Le syndrome de la chouquette ou la tyrannie sucrée de la vie de bureau – Nicolas Santolaria

La vie de bureau est une source d’inspiration pour celui qui sait bien regarder. Nicolas Santolaria dissèque avec humour et sarcasme les différents systèmes créés pour optimiser la rentabilité. Derrière ces choix stratégiques, ce cache une misère humaine. 

Ce livre est un recueil des chroniques « bureau-tics » de Nicolas Santolaria qui sont parues dans les pages « l’Epoque » du journal le Monde. Une thématique avec trois pages ce qui permet de pouvoir picorer le livre comme on veut. Le lien entre toutes les chroniques repose sur le monde du travail principalement en open space dans le secteur tertiaire. Les théories pour optimiser le travail vont bon train et s’appliquent rapidement à ces nouvelles entreprises. On abat les murs et tous le monde travaille dans le même espace. Mais le risque est que chacun s’approprie son bureau alors on propose du nomadisme. Premier arrivé, premier servi. Parfois, il ni a même pas l’espace suffisant. Certaines structures vont même jusqu’à développer une application mobile que les employés doivent installer sur leur portable. Ainsi ils peuvent réserver en amont un espace ou une salle de réunion. Même si cela permet de suivre en direct tout ce que font les salariés à part aux toilettes.

Tout va toujours dans l’innovation. Les salaires stagnent avec le temps afin de rester compétitif avec l’ouverture au monde. Alors des entreprises proposent à ces employés de dire le salaire qu’il mérite et il doit en débattre devant ces collègues. Netflix propose lui de ne pas limiter les congés. Mais au final, les gens en prennent moins que ceux accordés. Des espaces détentes avec des babyfoot fleurissent favorisant le nivellement de l’espace travail de l’espace détente. Mais n’oublions pas aussi l’imagination pour la déshumanisation de l’être. Alors après le burn-out (dépassement par excès de charge de travail), le bore-out (dépassement par l’ennui), le brown-out (perte de sens du travail) voici le tako tsubo, qui vient du Japon qui signifie « piège à poulpe ». Un mal plus discret qui fragile le coeur et donne l’impression d’un infarctus.

« On vient à se demander si la fonction réelle de l’entreprise ne serait pas le concassage de l’individu, l’être humain étant devenu la matière première d’un processus global de destruction créatrice directement inspiré par l’économiste Joseph Schumpeter. »

Le journaliste n’oublie pas d’aborder également le comportement de certains salariés. On trouve celui qui arrive toujours en retard ou qui ne vient pas et qui a toujours une bonne excuse. Faut-il vraiment aborder ceux qui sentent mauvais ou qui prennent plaisir à faire chauffer dans le micro-ondes des produits malodorants? Il y a bien entendu ceux qui font semblant de travailler et qui en profite pour organiser leurs vacances. Mais un stagiaire arrive et doit vous aider, c’est la panique. Quelqu’un va finir par se rendre compte que vous n’êtes pas si chargé de travail. Pour donner une image à tout cela, l’illustrateur Matthieu Chiara donne vie à ces thématiques comme on peut le voir en couverture.

Une approche scientifique, sociologique, psychologique et impertinente du travail par Nicolas Santolaria qui nous pousse à sourire du malêtre professionnel.

 

20 réflexions sur “Le syndrome de la chouquette ou la tyrannie sucrée de la vie de bureau – Nicolas Santolaria

  1. Pingback: Challenge lecture 2019 – 50 chroniques livres | 22h05 rue des Dames

      • Là je ne crois pas… On peut toujours aller ailleurs, mais la conjecture n’est pas toujours bonne et parfois, on va de Charybde en Scylla…

      • mon chef m’a dit aujourd’hui que si un nouvel arrivant dans l’entreprise continue son harcèlement moral de me mettre en arrêt maladie. On tombe parfois dans le fossé. Mais peut-on en sortir?

      • Plus facile de tomber dans le fossé que d’en sortir… et les conséquences restent avec nous, nous poursuivent, nous hantent… vaut mieux je jamais tomber dedans, ou alors, faut avoir un moral et un mental d’acier pour remonter sans traumas.

      • le trauma reste toujours mais nous apprend à mieux connaître nos limites. Par exemple, je sais que je ne peux pas travailler avec un pervers narcissique.

      • Que dieu me préserve d’un pervers narcissique !!! Une connaissance avait une femme qui était une perverse narcissique, il en a mis du temps pour s’en remettre !

      • J’ai eu une chef pendant 3 ans. Son truc c’était de pousser les gens au suicide et après elle disait, « elle ne va pas si mal puisqu’elle n’arrive jamais à en finir » et cela devenait un sujet normal entre responsable. Je suis partie avant de trop craquer mais plus jamais ce mal être. Mais voilà qu’un nouveau responsable arrive et veut être calife à la place du calife. Tous les jours harcèlement moral, remarques insidieuses… C’est reparti. Je ne vais pas tenir et je vais devoir partir sinon je tombe dans le fossé. Impossible de résister.

      • Putain, la salope !! Et elle en était fière, sans doute ?? Elle tenait les comptes des gens qu’elle avait poussé au suicide ?? Doivent pas être heureux dans leur vie, ces gens-là…

        La merde quand on a un chef ainsi, faudrait trouver une solution et le faire disparaître, mais ces gens là, c’est comme les liserons, tu ne sais jamais t’en débarrasser ! :/

        Courage avec cet être qui devrait être pendu par les pieds… oui, je suis assez radicale !

      • Elle était très heureuse de son comportement. Et là, je ne suis pas en mesure de revivre cela avec un nouveau responsable. Il flatte son égo à rabaisser les autres avec du harcèlement moral. Je vais craquer. C’est ce qu’il recherche alors je vais lui faire ce plaisir de lui dire qu’il est le plus fort. Mais je vais devoir chercher du boulot ailleurs. C’est décevant de voir des gens avec un tel esprit destructeur. Heureusement que j’ai les livres et les spectacles pour me vider la tête.

      • Quand on rabaisse les autres c’est que soi-même on ne vole pas très haut et pour se remonter, on descend les autres qui pourraient nous faire de l’ombre et donc, on est content, parce que face aux autres, on se sent fort, intelligent.

        On devrait foutre ces gens-là dans le canal, tiens !

      • Je ne sais pas ce qu’il faudrait pour leur faire revenir les pieds sur terre. Il faut peut-être être un roc sur lequel leurs manipulations ne fonctionnent pas. Ou être désavoué par leur supérieur et qu’ils partent.
        J’aimerais bien le jeter dans le canal et le sauver juste avant qu’il se noie. Une façon de lui montrer que l’on est meilleur que lui.

  2. Pingback: Bilan culturel janvier 2019 | 22h05 rue des Dames

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