IRS – Tome 23 – Fraude à la terre – Vrancken, Desberg et Marquebreucq

Il y a de l’argent à se faire sur le réchauffement climatique. De gros financiers le savent bien et n’hésitent pas à jongler entre chantage et désinformation. Leurs manipulations pourront-elles tenir la route sur le long terme?

4e de couverture
Tandis que les flammes du réchauffement climatique manquent de dévorer sa famille en Californie, Larry B. Max tente de combattre ce fléau depuis Washington. Cette fois-ci, la traînée nauséabonde de l’argent sale a mis le sénateur sur la piste du Homeplanet Institute, une société de consultants d’un genre un peu particulier. Leur business, c’est la pollution. Et ils n’ont aucun souci à regarder le monde brûler, pas plus qu’à attiser le bûcher avec le corps de leurs adversaires…

Mon avis
Larry B. Max veut faire de son mieux à son poste de sénateur. Toutefois, il s’est fait piéger en couchant avec une femme qui n’est pas son épouse. Ecouter son pénis n’incite pas forcément à faire les bons choix. Le voilà maintenant obligé de suivre les consignes d’un groupe de financiers. Le chantage pousse les gens à faire et de dire des choses qu’ils ne pensent pas. Il doit s’allier avec un de ces ennemis qui a aussi trempé son biscuit où il ne faut pas. Dur dur la vie des politiques qui doivent évacuer leur stress d’une façon ou d’une autre. Une fiction tellement proche de la réalité. Desberg propose des aventures en incluant toujours une part de réalisme et une critique de la société. Pour ce nouveau cycle se nommant Criminalité climatique, il s’intéresse à un sujet très moderne avec le réchauffement climatique et les enjeux financiers qui se cachent derrière. Le scénariste utilise une stratégie bien connue des lobbys en se faisant passer pour une ONG, ici une de protection de l’environnement. Elle veut attirer de l’argent d’investisseurs souhaitant un bon retour de bénéfices.

On leur vend assez bien la chose : « Comme vous le savez, notre seul but est d’apporter une expertise rigoureuse et scientifique à un débat planétaire qui est trop souvent noyé par le dogmatisme écologique. Bien évidemment, chacun de nos membres bénéficiera de nos compétences en optimisation de crédits carbone. Nous vous apprendrons à générer un maximum de revenu en dépolluant ce que avez pollué. Mais notre mission première est de lutter contre les idées reçues concernant le réchauffement climatique en dénonçant leur absurdité. Sans oublier leurs sombres implications: Un renforcement du pouvoir central. Des lois toujours plus contraignantes, un contrôle de l’état toujours plus étendu! Dénoncer le complot gauchiste du réchauffement est devenu aujourd’hui aussi vital que le droit à posséder des armes à feu, baisser les impôts et lutter contre l’avortement ».

En parallèle, on retrouve les préoccupations basiques sur la relance de l’emploi avec par exemple l’extraction du charbon. Qui sont bien souvent des thèmes parallèles à la protection de l’environnement. A force d’exploiter les sols à outrance, on détruit la nature et on pollue. D’autres enjeux économiques font leur apparition. La plupart des gens ne sont pas préoccupés par ces sujets tant qu’on leur donne un emploi même précaire. Pour justifier l’excès d’exploitation, on désinforme en disant que le réchauffement climatique n’existe pas. Il y a toujours eu des variations de température. « Où sont vos preuves sénateur Max? Quelles sont les raisons qui vous poussent à étrangler les travailleurs de ce pays? Quelle est votre foi pour placer les opinions de quelques scientifiques au-dessus de notre confiance en dieu? ». Une sémantique très justement utilisée dans le monde réel. En prêchant de faux arguments, on oriente les gens vers des choix particuliers. N’est pas politique qui veut. Et à la fin une alliance étrange : « En ce jour, nous tenons à vous informer que le sénateur Crawley et moi-même avons décidé de présenter un projet commun visant à traiter les dérives polluantes et climatique de notre nation! ». Qu’est-ce que cela cache? Nous le serons dans le second tome qui devrait sortir cette année.

Une fois que l’on passe l’aspect graphique assez grossier dans une mise en page assez classique, on se concentre sur l’action. Les pages se tournent avec beaucoup de curiosité pour connaître les rebondissements qui vont nous être présentés. Le rythme est assez fidèle à tout le reste de la série. On n’est pas dérouté par le choix du sujet ni par le comportement des hommes qui pensent principalement au sexe et à des femmes qui les mène par le bout du gland. Bien que le récit se déroule aux Etats-Unis le parallèle n’est pas si difficile à faire en France. Nous avons aussi notre lot de climatosceptiques et de lobbys puissants. Rien qu’à voir le scandale au sein du parlement européen avec des bakchichs. On sait que discréditer l’impact des industries polluantes dans le changement climatique cache des enjeux de tailles surtout financier. Mais Larry est normalement incorruptible. Pourra t’il respecter cette étique jusqu’au bout? Ou attend t’il d’avoir des informations pour détruire l’ogre qui dévore tout sur son passage? Tout est mis en place pour créer une attente.

Une aventure très moderne qui ne mâche pas ces mots pour éveiller une prise de conscience. Qui va pouvoir s’en sortir : les riches ou la justice?

2 réflexions sur “IRS – Tome 23 – Fraude à la terre – Vrancken, Desberg et Marquebreucq

    • Pareil que toi. En plus, j’ai vraiment du mal avec le graphisme. Je trouve les trucs très classiques plus difficile à lire. J’ai l’impression qu’ils manquent de créativité.
      Mais cette année, je vais relire tous les IRS. Et comme je lis des bd autour de l’écologie, il y a peut être quelque chose sur ces anciens tomes.

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