La petite bédéthèque des savoirs – Tome 27 – Homo Sapiens – Antoine Balzeau et Pierre Bailly

Savez-vous qui se cache derrière le terme de l’homo sapiens? Vous n’êtes pas totalement certain.e.s. La petite bédéthèque des savoirs va vous donner des clés de compréhension.

4ème de couverture
Homo Sapiens, c’est nous, et depuis longtemps car 200 000 ans, ce n’est pas rien. De nouvelles techniques permettent de voir à l’intérieur des fossiles, entre protéines, gènes et anatomie. Mais finalement, savons-nous vraiment qui nous sommes ? Antoine Balzeau, paléoanthropologue à la pointe de ces recherches, nous dresse un bilan de ce que la science actuelle peut véritablement déduire et conclure sur notre (pré)histoire et sur ce que cela peut nous apporter pour bâtir notre futur.

Mon avis
Rendre compréhensible le terme homo sapiens n’est pas très facile. C’est une chance qu’à la plume nous trouvons : Antoine Balzeau, chercheur au CNRS et qui travaille dans « l’unité naturelle de l’homme préhistorique » au musée d’Histoire naturelle. En plus, il a déjà quelques livres de vulgarisation à son actif. Pour permettre au lecteur d’être détendu, l’approche est assez décontractée avec beaucoup d’humour. Ce qui peut surprendre est un parti pris que l’on peut lire rarement ailleurs. « Ne croyez pas tout ce que disent les chercheurs. Certains ont plus d’imagination que d’autres. Il s’agit de faire le tri entre vraies données scientifiques et la part d’interprétation que livre un chercheur. Exemple thématique totalement affabulée : la représentation des activités des femmes et des hommes de la préhistoire. Profitons-en donc pour détruire un cliché profondément ancré. Cela permettra à certains d’adopter une autre vision. » Et il continue plus loin : « Alors, croyez-vous franchement qu’il y ait la moindre raison biologique ou logique à ce qu’une femme préhistorique n’ait pu prendre part à une chasse au grand herbivore. Aujourd’hui, chacun peut bien sûr faire ce qu’il souhaite, mais vous ne pourrez plus utiliser l’héritage supposé du paléolithique pour justifier vos propres idées machistes! Le coup de grâce à cette idée reçue a été donné suite à plusieurs études scientifiques récentes… Elles ont montré que chez les peuples « chasseurs/cueilleurs » qui vivent encore aujourd’hui, les activités sont réparties équitablement entre hommes et femmes ». La période préhistorique a été écrite par des hommes qui voulaient justifier le patriarcat avec un argument que c’est naturel car cela a toujours été ainsi. Maintenant le discours commence à changer car les choses reposaient sur un apriori pris comme fait alors que rien ne l’étayait. Cela fait plaisir qu’un expert puisse avoir un discours si franc et sans concession. Il faut espérer qu’il puisse être entendu et faire évoluer les mentalités ainsi que les représentations. La misogynie n’est pas le seul point à discuter. Il y a bien entendu le racisme qui n’est pas non plus un fait naturel mais bien aussi une construction sociale. Qu’est-ce que l’on n’est pas prêt à inventer pour justifier la supériorité de l’homme blanc pour asservir les autres? « Nous avons tous, oui TOUS, des fragments de notre génome qui nous viennent des 4 points de la planète! Même le plus obtus des racistes, persuadé que tous ses aïeuls viennent de son quartier, a des ancêtres appartenant aux populations qu’il hait, sans même savoir pourquoi! Nous avons des nationalités, des langues, des religions et cultures diffé On sait que cela prend du temps comme l’explique avec brio, le directeur de collection de « La petite bédéthèque des savoirs », David Vandermeulen. La puissance religieuse est telle qu’il est difficile de remettre en cause ce qui est écrit dans la Bible. Aucun peuple ne peut exister s’il n’est pas dans la référence indiscutable. Et ceux qui osent dire le contraire ont bien souvent fini assez mal. Il faut attendre que la laïcité prenne plus de place pour que la parole scientifique puisse trouver sa place avec des preuves à l’appui. Le temps ainsi que la volonté de certains individus changent la donne. Pour preuve, on est au 21ème siècle et les connaissances sur la préhistoires sont encore pleines de richesse grâce à la confrontation de points de vue et l’évolution technologique. Pierre Bailly apporte beaucoup d’esprit et de fantaisie. Une bande dessinée intelligente, réflexive et ingénieuse à lire, à partager et à offrir bien entendu.

Un ouvrage qui donne envie d’aller plus loin dans sa recherche qui montre qu’un monde plus tolérant et respectueux existait déjà. L’Histoire du monde est encore à réécrire.

2 réflexions sur “La petite bédéthèque des savoirs – Tome 27 – Homo Sapiens – Antoine Balzeau et Pierre Bailly

    • Cela fait du bien surtout après la lecture de Titiou Lecoq. Les femmes ne sont pas des esclaves sexuels ni domestique et cela ne s’est jamais résumé à cela. Le patriarcat et les religions monothéïstes n’avaient pas forcément raison.

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