Les grandes oubliées : pourquoi l’histoire a effacé les femmes – Titiou Lecoq

Les femmes ont toujours été là et pourtant dans les livres d’Histoire le constat est moins flagrant. Est-ce que parce qu’elles n’ont jamais rien d’accomplis de leur vie ou est-ce qu’on les a retiré? Titiou Lecoq a décidé d’aller enquêter pour avoir une réponse claire et argumentée.

4ème de couverture
« On nous a appris que l’histoire avait un sens et que, concernant les femmes, elle allait d’un état de servitude totale vers une libération complète, comme si la marche vers l’égalité était un processus naturel. Ce n’est pas exact. On a travesti les faits. On a effacé celles qui avaient agi, celles qui, dans le passé, avaient gouverné, parlé, dirigé, créé.»

A la préhistoire, les femmes chassaient, au Moyen Âge, elles étaient bâtisseuses de cathédrales ou encore espionnes durant la guerre de Cent Ans ; au XIXe siècle, elles furent journalistes… À chaque époque, elles ont agi, dirigé, créé, gouverné mais une grande partie d’entre elles n’apparaissent pas dans les manuels d’histoire. Dans la lignée des travaux de Michelle Perrot, Titiou Lecoq passe au crible les découvertes les plus récentes. Elle analyse, décortique les mécanismes, s’insurge, s’arrête sur des vies oubliées pour les mettre en lumière. Sa patte mordante donne à cette lecture tout son sel. Les femmes ne se sont jamais tues. Ce livre leur redonne leur voix.

Mon avis
J’ai lu ce livre dans les transports en commun et pendant les pauses déjeuners entre les cours. Quelques hommes sont venus me poser pourquoi il y avait des marques pages sur le livre et pourquoi je voulais lire un tel ouvrage. On sait qu’il y a eu des femmes dans l’Histoire pas besoin de les nommer. Et puis, on sait que les femmes ont des aptitudes naturelles donc c’est normal qu’elle travaille dans les RH ou s’occuper des enfants. Déjà, il ne faut pas s’énerver d’entendre des inconnus vous alpaguer pour vous dire de telles choses. Puis quand vous dites que si on sait qu’il y a des femmes dans l’Histoire et que ce n’était pas utile de les nommer. Alors pourquoi n’essayons-nous pas de faire la même chose avec l’homme? Et si on l’effaçait totalement et que l’on mettait des individus ou des gens ont fait sans genrer? Par contre, cela tic tout de suite. On ne va pas effacer les traces du royaume de la couille quand même. Tout perdrait du sens. C’est dans ces moments là où je me dis que nous sommes vraiment très loin de l’égalité et du respect. Le pire est qu’aucun d’entre eux ne va ouvrir les livres et essayer de déconstruire ses idées préconçues qui ne reposent pas sur des faits.
Titiou Lecoq ne dit pas qu’elle est historienne mais féministe. Un gros mot par les temps qui court. Elle dresse de façon chronologique un récit véridique où les femmes sont bien présentes à toutes les époques. Elle cite ses sources et son travail a été relu par trois historiennes. Donc même s’il y a un parti pris, les faits ne reposent pas sur des affabulations « d’une bonne femme ». Les choses à dire entre la Préhistoire et de nos jours ne manquent absolument pas. Les recherches actuelles permettent d’élargir la vision de ce qui a pu se passer grâce à par exemple l’archéologie expérimentale. Et surtout en retirant les ornières du 19ème siècle qui voulait justifier un système patriarcal en l’imposant comme modèle aux sociétés plus anciennes. La norme a toujours été la même. Les catholiques avaient déjà utilisés cette technique pour réfuter les homo-sapiens, les dinosaures, l’héliocentrisme… On fait l’Histoire à sa sauce quand cela arrange. Toutefois, ces procédés d’invisibilisation deviennent caduc quand on essaie de vraiment comprendre le fonctionnement de groupes sociaux. Quoi, les femmes n’ont pas toujours des êtres soumis, stupides et esclaves des hommes? Elles ont été reine? maçonne? Quoi le cerveau et l’intelligence ne se situent pas dans les testicules? Incroyable. Pourtant, il y en a eu de découper et personne n’était arrivé à cette conclusion. Stupéfiant! Les femmes n’étaient pas lascives dans les grottes à attendre le mâle. Et quelque soit l’époque, elle n’y a rien qui les pousse à l’isolement, faire le ménage, la cuisine et à être esclave sexuelle. C’est une volonté des hommes qui ont réduit les droits progressivement pour s’octroyer tous les espaces de pouvoirs et devenir des maîtres. Par chance, il y a toujours des femmes rebelles et des hommes plus ouverts, ce qui a permis de garder quelques droits, de mettre le doigt dans des inepties… On peut les isoler, les privées d’éducation, de disposer de leur corps… il y en a toujours là pour faire entendre leurs voix. A l’heure du numérique, où les boy’s club pullulent pour un retour à la masculinité narcissique et violente, les femmes disent, dénoncent. Même si les agresseurs continuent bien souvent de continuer leur vie tranquillement même s’ils insultent, touchent, viol des femmes… La parole commence à se faire entendre au moins au niveau des femmes qui deviennent plus engagées, plus concernées, plus investis dans un combat qui semblent ne jamais s’arrêter. Grâce à Titiou Lecoq on a envie d’aider à remettre la femme dans l’Histoire pour dire aux demoiselles que leurs ancêtres ont toujours été des auteures clés.

