Effets indésirables – Larry Fondation

Vous croyez que le monde est rempli de belles choses, d’espoir? Vous pensez que l’amour et l’amitié sont plus forts que tout? Larry Fondation va vous convaincre du contraire.

Vous ne pourrez pas dire que vous ne le saviez pas en lisant le titre « Effets indésirables ». Larry Fondation met sous les spotligts ceux que l’on retrouve dans les rues de Los Angeles. Voleurs, violeurs, clochards, dealers, arnaqueurs, stripteaseuses, alcooliques, tueurs…. ont tous le droit à leur moment de gloire. SDF crasseux qui font l’amour dans un carton dans la rue, femme qui enfonce son talon dans l’oeil d’un homme, un chauffard qui tue un passant pour coucher avec une femme… Vous n’aurez pas le temps de voir de belles choses car la misère est partout et présente tout le temps. Violence gratuite, morts quotidiennes, sexe sans plaisir, pauvreté ordinaire… bienvenue dans la société américaine où l’American dreams se voit surtout dans les films.

« Les guirlandes de Noël brillaient au-dessus de la scène, au-dessus des stripteaseuses, toute l’année, rouges et vertes. Les filles dansaient principalement sur du mauvais rock’n’roll. Les barmans, les serveuses, les danseuses et le videur étaient des femmes. L’endroit s’appelait The Last Stop. »

L’auteur met en valeur le banal avec un verbe simple, direct et compréhensible. Un quotidien bien lointain pour la plupart des petits français même si l’on ne doute pas que des situations similaires existent ici aussi avec un peu moins de sang. Sexe, drogue et rock’n roll sont au service de sa plume pour une plongé dans la littéraire noire. Le format de nouvelles permet d’avoir un grand panel de courtes histoires. Ainsi on peut aller à la rencontre d’un alcoolique à une prostitué en passant par une famille pauvre. N’espérez pas trouver une bouffée d’espoir et un peu d’humour. Rien de cela n’est présent. Vous aurez juste du désespoir, de la solitude, de la déprime et de la méchanceté avec parfois un mélange de tout. Un réalisme cru qui n’épargne aucun détail pour une plongée fugace dans un monde sans pitié. Est-ce que cela m’a fait tomber sous le charme de la cité des anges? Bien entendu que non. Et l’écriture a t’elle incité tourner les pages? Pas vraiment non plus. Le choix des histoires n’est pas sans rappeler ce cher Charles Bukowski mais en moins bien, en moins percutant, en moins sombre. Quitte à mettre sous la lumière les plus miséreux autant le faire avec éclat, cruauté et sauvagerie. Et là, je me suis un peu ennuyée à tourner d’aller de nouvelles en nouvelles.

Un rendez-vous un peu manqué avec la littérature noire. Mais ce n’est que partie remise.

3 réflexions sur “Effets indésirables – Larry Fondation

  1. Pingback: Ma PAL de juin 2020 | 22h05 rue des Dames

  2. Pingback: Challenge lecture 2020 – 225 chroniques livres | 22h05 rue des Dames

  3. Pingback: Bilan culturel – Mai 2020 | 22h05 rue des Dames

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s