Un bon écrivain est un écrivain mort – Guillaume Chérel

Un richissime inconnu a décidé de réunir des auteurs français à succès le temps d’un week-end dans le monastère de Saorge. Tout était parti pour bien se passé mais voilà qu’un esprit frappeur sévi. Par chance, un bon écrivain est un écrivain mort.


4ème de couverture
Un journaliste doit animer une conférence littéraire à Saorge, un ancien monastère franciscain transformé en résidence d’auteurs. Seront là Michel Ouzbek, Christine Légo, Amélie Latombe, Delphine Végane, Frédéric Belvédère… Une dizaine d’écrivains connus, plus quelques auteurs régionaux. Le tortillard est arrivé à l’heure, comme prévu. Tout était prévu, en fait : la rencontre devant un public ravi de voir des écrivains de best-sellers, le déroulé du débat sur la « véracité dans l’art d’écrire », le cocktail dînatoire puis la séance de dédicaces. Mais rien ne s’est passé selon le programme. Une fois au monastère, l’histoire a dérapé. Les écrivains connus ont disparu, les uns après les autres. C’est bien connu, un bon écrivain est un écrivain mort.


Ce que j’en ai pensé ? 
Lors de sa sortie, ce livre a fait parler de lui aussi bien à la télévision, dans la presse que sur internet. Certains criaient au génie et d’autres à l’imposture. Impossible de ne pas tomber nez à nez sur cette intrigante couverture sur la plupart des tables en librairies. Puis doucement la tempête se calma. Une légère réminiscence pointa le bon de son nez lors de l’édition en poche. Là, j’ai décidé de céder et de faire mon avis.

Les avis positifs sont assez légion sur la toile. Alors j’ai ouvert le livre l’esprit confiant et optimiste. J’étais persuadée que j’allais passée un bon moment. Mais là c’est le drame. Dès les premières pages je m’ennuie. D’accord, c’est un pastiche toutefois j’ai l’impression que l’on veut se moquer de moi. On me donne une histoire sans véritable de sens pour critiquer les auteurs populaires aux noms détournés : Frédéric Belvédère, Amélie Latombe, Delphine Végane, David Mikonos, Michel Ouzbek, Kathy Podcol, Tatiana de Roseray, Christine Légo, Jean de Moisson et Yann Moite. L’auteur reprend un peu la trame des « Dix petits nègres » d’Agatha Christie et hop, on fait un hommage par la même occasion.

La chute a été rude. Je n’ai pas ri un seul instant en tournant les pages. C’est plutôt l’ennui qui a fait son apparition soudaine. Heureusement que la police choisie rendait la lecture agréable. Et par chance, il ne faut pas des jours pour lire ce récit qui manque de fantaisie. Vous allez me dire qu’il y a des fantômes, des trappes et des ouvertures cachées. Et alors ?

L’histoire se veut caustique. Mais il vaudrait mieux verser dessus un peu de soude caustique pour lui donner du volume. La mauvaise foi et le mauvais esprit se trouvent légèrement entre les pages. L’impertinence et la cruauté auraient pu être poussées beaucoup plus loin qu’un simple récit de littérature pour adolescent. On aurait pu alors s’attendre à l’arrivée de Fantômette ou du club des cinq pour sauver tout le monde. Cela aurait pu être drôle par le décalage. Après tout, c’est aussi de la littérature à succès.

Guillaume Chérel a une plume et sait la manier. C’était une forme pour lui pour dénoncer les dérives de la littérature et de ses auteurs. Toutefois ces auteurs sont là où ils sont car des gens achètent et apprécient ce qu’ils écrivent. Serait-ce alors les lecteurs qui manquent alors de curiosité d’aller découvrir ce qu’ils ne connaissent pas ? Selon les statistiques du CNL en 2015, 89% de la population française a lu 1 livre dans l’année et 25% plus de 20. Le choix d’auteur à succès peut aussi se comprendre comme une source fiable de lecture.

Vous l’aurez compris ce livre ne m’a pas séduit du tout. Comme quoi je lis autre chose que des livres à succès et pourtant je n’ai pas plus de garantie que cela me plaira. Je vais continuer la technique du hasard, en général le plaisir est plus au rendez-vous.

L’avis des Les chroniques culturelles : « Parodique est souvent très drôle, ce roman est donc une curiosité à découvrir ! »

 

2 réflexions sur “Un bon écrivain est un écrivain mort – Guillaume Chérel

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