Il est dommage que ne soit pas évoquer l’importance des salons que tenaient les aristocrates et les bourgeoises. Ces lieux très courus où les intellectuelles venaient principalement pour la discussion. On y trouvait des femmes très cultivées comme Emilie du Châtelet qui a été une grande vulgarisatrice scientifique. Des femmes ont même traduit des livres de l’anglais en français autour de thèmes très importants. Et l’autre petite chose qui aurait été un plus aurait été une bibliographie avec les ouvrages cités et d’autres pour poursuivre notre quête de savoirs.

Un livre à lire, à garder, à partager, à offrir, à suggérer dans les médiathèques et bibliothèques scolaires. Les femmes ont toujours été là et ont toujours jouer un rôle important dans la société.

L’avis de Sin City : « Avec « Les Grandes Oubliées », l’essayiste Titiou Lecoq porte encore un peu plus haut le flambeau du mouvement féministe. »

L’avis de Moka : « Déstabilisant, ce titre laisse surgir un certain malaise qui devient colère. Il questionne, met les contenus de nos enseignements sur le grill et nous renvoie aussi à nos propres oublis. La vraie erreur, serait de s’arrêter à ce constat effarant et de se contenter d’encenser ces pages édifiantes. Le vrai progrès appelle ici un changement radical, une vraie démarche de visibilisation: enseignant·es, endoctrineur·ses, chercheur·ses, éditeur·trices, passeur·s culturel·les: à nous, à eux/elles de poursuivre l’entreprise fabuleuse menée par Titiou Lecoq et bien d’autres en sortant ces grands noms de l’oubli et en mettant fin à cette regrettable et honteuse supercherie. »

L’avis de Branchés Culture : « Tout est là, tout est dit. Titiou Lecoq nous offre une histoire, des figures emblématiques, des racines… Et nous propose de nous en emparer pour ne plus les oublier et construire notre futur plus libres que jamais.« 

L’avis Mes pages versicolores : « Ce livre est une pépite qui donne envie de révolutionner les cours d’histoire et surtout de pousser la réflexion idiote de penser que  » si les femmes ne sont pas dans les livres d’histoire c’est tout simplement parce qu’elles n’ont rien fait de notoire. » Le livre de Titiou Lecoq le démontre avec détails et sources à l’appui. Grâce aux notes de bas de pages j’ai pris connaissance d’une multitude de livres d’historiennes qui se sont penchées sur le rôle des femmes. « 

4 réflexions sur “Les grandes oubliées : pourquoi l’histoire a effacé les femmes – Titiou Lecoq

  1. Mais enfin, malheureuse, toi ! Supprimer les bites et les couilles, ces trucs HYPER importants dans l’Histoire de l’Humanité ! Non, jamais de la vie ! On efface les meufs, les gonzesses, les pisseuses, mais pas les mâles !

    Il est dans ma PAL, j’attends un peu avant de le lire, que je sois calme, sinon, je vais bondir au plafond et trucider le premier couillu qui me demandera pourquoi je lis ça ! Et vu que je travaille à la maison, il n’y a que deux mâles dans mon entourage : monsieur Belette et ce pauvre chat (qui n’a plus de couilles, lui). 😆

    • Comme tu as aimé Mona Chollet, je pense que celui te plaira aussi. Il est d’ailleurs plus accessible pour le grand public.
      Mais est-ce que beaucoup d’hommes vont oser le lire? Combien se sentent concernés par ce sujet? pas beaucoup à mon avis. L’ouvrage convainc les convaincues.
      Je crois qu’il n’y a pas de bons moments pour le lire. La colère sera toujours là.

    • Mais cela permet de renforcer les convictions de celles qui sont déjà entrain de réfléchir à leur Histoire et penses aux futures générations. Il faut aussi dire aux petits garçons que les filles aussi font des choses supers et qu’il faut les respecter.

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