Extinctions, le crépuscule des espèces – Jean-Baptiste de Panafieu et Alexandre Franc

Vous êtes peut-être septique sur le changement climatique. Alors partons ensemble à la découverte du crépuscule des espèces. L’Extinction a débuté ce qui n’est pas une fin en soi.

Direction Heyerdahl Island dans l’océan Arctique début juillet. Les voilà déposés sur la terre ferme jusqu’au mois de septembre coupé de la civilisation, « on va devenir fous de solitude! S’entretuer, se dévorer les uns les autres… il y a des précédents dans les expéditions polaires… » Emma n’avait pas pris en compte qu’il n’allait pas avoir de nuit car c’est l’été boréal. Qu’importe, au lieu de monter sa tente avec son cameraman Luis, elle va à la rencontre de ces compagnons d’aventure. « Je m’appelle Alice et je travaille sur les effets du réchauffement climatique sur la faune et la flore des régions arctiques. » Elle a ces côtés Yann, le botaniste, Charlotte spécialiste en biologie marine et Sven et Trygve des spécialistes des fossiles. Emma va les suivre pour faire un documentaire. L’exploration des sols et l’analyse des animaux permettent de voir l’évolution du monde. L’idée que Dieu a créé la Terre d’un coup et que tout est parfait est remis en cause. Ces animaux dans le sol ne sont pas issus du Déluge mais d’une longue et lente évolution. « On connaît environ 250 000 espèces fossiles, mais on pense que la Terre a vu naître des centaines de millions d’espèces! Et 99,9% d’entre elles sont aujourd’hui éteintes… » Eventuellement d’autres vont aussi disparaître car Emma à amener sa chatte, une prédatrice affamée. Le monde est une succession d’extinction et une nouvelle se profile. D’ailleurs, c’est pour cela que la demoiselle est présente. L’homme a détruit des espèces naturelles comme la baleine ou le cachalot en voie de disparition. Allons voir la star du lieu avec le rhinocéros laineux, tout jeune et momifié. Notre journaliste s’imagine déjà l’animal en pleine vie car il est plus près de notre ancêtre, l’homo sapiens. Progressivement, on apprend à mieux cerné pourquoi l’animal est mort, depuis quand… La progression de l’Homme, son évolution réduit la variété d’animaux. Comment s’adapter à l’être humain et les profits?

Très vite Alexandre Franc nous emmène au coeur de ce lieu singulier. Trois mois dans un lieu isolé permet de mieux étudier sa faune, sa flore et les chercheurs. On rencontre dès les premières pages toute l’équipe qui ont chacun des objectifs à atteindre pour mieux comprendre. Notre héroïne très vite se démaque avec sa grosse veste jaune et son bonnet à pompon rose. Sa maladresse est l’opportunité de parler de la nature sur des points particuliers. Ainsi Yann donne des informations sur les ours que l’on ne peut même pas tuer s’ils venaient à les attaquer. « Jusqu’aux années 1960, ils ont été chassés sans aucun contrôle. Puis leur chasse a été de plus en plus encadrée. Mais aujourd’hui, avec le réchauffement climatique, ils sont à nouveau menacés. » Les étés sont plus chauds, plus longs et par conséquent il est plus difficile de se nourrir. Des changements qui touchent tout le monde. D’ailleurs, c’est pour ça qu’ils sont là, pour étudier le changement climatique grâce à une approche originale, réaliste et très pédagogique. On découvre des restes de trilobites, cheiropyge, gorgonops, rhinocéros laineux… pour bénéficier d’une leçon complète d’évolution des espèces. « Après 5 extinctions majeures, nous sommes peut-être en train d’assister au début de la sixième! » Au fur et à mesure des pages, on nous présente tous les animaux qui ont disparu à cause de la surconsommation, la surpêche des espèces, la pollution, les produits toxiques… Néanmoins on garde une trace de leur passage dans des livres, avec des squelettes, des dessins, des photos, des prélèvements, dans des musées… Au niveau graphique, les thématiques sont bien amenées avec une planète qui se recouvre progressivement . C’est malin de montrer ainsi l’évolution. Tout comme l’ensemble de l’oeuvre stylisée avec l’approche descriptive et humaine. Surtout que tout est très bien expliqué avec des sources. « L’océan est le dernier milieu naturel dans lequel nous prélevons massivement notre nourriture. 75% de la surface des mers sont exploités de façon industrielle, et chaque année, les pêcheurs capturent environ 120 millions de tonnes d’animaux marins ». Jean-Baptiste de Panafieu et Alexandre Franc nous proposent vraiment une prise de conscience audacieuse, hardie et urgente. Sans jugement et avec des arguments pour changer notre regard et notre comportement.

Une oeuvre qui ne peut que convaincre les plus hésitants sur la modification de notre environnement par l’activité humaine. Eventuellement, un jour l’Homme aussi finira dans un musée exposé par des robots qui parlent de notre espère qui aura disparu.

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