
Etre féministe, qu’est-ce que cela signifie quand on a 16 ans? Candice de Léo s’est posé les questions et a décidé en plus d’agir. Elle décide de partager le fruit de ces réflexions pour que toutes les femmes puissent aussi l’accompagner dans sa démarche.
4e de couverture
Cet essai est né d’un étonnement : pourquoi aujourd’hui, en France, les femmes ne sont-elles pas les égales des hommes ?
Dès l’enfance, l’autrice constate des propos sexistes, dépréciatifs et misogynes – qui passent pour ordinaires –, lors des repas de famille, puis elle est frappée, à l’adolescence, par la violence et les remarques déplacées dont elle peut être la cible dans la rue. Elle s’est alors lancée dans une revue des tabous qui pèsent sur les filles (les règles, la masturbation notamment) et a cherché à documenter ces questions en lisant des textes fondateurs et en s’intéressant aux militantes actuelles. En douze chapitres d’une démonstration simple et imparable, et dans un récit incarné, Candice de Léo montre en quoi les inégalités entre les filles et les garçons sont tenaces. Déterminée et tranquille, elle propose aux femmes des pistes constructives pour y remédier, avec l’aide des hommes.
Une voix de la jeune génération, à découvrir d’urgence.
Mon avis
Le titre « Et si les princes portaient des robes? » tout de suite interpelle. On se demande ce que cela peut cacher. Il n’en fallait pas plus pour se plonger dans le livre aussitôt. Dès le début, on est cueilli par l’enthousiasme, la volonté, la bonne humeur, la curiosité d’une jeune fille qui en veut. Sa colère est un outil qui l’a poussé à s’informer, pour discuter, pour partager, s’affirmer, se découvrir, s’aimer… Sa plume légère, son ton directe et les cours chapitres thématiques, nous pousse à avancer tout en allant à notre rythme. Ce qui est appréciable également c’est que tout est cité avec des sources. Les chiffres ne sont pas sortis d’un chapeau. Le sérieux des sources accompagnent solidement la réflexion.
Un cadeau à offrir aussi à bien à des jeunes fille adolescentes que des femmes pour les aider à prendre conscience et confiance dans leurs idées. Avoir plus de textes de loi qui n’ont pas d’application concrète, cela reste juste un outil de communication d’états. Les chiffres de viols, de plaintes, d’agressions par contre restent très parlantes. Car même en brouillant les indicateurs, ceux-ci restent au rouge et montre une inaction politique et légale. Donc c’est aux citoyens d’alerter pour changer les mentalités des femmes et peut-être de quelques messieurs. Toutes les femmes ne sont pas solidaires. Beaucoup soutiennent les hommes dit ouins ouins. Quand une femme dit Non, c’est non. Les vieux films de macho comme James Bond où l’on trouve hyper viril d’abuser d’une nana, cela doit arrêter. Tout arrêter de penser qu’un couple c’est un garçon et une fille, qu’il faut qu’il se marie et aient des enfants. Nous ne sommes plus dans une théocratie et il faut envoyer chier ces conservateurs rétrogrades.
A la fin de la lecture, vous vous ressentirez revigorés et pleine d’énergie. Si les jeunes générations se sentent aussi concernées, tout n’est pas perdu. Les féministes continueront à être des cailloux chiants dans les chaussures du patriarcat. Le modèle ne changera pas et quand des femmes sont au pouvoir, elles se comportent souvent comme des hommes. Le chemin semble encore très très long. On peut se demander si l’on peut vivre dans une société sans discrimination. En tout cas, nous avons une bibliographie assez complète en fin d’ouvrage et des conseils de podcasts et de comptes Instagram. Il y en a pour tout le monde qu’importe son mode d’apprentissage préféré. Les sujets abordés sont très grands et toutes peuvent s’y retrouver comme les règles, la masturbation, la représentativité dans les médias, la taxe rose, l’homosexualité, l’éducation sexuelle et à la vie affective, les pertes blanches… Des sujets qui concernent tout le monde si on veut que l’on ne soit pas enfermé dans des boîtes pronant l’intolérance.
Une lecture intelligente, drôle et percutante à mettre dans toutes les mains, même les messieurs ouverts d’esprit.
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