Je ne suis jamais là – gg

Il n’est pas toujours facile de trouver sa place dans la société. Les temps changent et les gens aussi. Comment s’ancrer à un moment précis et avancer sereinement ?

4ème de couverture
Premier album de l’autrice canadienne gg après plusieurs récits courts, Je ne suis pas là délivre une réflexion subtile sur l’impermanence des choses, la mémoire et l’aliénation. Une jeune femme, immigrée de seconde génération, s’occupe tant bien que mal de ses parents âgés. Seule face à ses responsabilités familiales, elle semble trouver un exutoire dans la pratique amateure de la photographie au cours de dérives urbaines. Au cours d’une balade, elle photographie par hasard quelqu’un qui lui ressemble. Le récit bascule, l’héroïne se retrouvant confrontée à ce que sa vie pourrait être… Formellement, Je ne suis pas là fait à la fois preuve de sophistication et de sobriété. Avec son dessin semi-réaliste aux niveaux de gris profonds, un montage qui semble emprunter au cinéma de la nouvelle vague certains, gg parvient à créer une atmosphère trouble et mélancolique, à nulle autre pareille.

Mon avis
La couverture possède un quelque chose d’attirant. On a envie de savoir ce qui se cache derrière la mélancolie de cette jeune femme. Son visage côté lumière se complète avec celui de son ombre, comme si une dualité complice existait. Il n’en faut pas plus pour avoir envie d’ouvrir la bande dessinée. Et aussitôt on retrouve ce style de dessin numérique très épuré, avec des aplats et un jeu avec le noir, blanc et gris. L’artiste va directement à l’essentiel. Pour son récit aussi, elle ne va pas s’étirer en longueur avec ces différentes étapes dans son ressenti, sa difficulté à trouver sa place, savoir qui elle est. C’est assez épuré ce qui déroute quand on lit des bandes dessinées plus traditionnelles. On comprend le trouble du personnage principal, sa tristesse, son mal-être et sans beaucoup de mot. Pourtant, on peut se sentir un peu troubler par cette approche car le lecteur arrive déjà dans une histoire qui a débuté et se continuera sans lui. On partage un moment de vie, intime, triste et solitaire. Pas le temps de s’attacher, de comprendre, d’accompagner, on est laissé en simple spectateur qui constate. Difficile alors d’être totalement convaincu malgré le nombre de points positifs. Aucun doute que l’on ne sort pas totalement indemne de cette lecture.

Une bd aussi étonnante qui ne laissera personne totalement insensible à la mélancolie d’une jeune femme. 

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