La rousseur pointée… du doigt – Charlotte Mevel

La différence est toujours pointée du doigt. La rousseur n’échappe pas à la règle. D’autant plus qu’elle s’inscrit dans une dimension historique et religieuse.

4ème de couverture
Ses cheveux roux, Charlotte en avait fait un non-sujet. Pourtant, à la naissance de son fils, roux lui aussi, les allusions déplacées fusent. Ce qui n’était qu’un détail, la touche désormais. L’autrice se lance dans un voyage introspectif, questionne sa singularité, notre rapport à l’altérité et se réapproprie sa rousseur pour mieux en déposséder les autres. En toute subjectivité, bien sûr !

Mon avis
Le champ des discriminations ne manquent pas. Le besoin de conformisme incite des gens à laisser libre champ à leur cruauté, leur incivisme et leur haine. Un élément sort de l’ordinaire, cela suffit à produire un haut niveau de bêtise et d’intolérance. Charlotte Mevel a décidé de s’intéresser à un sujet qui la concerne personnellement : la rousseur. Depuis qu’elle est petite, elle subit aussi bien des violences physiques que morales à cause de la couleur de ses cheveux et de sa peau. Pourquoi une telle méchanceté juste pour une pigmentation capillaire? La naissance de son premier enfant qui est roux l’a amené à se poser de nombreuses questions. Elle propose un voyage dans le temps pour comprendre le pourquoi du comment de la stigmatisation. Et en parallèle, elle explique scientifiquement comment on devient roux et qu’elles sont les particularités biologiques. Une façon très pédagogique d’illustrer les idées reçues afin de permettre à certains de les dépasser et de ne plus les véhiculer, qu’importe leur âge. En face, la science explique que c’est un phénomène comme un autre qui s’explique logiquement. Une approche maligne et percutante qui invite à réfléchir et enrichit nos savoirs. On étoffe nos connaissances certes, mais on le fait avec un ouvrage très bien aussi au niveau du graphisme, de la mise en couleurs et de la mise en page. On se laisse porter sur ces nuances d’orange si pertinemment utilisées. Une bande dessinée intelligente (et sourcée) qui remet les pendules à l’heure pour espérer des lendemains avec moins de stupidité humaine. On a le droit de rêver.

Qui a dit que l’on ne pouvait écrire des bandes dessinées qui mêle personnel et réflexif pour comprendre afin de faire changer des aprioris? Il suffit de lire le travail de Charlotte Mevel pour en être convaincu.

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