La fabrique de l’information est une usine. Au début, ceux qui s’y lancent y posent un idéal. Puis à force du temps, ils changent et se dirigent plus vers la performance.

4e de couverture
Guillaume sort d’une grande école de journalisme. Un peu naïf mais plein d’espoir, il atterrit dans le monde insolite de l’info en continu. Mais à la rédaction de NewsTV, entre horaires décalés et sujets sans intérêt, il se sent loin d’une carrière de grand reporter.
Cependant, un événement inattendu va confronter Guillaume à la réalité du terrain et l’amener à réfléchir à son rôle dans le grand cirque médiatique.

Mon avis
On pourrait croire à la couverture que l’on allait avoir un livre critique sur les médias. En fait, on suit le parcours de Guillaume qui a fait une école de journalisme. Il veut passer à la télé et devenir célèbre. Est-ce vraiment possible en passant par une chaîne d’informations en continu? Progressivement sa vision idyllique du journalisme va prendre cher. La vérité n’a pas sa place. Seule l’audience est le plus important des indicateurs. S’il faut orienter l’information, aucun scrupule à le faire. On veut des émotions fortes, de la colère, de la tristesse et juste ça. Tout passe vite et cela s’oublie aussitôt. Son changement de posture a changé sa relation à certains de ces amis. Les médias sont des complices du pouvoir et n’hésitent pas à tourner en dérision les luttes sociales. Il se perd dans son métier et s’éloigne de son idole qu’est Albert Londres. Un nouveau départ s’impose pour éventuellement se rapprocher de retranscrire la vie des gens sans jugement et sans cliché. C’est intéressant de voir un journaliste réfléchir sur sa pratique. La figure tutélaire est-elle alors obligatoire? Peut-on prendre conscience du vide sidéral lié à son métier quand au final on fait comme les autres et que les politiques, par exemple, n’attendent qu’un micro pour donner leurs phrases d’accroches préparées. On n’apprend rien sur les médias et cela renforce la défiance. Dommage qu’à la fin, on ne voit pas de dossier pédagogique sur les médias alternatifs fiables et comment faire pour les identifier. On finit en se disant que les médias, il faut s’en méfier car juste l’argent oriente l’information. Est-ce vraiment toujours le cas? Il est possible de regarder autre chose que CNews par exemple et plus regarder Arte.

Une lecture intéressante sur le côté parcours de vie d’un journaliste. Par contre, la souffrance, la précarité et le mal-être semblent le seul objectif atteignable et c’est dommage.

8 réponses à « La fabrique des news – Un reporter à la chaîne – Pierre Millet-Bellando et M. LeRouge »

  1. Avatar de Les paravers de Millina

    Ce côté on déchante de son job c’est quelque chose que j’ai vécu. L’éthique au placard et je ne suis pas journaliste. Dommage qu’il ne soit pas critique ou en tout cas donne des sources d’information plus fiable et plus éthique. Pas juste le buz avant l’info vérifiée.

    1. Avatar de noctenbule

      Peut-être que c’est une façon de nous pousser à s’interroger. Par contre, c’est à nous de chercher les sources mais c’est dommage.

  2. Avatar de belette2911

    Ah oui, quand même… pas facile, ce métier.

    1. Avatar de noctenbule

      Tu as déjà rêvé d’être journaliste?
      Moi j’aurais aimé être journaliste culturelle.

      1. Avatar de belette2911

        Non, pas du tout rêvé de ce métier…

      2. Avatar de noctenbule

        même pour faire partager ta passion du polar?

      3. Avatar de belette2911

        Non, même pas tentée via le journalisme :p

      4. Avatar de noctenbule

        Pour quelque qui écrit autant que toi et aussi bien c’est assez étonnant. Mais on a la chance de te lire c’est déjà ça.

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