Gros n’est pas un gros mot – Chroniques d’une discrimination ordinaire – Daria Marx et Eva Perez-Bello

Etre différent est une épreuve au quotidien. Pourtant être gros ne devrait être ni un gros mot et ne devrait pas être un critère discriminatoire. La réalité est plus difficile et sans pitié.

4ème de couverture
Ce mot ne figure pas dans le dictionnaire, mais il désigne un phénomène réel et ordinaire. Chaque jour, les gros sont victimes de discriminations : si vous pesez 150 kilos, vous aurez du mal à trouver un travail (vous êtes présumé fainéant), à vous habiller (les magasins ne vendent pas de vêtements en taille 60), à vous soigner (il faudra dénicher un cabinet équipé pour vous prendre en charge, et la bienveillance n’est pas toujours au rendez-vous), à prendre l’avion (peut-être devrez-vous réserver un second siège), à vous faire prescrire une contraception, mais aussi à avoir un bébé si l’envie vous en prend… Vous aurez du mal à vivre normalement.
Nos préjugés sur les personnes grosses et les comportements qu’ils entraînent ont des conséquences parfois dramatiques. La grossophobie pollue toutes les sphères de la vie.
Témoignages à l’appui, voici un tableau choquant et 100 % vrai de ce que vivent les gros, tout le temps, partout.

Mon avis
Le collectif « Gras politique » se bat contre la grossophobie. Malheureusement dans une société où la culture de la beauté est reine, la cruauté va de paire. C’est d’autant plus vrai quand cela est corroboré avec un culte de la maigreur, du sans-poil, du sans-ride. Alors dès qu’une personne ne rentre dans pas les critères la pression sociale explose. Combien de femmes se sentent bien dans leur corps? A force de croire qu’il faut ressembler à un squelette, elles croient qu’avec un kilo en trop, elles sont grosses. Alors comment doit se sentir des femmes avec du vrai surpoids? Et bien, c’est vraiment difficile car il faut faire face aux regards dans la rue, des remarques désobligeantes, des gestes déplacés… Cela aussi bien de la part d’inconnus que des professionnels de la santé qui n’hésitent jamais à émettre un jugement digne d’un enfant de 4 ans. Combien de personnes en allant voir un médecin se sont fait reprocher leur poids avant même que ce dernier ne demande les raisons médicales ou même si déjà elle fait du sport? Ce n’est pas encore demain que le serment d’Hippocrate aura un vrai sens sur le respect du patient. D’ailleurs l’association propose sur son site une liste de médecins bienveillants sur la France. « Aujourd’hui, bien que n’étant pas une maladie infectieuse, l’obésité est considérée comme une pandémie et un véritable enjeu de santé publique. Depuis 1975, le nombre d’obèses sur la planète a presque triplé. En 2016, 1,9 milliard d’adultes étaient en surpoids, dont 650 millions en obésité, soit 13%. En France, plus précisément, 15,3% de la population adulte est obèse (contre 8,5% en 1977) : d’ici 2030, l’OCDE estime que la proportion d’obèses pourrait atteindre 21% (47% pour les Américains…). » Un véritable enjeu de société qui montre pleins de problème outre que la pauvreté. Il n’y a pas que de bons gros qui ont le droit à de la compassion comme une femme qui suit une PMA ou atteint d’un dérèglement hormonal. Le reste ce n’est qu’une bande de fainéants qui ne bougent pas leur cul, qui glandent et qui profitent des aides. Qui voudrait embaucher une telle personne? Dans certains pays, les hommes obèses représentent la réussite. Mais uniquement les hommes et ceux qui ont de l’influence. C’est une exception. Les clichés sur les gros deviennent normaux à force de les entendre partout et légiférer par les représentants scientifiques. Il faut apprendre à déconstruire les mensonges que l’on entend comme des vérités. La publicité qui promet de faire perdre du poids en achetant un produit ou un régime miracle n’est qu’argument de vente. Faire croire déjà qu’il y a un problème avec le fameux IMC totalement biaisé c’est déjà pas mal et à cela se rajoute la facilité. D’un coup de baguette magique, tout peut changer. Le seul effort est d’ouvrir son porte feuille et plusieurs fois de suite. Le mensonge et la culpabilité est un sacré de commerce. La chirurgie plastique va même surfer sur la vague pour charcuter tous ceux mal dans leur peau. Le temps passe et les gens qui se suicident, meurent sur la tableau d’opération s’accumulent. Jusqu’à quand faudra t’il accepter cela pour évoluer? Le changement est possible maintenant si chacun apprenait la tolérance, l’acceptation des autres et l’écoute sans jugement.

Les deux auteures proposent des petits paragraphes thématiques avec des sources, des informations précises, des chiffres, des statistiques, des études… Un livre qui ne peut laisser aucun lecteur.e insensible. La question qui se pose est est-ce que quelqu’un avec des aprioris va ouvrir cet ouvrage? Qu’est-ce qui pourrait le faire évoluer? Ou faut-il se résoudre à accepter que seuls ceux convaincus le liront? Une dose d’espoir devient nécessaire pour croire à des lendemains plus tolérants. Pour permettre de monter sur la marche de la diversité comme ressource, les bibliothèques scolaires et médiathèques vont devoir l’acheter et le mettre à disposition. D’ailleurs, pourquoi ne pas essayer d’en faire un sujet d’échange avec les auteures? ou de créer des discussions avec des visiteurs? En tout cas, voilà la ouvrage pédagogique et brillant à lire, garder chez soi et à offrir.

Un ouvrage précieux réflexif dans l’air du temps. Et si demain, on arrêter de juger les autres pour mieux ressembler un mouton dans une masse?

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