Le terme féminisme devient un terme que l’on entend de plus en plus. On ne sait pas forcément d’où cela vient, dans quel contexte, pourquoi des luttes différentes. Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu propose un voyage dans l’Histoire pour mieux comprendre l’importance que cela avait hier, aujourd’hui et demain.

4ème de couverture
Malgré des avancées significatives durant le 20e siècle, le combat féministe reste toujours d’actualité. D’Olympe de Gouges à Virginie Despentes en passant par Simone de Beauvoir ou Angela Davis, cette bande dessinée retrace, à travers des événements et des slogans marquants, les grandes étapes de ce mouvement et en explicite les concepts-clés, comme le genre, la domination masculine, le « slut-shaming » ou encore l’intersectionnalité.

Mon avis
Quand on entend féminisme, notre imaginaire se met en marche et produits des noms, des images, des slogans… Du moins, pour ceux qui ne limite pas des luttes pour l’équité à juste des femmes qui n’aiment pas les hommes. On pense à Olympe de Gouges, Rosie la riveteuse, « On ne naît pas femme, on le devient »… Etes-vous capable de créer un lien entre tous ces éléments? Qu’importe la réponse car on ne sait jamais tout et on apprend tout au long de sa vie. A nouveau « La petite bibliothèque des savoirs » chez Lombard, va mettre son grain de sel pour nous éclairer sur cette revendication d’égalité femme homme.

Par conséquent, pour rentrer dans le dur et dans le domaine de la connaissance, David Vandermeulen nous propose un avant propos d’une grande érudition. Vous verrez que de tout temps, les femmes se sont battues pour leur reconnaissance, on n’a pas attendu la Révolution française ou le 21ème siècle. Les « querelles de femmes » ont toujours déranger la phallocratie car elle remet en cause aussi bien son existence que son fonctionnement. Il fait une référence par exemple à la boîte de Pandore, une femme qui a causé tous les maux du monde. « En ouvrant la jarre d’Epiméthée (l’homme à qui elle appartenait), Pandore répandit tous les maux que Prométhée, le frère de son époux, avait eu tant de peine à faire contenir, à savoir la vieillesse, le travail, la maladie, la folie, le vice et la passion. » (p. 5). A cela se rajoute bien entendu, Eve, qui a goûté le fruit de la connaissance. Donc la finalité est sans appel. « Ces deux textes écrits par des hommes ont chacun développé un message on ne peut plus explicite : les femmes ne doivent pas se mêler des affaires des hommes et ceux-ci se doivent de surveiller et de tenir les femmes à l’écart du politique. » (p. 5). La lutte pour les droits restent toujours un sujet contemporain et ce partout dans le monde. Elle est indispensable car le biais de chose normal fait bien des dégâts. « Car, comme le soulignait Simone de Beauvoir dans son premier tome du « Deuxième sexe » : « La représentation du monde comme le monde lui-même est l’opération des hommes; ils le décrivent du point de vue qui est le leur et qu’ils confondent avec la vérité absolue. » » (p. 7). L’auteur de l’introduction n’omet pas de rappeler des faits historiques bien sombres. « Comme le rappelle très justement le grand spécialiste des relations de genre par temps de guerre, Fabrice Virgili, le droit de vote des femmes faisait son apparition dans un contexte historique très particulier, puisque de 1943 à 1946, près de vingt mille femmes furent tondues : « Il s’agissait donc de dire aux Françaises, au moment même où elles votaient pour la première fois, que, tout en accédant à la citoyenneté politique, leur corps demeurait sous contrôle masculin. » (p. 11).

Anne-Charlotte Husson, doctorante en science du langage, a décidé d’illustrer l’évolution des combats à travers 7 slogans et citations célèbres de type : »La femme à le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la Tribune » d’Olympe de Gouges. Une approche assez original pour mettre en perspective une idée face à l’Histoire, à un contexte précis. Thomas Mathieu va la mettre en scène au cours du récit qui est très riche. Il maximise l’espace pour parler de tout car ce n’est uniquement l’Histoire qu’il faut évoquer mais le rapport à la société, au droit, à la liberté… On se laisse porter par la profusion de données pertinentes qui portent un bilan clair, limpide et sourcé. D’ailleurs, à la fin du livre vous trouverez des propositions de lecture pour aller plus loin.

Un ouvrage de mise en bouche pour éveiller la conscience féministe qui devrait fleurir en chacun de nous pour vivre dans une meilleure société qui promeut le vivre ensemble. En cette période de tension et de valorisation de la haine, redonne de l’espoir et de la motivation pour lutter s’impose.

Laisser un commentaire