Le temps des H+mmes – Théâtre de Vanves

L’homme biologique est en voie d’extinction. Vive l’homme l’augmentée ! Mais cette nouvelle façon de vivre rend-elle plus libre ? Les questions sur soi et sa place dans le monde sont-elles dépassées ?

 

Dans le cadre d’une résidence, Nicolas Giret-Famin réunit cinq actrices et acteurs : François-Xavier Borrel, Nans Laborde Jourdàa, Alice Pehlivanyan, Magali Song et Valentine Vittoz pour travailler sur le thème du transhumanisme (H+) avec en référence le film « Thérorème » de Pasolini. Chacun travaille au processus d’écriture et en plateau prend naissance « Le temps des H+mmes », qui donnera son nom à la compagnie : LTDH.

Comment sera l’Homme de demain ? Voilà une question qui amène de nombreuses discussions. Beaucoup pense que l’être humain sera augmenté et ainsi affranchit des limites biologiques. Cet angle est choisi pour l’histoire. Nous rencontrons une famille augmentée, composée d’une mère et de trois enfants. Pierre a décidé d’acheter son « home » avec un jardin et de l’aménager comme dans sa jeunesse. Un espace assez vide, dans des teintes gris/bleu où repose juste des coupes, des livres, un banc et des bouteilles. Tout est lié à sa période enfant/adolescent mais il ressent tout de même un vide. Il voudrait mieux se souvenir. Lorsqu’il pose des questions à sa mère, à sa sœur Odette où à son frère jumeau dont il est le clone, aucune réponse ne lui ai apporté. Sa mère lui fait part qu’elle choisit même de se faire supprimer des souvenirs.

Puis voilà que débarque Emily. Pierre n’a aucun souvenir d’elle. Pourquoi devrait-il en avoir ? Elle se fait passer pour la petite amie de Paul, même si ce n’est pas encore officiel. Cette rencontre va changer quelque chose en Pierre en quête de souvenir. Paul, chercheur en neuro-biotechnologie renommé pour ces recherches sur la mémoire et le cerveau profite pour faire quelques tests grandeur nature. Les résultats qu’il va obtenir vont dépasser ces espérances mais il ne pourra jamais s’en rendre compte. Les déchets humains biologiques demanderont plus de travaux pour être mieux opérationnels. L’humain normal aura encore du pouvoir sur les hommes augmentés même si cela peut être autre chose que des meurtres. L’avenir nous le dira.

L’ambiance sonore de Bertrand Wolff se veut étouffante, créant un malaise. On voit que ce Pierre toujours souriant à quelque chose qui ne tourne pas rond.  Le décor très allégé avec cette omniprésence de bleu et de gris renforce une image futuriste dans laquelle un secret tabou se cache derrière le conformisme. Les touches de couleurs se trouvent derrière la baie vitrée avec du gazon vert et des cailloux en cartons . On y verra des gens prendre des bains de soleil, s’embrasser et donner naissance à des ronces. Dérives humaines, imagination tordue, animations improbables, dans tous les cas nous serons projetés dans un monde assez tranchants avant de revenir à la réalité froide. Pierre n’est pas Pierre. Et derrière ces souvenirs de la mort d’un enfant se cache un psychopathe qui n’a pas pu être totalement bien réorienté. L’angoisse de l’impermanence refait surface et glace le sang.

 

 

Un spectacle assez singulier autour d’un secret de famille et de l’homme de demain. Attention âme sensible, votre réflexion risque d’être augmentée.

 

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