Fuze et Didier – Tome 3 – Restructuration – Fuze, Jean-Christophe Derrien, Ornella Greco et Javier Mena

Fuze est bien trop innocent. Quand il rencontre sans crainte son pire ennemi, Arthur Scam, il ne sait pas ce qu’il l’attend. Le lendemain, il va désenchanter.

Au Scam Studio, l’enthousiasme est à son apogée. Le public est au rendez-vous car ils veulent voir un match de boxe des plus surprenants. Fuze doit affronter sur un ring son pire concurrent Arthur Scam. Le patron a signé un contrat pour redresser le groupe. Toutefois il n’a pas fait attention à certains alinéas. Scam Industries absorbe Fuze corp. Aussitôt signé, aussitôt les changements se font sentir. Framboise est renvoyée dans la première vague de licenciement. Elle se sent si triste sur pour le boss. Heureusement qu’il lui reste une entreprise de thé glacé de son grand-père. Tout le reste a été pris par son nouvel ennemi juré. Faut-il alors repartir de zéro pour construire son empire? Pas besoin car papi était un gars sacrément malin. Il avait trouvé un filon pour renflouer les caisses. Donc, il y a de quoi se prévoir un lancement de produits en toute discrétion pour ne pas trop éveiller l’intérêt. Le mieux pour retrouver la situation confortable d’avant, c’est de mettre la main sur le contrat. Pour ça, rien de tel qu’un évènement assez important pour distraire Arthur Scam pendant que Didier fouille les bureaux. L’homme est rusé et ne s’attendait pas à moins. Par conséquent, rien de tel que de faire exploser son bureau pour résoudre un problème. Toute la stratégie tombe alors définitivement à l’eau? Pas totalement car le souci d’un égo surdimensionné est le besoin de montrer sa supériorité. Par conséquent, qui fait trop le malin tombe dans le ravin.

On l’avait déjà remarqué dans les deux tomes précédents, Fuze et Jean-Christophe Derrien aiment parler du monde de l’entreprise. D’ailleurs, ils ont adapté l’univers de la chaîne youtube de Fuze III en bande dessinée. Et le thème principal tourne autour d’une structure gérée par un idiot hautain et prétentieux. Par conséquent, il est toujours à même de dire et faire n’importe quoi tant qu’il garde sa vie confortable et ses privilèges. Son assistante, Framboise, s’occupe de tout et rattrape toutes les bourdes. Pour créer un chamboulement entre les deux on trouve Didier, un homme de ménage assez simplet, plein de bonne volonté. Un ensemble assez représentatif des dynamiques au sein des grandes organisations. On pourrait croire que les scénaristes veulent former à un esprit critique les plus jeunes à des notions d’économie et de posture sociale. Ce tome porte un regard encore plus acerbe sur les enjeux de pouvoirs et le mépris des salariés. On note les phrases suivantes : « Ce sont les affaires. Il n’y a aucun sentiment dans le capitalisme ». Tout est dit simplement et directement. Manger ou être manger. Aucune autre alternative? Le monde du commerce se souligne par l’usage d’un vocabulaire très adapté et précis : monopole, leader, marché… On ne doute pas trop que le lecteur comprenne. Mais tout se fait à travers des aventures improbables, de l’humour et des références à la culture populaire. Cela peut être aussi bien « Le seigneur des anneaux » que les 2B3 ce qui souligne l’étendu des domaines de clin d’oeil. Au niveau graphisme, Ornella Greco reste fidèle à l’univers en cube aux formes arrondies avec des couleurs en aplat et dynamique de Javier Mena.

Un tome qui critique l’avidité de patrons de grands groupes qui ne pensent qu’à eux et leurs profits. Une façon originale de critiquer intelligemment le pouvoir et l’argent.

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