La lettre écarlate – Nathaniel Hawthorne

41049FT6S9L._SL500_AA300_La lettre écarlate
Nathaniel Hawthorne
Editeur : Folio classique
Nombre de pages : 468
Préface : Julien Green
Traduction : Marie Canavaggia

Une femme que tout accable, mais qu’a t’elle fait pour être ainsi rejeté de la société? et est-ce mérité? Nathaniel Hawthorne nous livre ici un roman poignant sur la société puritaine du 17ème aux Etats-Unis.

L’auteur, Nathaniel Hawthorne a des origines puritaines, issue d’une famille qui naquit dans Salem, cette ville où l’on brûlaient et pendaient des femmes accusées de sorcellerie. Le Massachusetts est un état qui accueilli les premiers puritains, ces dissidents anglais fuyant l’église anglicane souhaitant créer une terre pure, sainte sous contrôle de théocratie et contrôle sociale. Il grandit isolé en partie de la société, car comme l’imposaient les convenances les veuves devaient vivre reclus. Ce monde de vie a influencé son imaginaire dans la rédaction de ce livre révolutionnaire pour l’époque. Suite à un très long prologue, l’auteur nous présente comment lui vint cette idée, inspiré d’une histoire vraie.

Nous sommes dans une communauté puritaine à Boston, dans le Massachusetts entre 1642 et 1649. « Une foule d’hommes barbus, en vêtements de couleurs tristes et chapeaux gris à hautes calottes en forme de pain de sucre, mêlée de femmes, certaines portant capuchon, d’autres la tête nue, se tenait assemblée devant un bâtiment de bois dont la porte aux lourdes traverses de chêne était cloutée de fer. » Hester Prynne se fait juger et devra porter à jamais sur sa poitrine la lettre A de l’infamie, celui de l’Adultère. Elle se refuse pourtant d’avouer avec qui elle a conçut cette enfant, alors que son mari à quitter la demeure familiale depuis deux ans. A vie, son corps sera marqué au fer rouge de cette marque de son amour, avec le pasteur du village, Arthur Dimmesdale.

Elle va transformer cette lettre en une magnifique oeuvre de couture avec du fils d’or, un savoir faire qui lui permet de trouver un emploi de brodeuse pour survivre avec sa fille, Pearl. Son mari, va revenir au village sous l’identité d’un médecin Roger Chillingworth. Le point commun de ces trois personnages va être la torture intérieur, la souffrance et le mal être dans une société où seul l’obscurantisme religieux est toléré. Un mari jaloux qui sympathise avec l’ancien amant de sa femme pour le torturé en le maintenant en vie pour que sa douleur dure plus longtemps. Un homme qui a perdu tout contact avec la vie pour se venger et accuser de son comportement odieux sa femme, sans en assumer totalement ces choix. Un pasteur qui prêche le dogme de la foi tout en aimant une femme avec laquelle il a fait l’amour et a conçut un enfant. Et une femme Hester, qui avance dans la vie rejeter d’une société dans elle a du bien du mal à se faire accepter.

Un livre intense dans la souffrance d’une société injuste et misogyne. Je m’attendais après plusieurs lecture d’avis en ligne à un vrai pamphlet pour la liberté et l’égalité des femmes, pour la tolérance envers les croyances… Un livre qui fait écho pour moi dans l’actualité avec par exemple dernièrement aux élections législatives aux Etats-Unis, un des candidat soutenait qu’il ne fallait plus rembourser les contraceptifs féminins, car cela revenait à valider que les femmes auraient une vie sexuelle dissolue. Les crises économiques aboutissent forcement à des retranchement extrémistes de tous genres, comme on peut le constater partout même en Europe, et la position de la femme fait bien des bons en arrière. La transformation du sens A à la fin de l’ouvrage correspondrait au A d’Amérique, puisque cette haine du puritanisme, à l’époque de la rédaction de l’ouvrage, va donner naissance à une nouvelle Amérique. Un nouveau livre de ce genre, plus actuel, pourra peut-être lui aussi donner un nouveau sens à la lettre A.

Cinéma
Adapté en 1926 par Victor Sjöström en muet, puis en 1973 par Win Wenders et en 1995 par Roland Joffé sous le titre Les Amants du nouveau monde.

Série
La lettre écarlate est le nom de l’épisode 13 de la saison 5 de la série américaine Nip/Tuck où il est fait une allusion à ce livre.

Lettre commune avec Martine, son avis : plaisirsacultiver.wordpress.com/2013/04/02/la-lettre-ecarlate-de-nathaniel-hawthorne/

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7 réflexions sur “La lettre écarlate – Nathaniel Hawthorne

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  5. Un très beau et déchirant roman sur les débuts puritains de l’Amérique, les personnages sont très forts, très fouillés au niveau psychologique. J’ai été conquise comme toi pour ce roman.

  6. Ton billet et celui de Titine me donnent vraiment envie de le lire! Je participe moi aussi au challenge Gilmore Girls et vais pouvoir le lire également dans ce cadre là! Merci pour cette découverte!

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