Les derniers jours de Stefan Zweig – Laurent Seksik

Les démons liés à l’horreur de la seconde Guerre mondiale poursuivent Stefan Zweig. A chaque avancée du nazisme, il doit fuir. Mais jusqu’où devrait-il aller pour à nouveau se sentir libre ?

Il est bien rare de trouver des lecteurs pour qui le nom de l’auteur autrichien n’évoque rien. Que cela soit ces nouvelles comme « Le joueur d’échecs », « 24h de la vie d’une femme », « Clarissa » ou soit ces biographies passionnantes. Mais malgré une plume incroyable qui sait vous emmener au plus proche des gens, de leur ressenti, l’homme se sentait au plus mal. Il culpabilisait d’être parti avec sa nouvelle femme face à la montée du nazisme, de la haine. Londres, Amériques et enfin le Brésil, à Pétropolis. L’exil lui permet de connaître un peu de quiétude. Toutefois, comment se sentir bien lorsqu’on apprend la création de camps d’extermination, l’extermination des juifs, des opposants politiques et surtout la mort des proches, qui s’accumulent. Il complexe d’être en vie sans trop subir d’ennuis. Puis l’entrée en guerre des Etats-Unis change la donne sans toutefois mettre fin à cette sauvagerie qui se propage dans le monde.

Le goût de vivre s’envole au fur et à mesure des jours. Après 9 ans de fuite et à 60 ans, il sait comment il quittera cette terre. Lotte, sa fidèle épouse, beaucoup plus jeune, le suivra partout où il ira, même dans la mort. C’est d’ailleurs ce qu’elle fera le 22 février 1942 à ces côtés dans leur maison.

Une histoire touchante qui montre à travers un homme la disparition d’un monde en paix, comme le dirait une miss. Les démons du nazisme se répandent et font des émules. Difficile de lutter contre une telle force. Surtout dans certains pays comme en France qui préfère la collaboration, en partie. Quand on cherche à connaître l’Histoire, pas celle écrite par les vainqueurs, on découvre des choses bien repoussantes. Fermons la parenthèse.

Laurent Seksik grâce à beaucoup de recherche a rendu hommage à ce grand écrivain pour être au plus proche de lui et de son quotidien sur les derniers mois de sa vie. Comment expliquer son cheminement vers le renoncement et la liberté ? On est touché par tant de souffrance, de mal-être et de tristesse. Le contraste entre une jeune femme éperdument amoureuse d’un homme secret, silencieux et avare de mots doux. Surtout qu’elle vit avec l’ombre de l’ex-femme, Frederike. On devient les compagnons d’infortunes, assistant aux nouvelles si sombres qui s’accumulent ternissant le soleil du Brésil. Même si Laurent Seksik n’a pas autant de talent que Zweig, il a fait une belle biographie romancée dans la retenue, la délicatesse et la compassion, comme l’auteur aimait tant faire. Un double hommage qui mérite toutes les félicitations. On se laisse emporter page après page en espérant une fin différente de la réalité.

Un roman qui se dévore d’une traite trouvant le juste milieu entre réalité et fiction. Aucun doute que vous aimerez poursuivre votre rencontre avec les deux auteurs.

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