Valérian et Laureline – Tome 1 – La cité des eaux mouvantes – Jean-Claude Mézière et Pierre Christin

Xombul s’est encore échappé. Valérian est chargé d’aller le chercher en 1986. Va t’il y arriver?

4e de couverture
New York, 1986. Repartis dans le passé à la poursuite de Xombul, Valérian et Laureline se retrouvent projetés dans une ville méconnaissable, noyée sous les eaux suite à un cataclysme nucléaire.

Mon avis
Le 9 novembre 1967, dans « Pilote », Valérian et Laureline, agents spatio-temporels de Galaxity, entrent en scène avec « Valérian contre les mauvais rêves ». Dorénavant, il est considéré comme le tome 0 de la série. Pour le premier tome, le titre prend le nom des deux héros. « Ses agents ont pour mission de patrouiller dans l’histoire et l’univers pour veiller à la sécurité de la terre et de son empire. » Le duo se repose car avant ils étaient dans une mission dans les plantations hydroponiques de Vénus. Pour ça rien de mieux qu’une partie d’échec en trois dimensions. Mais voilà que Xombul s’est échappé et il faut le retrouver rapidement. Il est à New-York en 1986. « D’ailleurs, personne ne sait exactement ce qui s’est passé entre 1986 et le 24e siècle. Il s’agit d’une époque mystérieuse, de l’âge noir de la Terre. C’est à ce moment que la civilisation traditionnelle a été balayée par un cataclysme. En 1986, un dépôt de bombes à hydrogène, localisé près du pôle Nord a explosé accidentellement. Vous voyez là, la photo de l’explosion immédiatement, les calottes glaciaires ont commencé à fondre… Le climat est devenu torride sur toute la surface du globe et l’eau a monté de plusieurs mètres, engloutissant la plupart des grandes villes ». Valerian part seul à l’aventure. Quel n’est pas sa surprise d’arriver dans la statut de liberté qui s’écroule. Heureusement que son costume se cache un gilet de sauvetage incorporé. L’humour est toujours présent. Le sauveteur de l’univers après une fuite annonce en ahanant : « Je vais devenir cardiaque dans cette ville… 2820 marches même pour un agent de l’espace-temps, c’est dur ».

Par chance, Laureline est envoyée en renfort ou du moins elle a pris l’initiative. « Quel culot ces gamines du service spatio-temporel!! Au fond, j’ai toujours pensé que le service devrait être exclusivement réservé aux hommes, vous êtes un peu trop malignes pour nous… ». Du moins, cela reste Valérian qui a les vraies bonnes idées. Il a assisté au pillage de la bibliothèque scientifique et celui possédant ce savoir aura le pouvoir. Xombul lui est un visionnaire. Bien entendu, rien ne se passe comme prévu et le méchant se désintègre en plusieurs morceaux dans l’espace. Sans l’ombre d’un doute nous allons le retrouver par la suite pour la suite des aventures. On découvre en cours de route une pléthore d’inventions scientifiques comme le robot qui réagit par rapport aux ondes cérébrales d’un homme, des bulles prisons qui permettent de capturer des gens sans violence et bien entendu le véhicule pour voyager dans le temps et l’espace. Des petites graines d’ingéniosité qui vont créer le monde du futur en se réunissant à Brasilia. Une capitale perçue comme celle de renouveau depuis très longtemps. Sans surprise, le nouveau départ ne peut se faire qu’avec des hommes et des scientifiques. Ils sont représentés dans les stéréotypes assez classiques des vieux, des lunettes, des chauves, des cheveux blancs. On se ravit de voir Laureline, une jolie faire-valoir qui sait à de la suite dans les idées. S’il faut réparer une machine de voyage temporel, elle donne un coup de main. Elle n’est pas seulement jolie.

Jean-Claude Mézière nous permet de découvrir les grands paysages des Etats-Unis. On va aller à New-York où l’on verra les grands monuments pour ensuite traverser les grands espaces où la nature est reine. Pour les couleurs, le dessinateur ne chercher pas la précision. Il créé plutôt des ambiances chaleureuses et lumineuses. C’est intéressant à voir car c’est l’un des pères de la sf française. A mieux lire les oeuvres du passé, on apprend à mieux regarder les oeuvres du présents. Pierre Christin sous couvert de fiction parle du bouleversement de l’environnement. La question écologique commençait à poindre. Il a choisit de parler d’une bombe à hydrogène qui déstabilise tout l’équilibre naturel de la planète. Une infime partie de la population survivra. Certains diront que le scénariste était visionnaire puisque l’accident de Fukushima date de 1986. Un hasard des plus évocateurs quand on le regarde en 2022. Qu’a t’il d’autres retranscrit dans le reste de ces périples temporels? Il va falloir dévorer la série dans son intégralité pour avoir la réponse.

Une lecture intéressante qui fait replonger dans la bd d’une autre époque avec une autre vision.

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