si on peut en douter lorsqu’on lit son texte à la fin. On s’attache aux personnages et on doit les laisser avec le début de la guerre. J’aurai apprécié rester à leur côté encore un peu et avoir une transition plus douce entre les générations.

Un manga qui nous plonge dans une phase de l’Histoire du Japon où de la décadence on passe à la guerre. Mais l’amour vraie laisse une trace aussi dans le cœur des gens comme la perte d’un être chère.

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