
L’alcoolisme est une maladie assez grave. L’alcool est présent partout et les regards bienveillants sur l’arrêt de l’alcool reste rare. Terreur Graphique partage son parcours semé d’embuche pour se sevrer.
4e de couverture
Né sur Instagram, L’Addiction, s’il vous plaît est bien plus qu’un témoignage : c’est une plongée sans filtre dans le combat de Terreur Graphique contre l’alcool. Avec une sincérité rare, l’auteur explore toutes les dimensions de cette addiction : héritage familial, blessures enfouies, quête de reconnaissance, pression sociale, influence de la pop culture… Entre humour noir, lucidité implacable et émotions à vif, il signe une oeuvre aussi drôle que déchirante, où chaque page sonne juste. Sans doute le livre le plus fort et le plus abouti de Terreur Graphique.
Mon avis
Le sujet de l’alcool est assez rarement abordé dans la bande dessinée. C’est plutôt montré sous l’angle de la convivialité, de la joie et du partage. Faire apparaître le côté obscur de la force est plus rare. Car derrière le côté joyeux se cache la souffrance, la solitude, la peur et souvent une addiction. Les alcooliques se voilent la face de leur maladie et pense aussi que cela les rend sympa, ouvert, brillant et d’autres choses. Mais la réalité est moins glorieux. Les prises de conscience blesse et rien de tel qu’un verre de plus pour se cacher la face. Terreur Graphqiue décide de changer et c’est compliqué. Il dresse un bilan de plusieurs années de consommation outrancière. Afin de mieux comprendre son chemin, il retrace l’Histoire de sa famille et plus particulièrement son père. Un alcoolique notaire qui faisait même acheter une partie de ses bouteilles par son fils chaque jour. Il le traînait au bar pendant qu’il se bourrait la gueule. Et en rentrant à la maison, il se faisait souvent battre et humilier. Bien qu’il est vu cette déchéance humaine, il a plongé. Se sortir la tête de l’eau, c’est faire face à ses problèmes et aussi faire face à ceux que l’on a blessé comme sa fille par exemple.
Le bédéaste montre aussi que la société à sa part de responsabilité. On sort des études sur le fait que boire du vin quotidiennement est bon pour la santé. Quand on demande à l’état de soutenir l’opération un mois sans alcool, il dit que ce n’est pas possible. L’enjeu économique prime sur le reste. Mais en effet, si c’est si bon pour la santé, « pourquoi alors les médecins n’en prescrivent-ils pas? Après, ils se plaignent qu’on s’auto-médique » (p. 37). Il rajoute d’autres questions qui font réfléchir : « Si l’alcool a de tels bienfaits pour nos corps, pourquoi ne revoit-on pas les politiques de santé publique ou de sécurité routière? » ou « Changeons le « pour votre santé, mangez, bouger » en « … mangez, buvez, bougez ». Et même buvez en bougeant. C’est important d’être bien hydraté quand on fait du sport. » (p. 37). On pourrait même dire : « Sous des vertus éthylo-tractées, il vous transforme le vin en immodium ou en paracétamol. » et « La main sur le Vidal, il jure que l’alcool guérit tout et n’est pas plus dangereux qu’autre chose, la preuve : les gens sobres meurent aussi. » (p. 35). Quand vous dites aux gens que vous ne buvez pas, vous devez justifier votre choix. En quoi est-il si inacceptable de ne pas boire de l’alcool?
Le récit est fait à travers des personnages sous forme de chiens qui marchent. Une façon de distancier les choses de rendre quelque chose qui touche plus de gens. Il est plus facile aussi de s’identifier aux personnages. Bien que cela soit autobiographique, cela évoque toujours quelque chose que cela soit de la famille ou des amis ou des proches. Le chemin est long et la tentation pour rechuter son nombreuses. Les bars sont omniprésents et donc céder demande beaucoup de conviction. La tentation est dans les rues, les magasins quand on fait les courses, les films, les séries… donc difficile d’y échapper. Il faut une volonté de fer pour arriver à s’en échapper. Une lecture intéressante qui donne à réfléchir à notre rapport à l’alcool et celles de nos proches.
Une lecture intime qui ose dévoilé les blessures à cause de l’alcoolisme qui détruit des émotions et les liens forts.
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