Blue au pays des songes – Tome 1 – La forêt envahissante – Davide Tosello et Ingrid Chabbert

Affronter sa peur pour sauver sa mère et le monde, Blue n’a pas d’autre alternative. Car au final, sur deux possibilités : soit mourir dévorer par la forêt ou soit fuir pour trouver une solution, une seule est valable. Va t’elle arriver à s’en sortir?

Une chanson marque sa mémoire, Vancouver Time de Leif Vollebekk. Dehors en pleine nature, elle savoure les mélodies. « Grâce à ces chansons, je m’envole au-delà des nuages. Là où tout est possible. », tout comme ces moments avec son père. Jusqu’au jour où un monstre sort de nuages sombres. Il lui fait une étrange promesse « Je jure que la prochaine fois que l’on se verra, je te dévorerai. ». L’ensemble des choses qui l’entoure disparaît comme son papa. Les personnes âgées lui disaient que c’était la tempête. Mais elle savait la vérité et n’osait plus mettre un pied dehors. Puis un bruit à sa fenêtre attire son attention. Un avion en papier tel que ceux de son père, vient de percuter sa fenêtre. « Seriez-vous capable de reconnaître le moment exact où votre vie va basculer ? » Des centaines d’avion en papier frappent les portes et fenêtres de la maison. Autre chose étrange, un colis est dehors avec son nom dessus. Va-t-elle oser sortir l’ouvrir ? La curiosité est la plus forte. Aussi vite sortie, aussi vite rentrée. A l’intérieur, un étrange bocal avec une petite baleine. Et la lettre qui l’accompagnait prend vie et l’attire dans sa chambre. La forêt se rapproche de plus en plus jusqu’à engloutir. Le bocal lui donne une douce lumière qui lui permet d’avancer dans cette densité de branches et de racines. Sa mère est avalée dans un arbre, elle lui donne un conseil : « fuis ! ». Elle sent qu’une chose malveillante approche. Avec tout sa force et sa volonté, Blue court, « jusqu’à ce que mes jambes ne me portent plus ». La surprise est de taille lorsque ces yeux s’ouvrent, elle voit un ciel si beau. Un garçon de son âge, MJ, l’aborde avec simplicité et gentillesse. Pas le temps de s’attarder. La forêt arrive pour les avaler, il faut fuir de toute vitesse. Le pays de la tristesse est la prochaine destination. Est-ce la bonne échappatoire ?

Blue au pays des Songes, planche du tome 1 © Vents d'Ouest / Tosello

Tout débute avec la couverture qui attire indéniablement le regard. Une jeune fille nous fixe de façon déterminée et à la fois légèrement apeurée. Autour d’elle, on observe des avions en papier, des feuilles d’automne, une baleine dans un bocal et une forêt. Tous les ingrédients de la bande dessinée sont réunis au même endroit. Maintenant pour comprendre le fil conducteur, il faut ouvrir et se plonger dans les pages. L’histoire commence doucement avec un souvenir qui se montre avec des cases arrondies et des couleurs plus foncées. Puis le rythme augmente progressivement avec un découpage dynamique et structuré, des dessins précis fluides et des couleurs très bien maîtrisées. Il y a une vrai réflexion sur comment insuffler de la vie pour pousser la curiosité pour aller plus loin. Le travail de Davide Tosello dans le vidéoludique fait totalement sens ici. Les teintes vertes et bleus contribuent à l’univers mystérieux qui n’est pas sans rappeler « Alice au pays des merveilles » de Lewis Carroll et d’Hayao Miyazaki.

Le personnage principale se prénomme Blue et tout ce qui l’entoure est dans cette gamme de couleur. Même si Michel Pastoureau dit que c’est la couleur la plus consensuelle, elle apporte un vrai plus visuel. Surtout que l’adolescente se balade avec une mini-baleine blanche lumineuse qui tiendra un rôle capitale pour la suite. Un animal vivant contrairement à ces fantômes marins. La mer a disparu avec son peuple, fait de l’inconscience des Hommes? On rencontre aussi une sorte de limasse, dernière de sa génération? Elle donne un présent avec une étoile dans une boule de verre. Un objet qui fait référence à Dragon Ball. Un souhait va t’il pouvoir se réaliser?

On sent une pointe de mélancolie qui pourrait faire le lien avec le blues, après tout juste une lettre sépare du prénom du personnage. Une musique à la fois triste et plein de colère, de volonté à l’image du récit. D’ailleurs, ce n’est pas innocent que l’on trouve des références musicales parsemées ici et là. Chaque référence, Vancouver Time de Leif Vollebekk, Vanilla Pines de Tow’rs, Like Gold de Vance Joy… contribue à nous infiltrer un peu plus profond dans cet univers fantasmagorique. Les sonorités folk rocks possèdent tous une douceur comme une caresse réconfortante qui s’écoutent pendant la lecture. Ne faut-il pas au moins ça pour aller dans Sad City?

Pour sa première bd, Davide Tosello, a trouvé le juste équilibre entre mystère et émerveillement qui donne envie de le suivre dans toutes ces aventures créatives.

2 réflexions sur “ Blue au pays des songes – Tome 1 – La forêt envahissante – Davide Tosello et Ingrid Chabbert

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