La lanterne de Nyx – Tome 4 – Kan Takahama

La lanterne de la déesse Nyx va-t-elle guidée Miyo vers de meilleures hospices ? Est-ce Momo va arriver à se rapprocher de Judith ? Quel avenir attend nos adorables personnages ?

On se demande qu’est-ce qui pouvait relier Momo à Judith ? Kan Takahama nous dévoile la réponse dès les premières pages. Momo est arrivé à Paris, il avait 17 ans et il avait une mission : convaincre un jeune garçon de partir au Japon. Seulement, il voulait rester dans la capitale et ne pas s’exiler dans un pays dont il ne connaissait rien. Momo l’aura à l’usure se dit-il. Pendant ce temps, en cherchant dans des poubelles d’usine pour trouver des choses à revendre dans son pays d’origine, il rencontre une fille. Une demoiselle un peu brusque qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle s’appelle Judith. Très vite, de statut d’amis, ils deviennent amoureux. Cela ne durera qu’un temps puisque la jeune fille est vendue comme prostitué par son père. Ne voulant pas perdre de sa fierté, elle préfère dire à Momo qu’elle le quitte. Maintenant qu’ils sont devenus adultes, elle garde tout son orgueil intacte même enfermé dans un sanatorium. Momo ne la laissera pas faire. Il trouvera le moyen de se rapprocher d’elle. Pour l’instant, il faut qu’il trouve le moyen de gagner de l’argent. Et il est possible que le marché des estampes lui sourisse.

Miyo de son côté travaille toujours aussi durement. Pour son ami, Minpei, elle va lui faire un petit guide des mots clés en anglais avec la traduction japonaise. Elle va transcrire les mots usuels afin qu’il puisse retrouver son père, échoué en mer. C’est une raison pour laquelle elle ne veut pas trop s’attacher à lui. Il va bientôt partir et il y a peu de chance qu’il revienne. Son travail dans la langue anglaise va lui ouvrir une opportunité incroyable. On lui propose d’aller travailler aux Etats-Unis dans une boutique de produits japonais/asiatique. Son style traditionnel va attirer les autochtones en quête de nouveauté et avec sa maîtrise de la langue, elle ne pourra que séduire. Mme Oura après quelques hésitations laissera partir la demoiselle. A elle aussi d’écrire son avenir, même si elle aurait aimé la garder auprès de soi. Son contrat l’engage pour 2 ans et il peut s’en passer des choses dans ce laps de temps.

Ce tome nous replonge dans ce qui avait fait le charme des deux premiers tomes. Le fait que Momo et Miyo soient dans deux villes distinctes n’est plus gênantes. Les passages de l’un à l’autre sont moins brusques et plus travaillés. La vie à Paris est pleine de surprise, de rebondissements, d’amour, de passion… Judith malade et deux de ces amants paient ces factures alors que tous les autres l’ont abandonné. C’est le triste sort des cocottes. Elles doivent tout faire pour rester sur le devant de la scène et pouvoir accumuler de l’argent. En plus à l’époque, elle faisait partie des rares femmes à pouvoir gagner son argent et le déposer sur des comptes en banque. Il fallut attendre 1965 en France pour permettre à toutes les femmes d’ouvrir un compte et sans l’autorisation d’un homme. En plus ces femmes qui vendaient leur corps pouvait attraper de nombreuses maladies sexuellement transmissibles que les clients leur refilaient sans les prévenir. On soignait facilement les hommes mais plus difficilement les femmes surtout sans jugement. Il y a l’exemple de Florence Foster Jenkins, la chanteuse d’opéra qui chantait faux. Son mari allait fréquemment aux prostitués. Lors de la nuit de noce, il contamine sa femme avec la syphilis qui va la contraindre à n’avoir jamais d’enfant ni de connaître les plaisirs de la sexualité. La liberté pour ces messieurs la souffrance pour ces mesdames.

Kan Takahama introduit aussi l’importance des estampes japonaises. Comme elle le dit, elles servaient souvent à emballer les produits d’import du Japon en France. Jusqu’au jour où quelqu’un à porter un regard plus intéresser pour ces produits. Petits à petits, elles sont devenues des objets de convoitise très demandées. La magaka évoque leur entrée via des marchands comme Momo ou Victor mais il faut bien romancer l’histoire. En effet, Hiroshige et Hokusai furent parmi les plus populaires, encore aujourd’hui. Un art mineur qui vient en France et révolutionne l’art au complet avec Monet, Van Gogh, Tissot… Une ouverture qui va titiller la curiosité de tous les amateurs d’histoire de l’art.

Mais ce qui peut surprendre et peut-être attristé un peu, est que la série se termine dans seulement 2 tomes. Que va-t-il pouvoir se passer en 2 tomes ? Va-t-on rester sur sa fin car nous aurons envie d’en savoir plus sur les personnages ? A moins qu’une autre série débute avec les aventures de Miyo aux Etats-Unis avec le choc des cultures ? Tellement de possibilités et la seule façon d’avoir une réponse est d’attendre patiemment la suite.

Un tome assez passionnant qui se dévore d’une traite à la rencontre de la culture japonaise et française.

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