Un chemin de tables – Maylis de Kerangal

Les vocations ne se trouvent pas toujours au coin d’une rue. Parfois, il suffit de voir quelqu’un travailler ou d’aller dans un atelier et la révélation se fait. Mauro a mis un peu de temps mais une fois dans une cuisine, il a trouvé sa destinée.

Maylis de Kerangal décide de nous raconter une histoire. Pas une aventure incroyable à travers les landes ou une épopée sauvage dans la jungle. Inutile de se perdre si loin pour rencontrer des gens intéressants. D’ailleurs, elle raconte l’histoire d’un garçon, Mauro qui est un très bon ami. La seule chose que l’on peut savoir c’est que le cuisine existe bien. On sent l’attachement sincère pour ce personnage semi-fictionnel, assez atypique. Il découvre la cuisine dans sa jeunesse. Ado, pour lui et ses potes pas de Mc Do et compagnie. Quand les potes viennent, chacun participe un peu financièrement et il va en cuisine Régal garantie. Malgré une facilité derrière les fourneaux, il se dirige vers des études en sciences éco. Cependant, quand il faut un boulot pour mettre du beurre dans les épinards, c’est dans des restaurants qu’il bosse.

Le temps passant, l’affinité avec la cuisine s’affirme. Il passe avec succès son CAP en parallèle de sa licence à l’université. Naturellement, un lieu à lui sans qu’on lui hurle après s’impose comme idée. Puis très vite, avec l’aide de son père se concrétise. Sa passion sublime les plats et les gourmets sont au rendez-vous. Après quatre ans d’investissement complet, un moment de break s’impose. Une occasion de renoncer à tout ? Surement pas, une opportunité pour découvrir d’autres choses et enrichir sa curiosité s’impose. A trente ans, il acquit la maturité suffisante pour faire des choix plus réfléchit pour son bien-être et son plaisir.

Une rencontre savoureuse et appétissante d’un homme autodidacte qui trace son chemin pour son épanouissement professionnel et personnel. L’un ne va pas sans l’autre d’ailleurs. L’originalité repose sur le fait que l’histoire est vue à travers le regard de la narratrice qui parfois cité le personnage. Le livre se lit d’une traite comme si on lisait un reportage sur un jeune chef dans une revue type mooc. Le roman est une commande des éditions Seuil, ce qui explique aussi le style et le sujet choisi.

Rien dans l’histoire n’est omis comme les conditions de travail assez difficiles, les horaires compliquées, la rémunération assez basse, la fatigue physique et moral… Beaucoup se dirigent vers la cuisine à défaut de faire une formation en boulangerie ou métallurgie. Donc le personnel va et vient sans grand intérêt pour leurs tâches. Pour s’en sortir, il faut y mettre du cœur, de la rage, de l’envie et Mauro incarne à la perfection cette motivation qui ouvre des portes. Une passion très bien communiquée par les mots de l’auteure. J’avais envie au fur et mesure du récit d’aller dans les restaurants où le chef cuisine pour vivre une expérience culinaire. L’eau à la bouche se fait ressentir quand s’évoque aussi bien les noms des plats que la description de l’homme en cuisine. Quand on cherche de bons aliments, qu’on met de l’amour dans la préparation le résultat ne peut qu’être délicieux.

Un roman qui met vraiment en valeur les travailleurs enthousiastes qui savent transformer de simples aliments en expérience gustative étonnante.

Une réflexion sur “Un chemin de tables – Maylis de Kerangal

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