Les catastrophobes – Rions de la fin du monde – Didier Tronchet

La fin du monde est pour demain. Alors qu’avez-vous besoin de faire pour se préparer à la catastrophe inéluctable? Un couple à la réponse à la plupart de vos interrogations.

4e de couverture
Cet album traite avec humour de la crise écologique en mettant en scène un couple qui s’oppose sur l’attitude à adopter face à l’effondrement tant redouté. Pour elle, il faut tout abandonner pour aller vivre dans un refuge, alors que lui est réticent à quitter son confort.

les catastrophobes tronchet
Planche extrait de la bande dessinée Les Catastrophobes de Tronchet © Fluide Glacial

Mon avis
Une bande dessinée consacrée uniquement à la collapsologie est relativement rare. Le terme est apparu en 2010 où les changements climatiques deviennent plus concrets. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si Pablo Servigne, co-fondateur de la collapsologie, fait la préface de l’ouvrage. Didier Tronchet met sa plume et son coup de crayon assez singulier au service d’une théorie écologique. Puisque demain tout risque de s’effondrer que faut-il faire aujourd’hui? Aux Etats-Unis, il y a un mouvement avec de très nombreux adeptes avec les survivalistes. On trouve même des ateliers pour préparer ces conserves avec des produits frais et bio en attendant la catastrophe. Mais le scénariste ne va pas jusque là. On suit un couple marié assez classique. Madame s’occupe des tâches ménagères et des enfants et Monsieur se pose des questions. Une famille qui n’est pas sans rappeler les Bidochons. Par chance, son épouse apporte les réponses censées à des absurdités en tout genre. Sans oublier le pote qui fait de son mieux pour empirer la pollution.

Le dessinateur s’est inspiré de sa vie quotidienne. Il explique : « L’année dernière je me suis fait construire une serre dans la maison que j’ai en Ardèche au milieu des bois. J’ai mangé au moins 15 kg de tomates pendant une semaine. Et j’ai compris que je n’étais pas prêt pour assurer ma survie. Alors j’ai choisi d’en rire. C’est toujours la meilleure réponse, l’humour et la distanciation sur soi-même. Je le fais maintenant, parce que le jour de la grande catastrophe, je ne suis pas sûr d’en être capable. » Avant de préciser : « je ne pense pas que la catastrophe à venir sera la fin du monde. Simplement ce sera quelque chose d’inattendu qui nous obligera à changer notre façon de vivre et d’être sur la terre. Puisqu’on n’est pas capable de le décider sans un grand coup de pied au cul ». Est-ce que le message va pousser le lecteur à changer d’attitude? On rit jaune à chaque blague qui occupe une page. Que peut-on faire aujourd’hui et pour demain? Surtout quand on est une famille logeant en ville et faisant les courses en magasin. Est-ce que les gens ordinaires sont comme les personnages, ils parlent beaucoup en agissant peu. Mais commencer à se poser des questions n’est-il pas la première étape? Et que vaut la compétence d’écrire et dessiner s’il faut vivre en communauté isolé? Faut-il aussi changé le rapport à la femme pour lui donner plus de place, celle qu’elle mérite? Tout doit-il reposer sur les enfants qui peuvent tout reconstruire? Vivre à la campagne est-ce la solution surtout après la pandémie? Après, c’est tout à chacun de voir s’il veut aller plus loin ou non.

Rien de tel qu’un couple de beaufs pour réfléchir au monde de demain.

Les Catastrophobes

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