Gravity – Alfonso Cuaron

GRAVITY

Le réalisateur mexicain, Alfonso Cuaron avait un rêve tout petit, celui de devenir astronaute. Sept ans après Le Fils de l’homme, il réalise cet objectif en réalisant son premier film de science-fiction, un thriller spatial, Gravity. Une belle occasion de prendre un ticket vers l’espace.

J’appréhendais de voir ce film en 3D car beaucoup de productions choisissent ce choix de rendu mais cela n’apporte rien. Technologie inventée tout de même en 1896. Ici, je ne sais pas comment on pourrait le voir sans. Bienvenue dans une aventure spatiale ou Ryan Stone – Sandra Bullock se retrouve perdue dans l’espace avec pour seul compagnon, en réel ou en imaginaire, Matt Lowalski – George Clooney. Comment survivre dans l’adversité? Voilà la question qui résume le film. Car dans cette situation catastrophique d’être perdue dans l’espace, le cauchemar, la peur prennent le pouvoir jusqu’à la révélation de la volonté de vivre.

Les yeux grands ouverts, j’ai la nausée lorsqu’elle tourne sur elle en attendant de se stabiliser. Je ne suis plus sur mon siège au théâtre, je suis ailleurs. Mon coeur s’affole doucement et je vis au rythme du souffle de Stone qui s’apaise doucement au fur et à mesure du film. Un lien intime se créé. De la résignation à la force de vouloir s’en sortir, je l’accompagne, je l’a soutient. Chaque geste que l’on fait compte, peut avoir un impact et la façon de réagir joue également. Alors lors d’impact de débris, de perte d’un objet ou d’un blocage de parachute, on se calme, on réfléchit et on agit. Certaines scènes évoquent la naissance comme le lien presque ombilical qui lie Ryan à Matt qui doit être rompu pour être protégé et rester en vie. La position foetal qu’elle doit prendre pour rentrer dans un sas de décompression. D’autres scènes évoquent le fait de devoir choisir un chemin comme celles avec les deux objets religieux. D’une part, un saint Christophe, saint patron des voyageurs qui va l’aider à traverser un passage dans la première partie du trajet. Puis un bouddha chinois, pour lui porter chance et réussite dans son dernier voyage inter-spatial . Et bien entendu, la volonté d’avancé et de se battre s’illustre avec la scène de fin. Tombée dans l’eau, elle remonte à la surface, puis évolue à quatre pattes pour se remettre debout et marcher. On pourrait critiquer cette narration minimaliste basée sur le ressenti. Mais les films ne sont-ils pas aussi là pour nous faire vivre des sensations, être dans un instant hors du temps et de raison?

Le réalisateur a fait aussi le choix de mettre une femme alors que les astronautes sont presque toujours représentés par des hommes. Elle n’est pas parfaite. Elle n’a pas réussi certains tests de crash. Elle a peur. Il a fait le choix de mettre en premier plan, un être humain dans toute sa complexité et son authenticité. D’ailleurs, difficile de tricher car Sandra Bullock est presque toujours en premier plan. Elle nous propose un grand jeux d’actrice qui va redorer sa filmographie. Un rôle bien loin de Miss Detective ou de Speed. Plusieurs prix l’ont récompensé pour sa performance de jeux : Africain-American Film Critics Association Awards 2013, Alliance of Women Film Journalists Awards 2013, Kick Ass Award 2013, Kansas City Film Critics Circle Awards 2013, Festival international du film de Palm Springs 2014…. Il a fait aussi le choix du réalisme avec l’IMAX, des vraies tenues d’astronautes de la NASA, en travaillant pour pouvoir donner en rendu la gravité zéro, l’apesanteur, la non-résistance… Une grande réussite à mon goût surtout pour une première réalisation de science-fiction et de non-connaissance pratique des nouvelles technologies utilisées.

Un film qui va laisser une trace dans l’Histoire du cinéma que cela soit pour la prouesse technologique, pour le rendu très réaliste, pour le choix de mise en scène ou l’image de l’homme face au désarroi. L’espace ne m’a jamais vraiment attiré mais cela m’a donné envie d’aller me replonger dans une salle de planétarium et que l’on me raconte de vraies histoires d’étoiles et de planète. Une réalisation que je ne vais pas oublier tout de suite, j’en garde des étoiles dans le coeur et de l’envie d’avancer.

 

6 réflexions sur “Gravity – Alfonso Cuaron

  1. Je voulais aller le voir, je n’ai pas su 😦 Je pense que sur écran de PC, ça va moins bien donner, surtout sans la 3D.

    Je râle, ta chronique m’a fait repenser à ce film et nomdidjou, j’ai pas su le voir et maintenant, après lecture, j’ai envie ! 😀

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