Bienvenue dans le nouveau monde. Comment j’ai survécu à la coolitude des stratups – Mathilde Ramadier

Le travail, il n’y a que ça de vrai. Mais faut-il sacrifier son intégrité, son énergie et son équilibre financier à la réussite d’une strartup? Allons faire une immersion dans cet terrible univers on l’on ne peut en ressortir indemne.

Mathilde Ramadier a travaillé pendant 4 ans dans plusieurs startup. Très diplômée, elle cherche un emploi à la hauteur de ces espérances. Mais même si l’on vous vend un poste de manager, la réalité du travail dans les startups est tout autre. « Ces titres ronflants sont, en vérité, les cache-misères de l’exploitation. » Les annonces vendent du rêve, du partage, de la coopération et de la bienveillance. Derrière ce vernis brillant ce cache une réalité de précarisation, de mépris, d’humiliation au quotidien. Peu ou pas de rémunération, fausse reconnaissance, incrimination détournée voilà le quotidien du travail. Des stratégies incitent à montrer le travail des autres pour les évaluer même en l’absence de critères qui permettent de le faire avec justesse et compréhension. Tout le monde juge tout le monde et certainement pas avec un même niveau d’égalité de traitement. Tu crois pouvoir être libre dans ton travail? Tout doit être validé par un supérieur? Tu penses pouvoir faire preuve d’initiatives? Tout doit être validé par un supérieur. Ton chagrin et ton mal-être deviennent tes compagnons? Heureusement que certaines startup pensent à vous en fournissant des bonbons et des fruits frais. Ce service justifiera même parfois d’avoir un salaire plus bas. Déjà que gagner entre 800€ et 1 200€ tout en étant corvéable à merci, n’est pas folichon, et en avoir moins contre des bonbons, que dire… Il ne faut pas oublier les semaines d’essai pour savoir si tu fais l’affaire qui ne sont pas payées. Il n’y a jamais de petits profits.

Est-ce une nouvelle forme de l’esclavage moderne? Est-ce devenu l’alternative au salariat? Les chiffres de l’emploi ont tendance à basculer vers une réponse positive. Mathilde Ramadier partage son expérience avec beaucoup de vraisemblance avec une touche d’humour et d’ironie. D’ailleurs, ce n’est pas par hasard que le sous-titre soit : « Comment j’ai survécu à la coolitude des startups ». Tout est beau dans le royaume des malhonnêtes. Elle met l’accent sur les abus de langage de préférence en anglais, qui font plus sérieux mais qui voile la réalité des postes et la réalité sociale. A la fin de l’ouvrage elle propose le glossaire reprenant les termes les plus usités comme bore-out, bullshit-job, growth hacking… Ainsi si nous ne sommes baignés dans cette culture d’entreprise nous pouvons mieux la nommer. Au pire, on peut mettre un smiley cela permet de mieux faire passer un message surtout au niveau professionnelle. D’ailleurs, cela pourrait être mal vu de ne pas en mettre. Le système est absurde sous tous les sens. Après 40 ans on est vraiment trop vieux pour se monde qui ne veut plus les embauché. Plus assez d’énergie pour donner son énergie et ses espoirs dans une startup qui va tout dévorer sur son passage? Impossible de ne pas être touché par cette lecture qui n’augure pas un avenir radieux pour tous ces petits jeunes en quête de travail et de salaire. Cependant cela n’empêche pas de faire des parallèles avec les entreprises avec des salariés qui elle aussi se comporte mal. Le taux de turn-over augmente et cela devient chose normale. On ne se pose plus la question du pourquoi les gens partent car personne n’est indispensable. Les chief happiness officer avec des tables de ping pong deviennent des caches misères qui ne trompent personne ou presque. Peut-on vraiment espérer des lendemains meilleurs? D’autant plus dans une période de récession qui permet aux employeurs plus de libertés sur le non-respect des personnes?

Mathilde Ramadier nous montre l’envers d’un décor méconnu et au combien sombre. Bienvenue dans une happypocrite société.

13 réflexions sur “Bienvenue dans le nouveau monde. Comment j’ai survécu à la coolitude des stratups – Mathilde Ramadier

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      • Je ne sais, ça doit exister, mais c’est rare. Je ne sais plus qui disait qu’il fallait trouver un métier que l’on aimait, ainsi, on n’aurait plus jamais à travailler de sa vie… ben oui, si tu aimes aller bosser, tu ne bosses pas vraiment, tu t’amuses…

      • un vrai rêve… Mon boss lui travaille tous les jours. Tous les we, il m’inonde de mails. Son hobbit : son travail. Il n’a pas grand chose à côté, pas vraiment de potes, la famille loin, sa copine il va chez elle de temps en temps… C’est pour ça qu’il me dit que moi je ne travaille pas vraiment. Je lui réponds que je travaille le temps que l’on me paie et que l’on n’a pas le même salaire. Et en plus, truc de fou j’ai une vie à côté du travail. Un truc incroyable… 🙂

      • Le boss fait ce qu’il veut de son temps libre, mais l’employé à droit au sien et une fois sorti de la boite, terminé ! Certains ne savent pas déconnecter et il exige que les autres suivent.

        Quand mon patron arrêtera de faire semblant de me payer, j’arrêterai de faire semblant de bosser ! 😉

      • Parfois, je ne dis pas de conneries ! mdr

        Ça m’a toujours fait profondément chier que les gens veulent imposer leur « hobby » qui est le travail, à d’autres.

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