Atelier d’écriture n°274 : Une photo, quelques mots …

Septembre n’est pas seulement la rentrée des classes pour les élèves et les professeurs. C’est aussi le retour de l’atelier d’écriture de la brillante Bricabook. Quelle photo a t’elle choisi pour le retour à la créativité? 

C’était presque un jour ordinaire. Le soir, quelqu’un que j’ai connu il y a quelques années a pris contact avec moi sur Facebook. Après avoir vérifié que c’était la bonne personne, il m’annonce qu’il a quelque chose d’important à me dire. Il préférerait me le dire par téléphone. Mais j’étais aphone ce jour-là. La seule chose qui nous liait lui et moi était une personne : Fred. Alors quand il m’a dit que c’était grave. J’ai su tout de suite ce qu’il voulait me dire. Parfois, on n’aimerait pas entendre certaine vérité. « Fred est mort. Il s’est suicidé chez lui tout seul. » Il faut soudain accepter la violence des mots et la réalité qui en découle. Le choc que je ressens est puissant. J’ai l’impression que l’on m’arrache quelque chose à l’intérieur et que la douleur devient insoutenable. Impossible de retenir les larmes même si quelque chose en moi me dit que c’est impossible.

Les jours passent lentement où les larmes ne cesse de s’écouler. J’ai l’impression que cette situation est impossible et que l’on veut me faire un très mauvais tour. Je cherche les avis de décès et je ne trouve rien. Puis on m’annonce la date, le lieu et l’heure. Je ne peux pas y aller. Comment accepter que le jeune homme avec qui j’ai tant ri se retrouve inanimé dans un cercueil en bois. Je m’imagine son corps sans vie s’effondrer dans une boîte. L’idée me retourne le cœur et de le voir ainsi m’est insoutenable.

Il faut accepter de l’avoir perdu. Je m’en veux de ne lui avoir jamais dit que je l’aimais et que j’aimais passer du temps avec lui. On ne se voyait pas souvent mais quand on se voyait c’est comme si on s’était quitté la veille. C’était un sentiment génial de partager cela avec lui. Alors j’en profite pour dire à mes amis que je les aime et que je suis là pour eux. Ils ne comprennent pas pourquoi ce regain soudain d’attention et me disent qu’ils savent. Je ne peux par leur dire le pourquoi du maintenant car je ne pourrais pas retenir mes larmes.

Le besoin de faire un break s’est fait sentir. Trop de chagrin, trop de pression au boulot, trop de chose à gérer. Il faut partir au grand air. Alors, j’ai pris mon sac à dos et je suis partie en haut d’une montagne. Les paysages sont vraiment magnifiques. L’air vide l’esprit et lui redonne une nouvelle fraîcheur. Puis soudain, je vois au loin ces tissus attachés qui vol au vent. Il me semble que les bouddhistes attachent des tissus sur lequel ils ont prié. Ainsi le vent emporte les prières vers qui elles sont destinées inlassablement.

Je coupe un morceau de mon écharpe qui est avec moi depuis longtemps. Je me dis que c’est une partie de mon affection pour lui que j’accroche aux autres tissus. Ainsi jusqu’à ce que le temps fasse son office, dans un lieu loin de tout et qui mène partout, il y a un peu de lui. Peut-être que parfois ton rire si charmant raisonnera au cœur de quelques marcheurs qui seront étonnés de t’entendre ici. Il faut que je te dise au revoir. Je dois avancer et mettre doucement un pied après l’autre. Mais à jamais je t’aimerais.

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6 réflexions sur “Atelier d’écriture n°274 : Une photo, quelques mots …

  1. Un texte fort et émouvant dans lequel la douleur de la perte d’un être aimé est très bien décrite. Le retour de l’espoir à la fin atténue la tristesse de l’histoire. Merci pour la lecture !

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