Le ministre & La Joconde – Hervé Bourhis, Franck Bourgeron, Hervé Tanquerelle et Isabelle Merlet

Couverture Le ministre et la Joconde + ex-libris offert

Que diriez-vous de partir pour un étrange voyage au départ du Havre? En 1963, le ministre d’État chargé des Affaires culturelles accompagne une toile hors du commun pour les Etats-Unis. Va t’elle pouvoir arriver indemne?

4e de couverture
Le ministre d’Etat chargé à la Culture convainc le président De Gaulle d’exposer La Joconde à New York en signe d’amitié. Le projet est risqué car il faut escorter le trésor du Louvre pendant la traversée à bord du France, le nouveau fleuron des chantiers navals français. Une équipe de sécurité accompagne le Ministre, mais celui-ci, en pleine crise paranoïaque due à sa consommation excessive de stupéfiants, rend l’affaire délicate…

 

Mon avis
Hervé Bourhis et Franck Bourgeron ont décidé de s’inspirer d’un fait réel, souvent méconnu, pour inventer une histoire totalement rocambolesque. En effet, André Malraux alors ministre d’État chargé des Affaires culturelles a décidé de prêter « La Joconde » aux Etats-Unis. Malgré de nombreuses oppositions à cette action, Mona Lisa a traversé l’Atlantique. L’oeuvre d’art sera finalement exposé à la National Gallery à Washington et au MoMa à New York. Pour mieux se moquer du personnage politique, rien de telle qu’être à ces côtés pendant 5 jours sur le mythique paquebot, Le France. Hervé Tanquerelle apporte grâce à son trait beaucoup très marqué le comique nécessaire à cette aventure invraisemblable. La couverture indique que l’on n’allait pas s’ennuyer. Le ministre s’agrippe fermement à la toile qui semble gigantesque. Rien de tel qu’une exagération pour préparer à l’absurdité. La madone est assez petite (77 × 53 cm) et peinte sur un morceau de peuplier. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour apaiser les tensions politiques. John Fitzgerald et Jacqueline Kennedy ont été ravis. Et dire que l’on a cru qu’elle avait disparu à jamais dans les flots? Sa disparition à bord amène à une enquête policière des plus rocambolesques par le plus haut de la pyramide sociale. Hypocrisie, drogue, égocentrisme sont de rigueur. Comment ne pas en rire? Le ministre atteint du syndrome de Gilles de la Tourrette était déjà au naturel un personnage. Le voilà devenu un de papier encore plus improbable que dans la réalité. En plus d’être un pilleur de trésors, le voilà séducteur, caractériel, amateur de psychotropes… Est-ce si loin de la vraie politique sous la Ve République? Les adeptes d’Histoire pourront nous dire.

Une lecture divertissante qui vous fera aimez l’art, l’Histoire et envie de vous replonger dans « Tintin ».

"Le ministre et la Joconde", p.11 (Hervé Tanquerelle / CASTERMAN)

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