Cent mille ans, Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires – Gaspard d’Allens, Pierre Bonneau et Cécile Guillard

Les déchets nucléaires voilà un sujet sensible qui amène beaucoup de discussion. Et le débat est d’autant plus vif quand on passe de la théorie à la pratique. Mais est-il possible de résister à une volonté de l’Etat ?

Connaissez-vous Bure ? Un petit village comme il y en a tant en France. On n’y vient pas passer ces vacances, on ne vient pas déguster une spécialité régionale et on n’y envoie pas de cartes postales. Par contre, elle a un grand intérêt pour l’Etat plutôt pour les entreprises privées soutenues par l’Etat. On ne trouve aucuns matériaux rares dans son sol. Bien au contraire, on veut y enfouir à 500 mètres sous terre 85 000 mètres cubes de déchets nucléaires pour y passer les cent mille ans à venir. Seulement voilà, des irréductibles gaulois s’opposent aux projets. Bure devient l’image d’une lutte sociale et écologique qui n’est pas du goût du gouvernement. Le président de la république a décidé de miser tout sur le nucléaire et ce n’est pas quelques citoyens qui protestent qui va changer ses projets. Lui à tous les pouvoirs et va faire en sorte de détruire la résistance de l’intérieur.

Une brigade de gendarmes créé pour les circonstance reste sur place pour effectuer des contrôles perpétuels à tous les habitants, avec mise sur écoute de tout le monde, suivi des déplacements, arrestations, jugements allant toujours dans le sens de la gendarmerie. La guerre morale débute et il faut tous les dissuader d’agir même pacifiquement. Ne sont-ils pas des terroristes écologiques qui veulent la faillite économique de la France ? Tout est bon pour tuer la révolte. En effet, les associations qui luttent pour les droits de l’homme et des ONG dénoncent cette violence inappropriée. Qu’importe, l’Etat est le roi. Cegéo et l’Andra (agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires) ont déjà bien déminé le terrain pour éviter toute résistance des élus locaux, association de chasseurs, de nombreux agriculteurs… C’est fou ce que l’on peut faire à coup de millions d’€. Pourtant certains ne se laissent pas acheter. Quel dommage. Que va-t-il se passer pour les dégager ? Affaire à suivre.

Certains en voyant la couverture vont dire tout de suite que l’histoire n’est pas neutre, qu’un angle a déjà été choisi. Il est bien naïf de croire qu’il est possible de rester neutre. En effet, notre trio n’est pas pour l’enfouissement des déchets nucléaires. Toutefois, cela ne veut nullement dire qu’ils ne peuvent expliquer les faits tout en étayant leurs arguments. Gaspard d’Allens et Pierre Bonneau sont des journalistes qui veulent comprendre les rouages des choses. Ils ont enquêté 2 ans. Et quand cela touche les intérêts de la France ce n’est pas très glamour ce que l’on peut trouver. Mais rassurez-vous ce n’est jamais l’état directement. Il passe par des entreprises privées qui savent très bien remercier les gens qui faut comme il faut. Les millions d’€ ne tombent pas du ciel. Rien de tel qu’un peu de corruption pour faire tomber les réticences. Le problème vient de citoyen, d’habitant qu’il va falloir amadouer autrement. On prive un agriculteur de son matériel pour travailler dans ces champs, on interdit d’aller dans un département alors que des routes de ce dernier passe à côté de chez lui, on interdit les gens de se voir sous peine de poursuites judiciaires… L’arsenal judiciaire à de la ressource pour casser les plus téméraires. Le souci est quand les médias commencent à mettre le nez dans les faits. Il y a un risque d’entâchement à ce si noble projet. On s’en fou de la pollution, de la nature, de la protection des citoyens… On avisera quand il sera trop tard pour agir.

Cécile Guillard nous emmène dans ce récit de la première à la dernière page sans jamais nous lasser, bien au contraire. Donner vie à une enquête est un gros travail surtout si l’on souhaite garde le lecteur captif et curieux. Elle trouve de façon judicieux de glisser les sources à toutes les citations ou contextualisation. Le dossier de fin permet de mieux cerner l’ensemble des enjeux écologiques et politiques. Deux termes à l’importance non négligeable au vu du projet. Tout est fait pour que l’on comprenne et une colère sourde raisonne au fur et à mesure de la lecture. Il n’y a aucune discussion, consensus, échanges avec les citoyens. Déjà l’argent puis le passage en force et après on avise. Le système est pourri du haut en bas de la pyramide. Toutefois cela ne veut pas dire que l’on ne peut rien faire si l’on n’est pas d’accord. Il faut lutter. C’est difficile mais pas impossible.

152 pages d’enquête en bande dessinée qui sauront vous sensibiliser à un scandale d’Etat.

 une enquête de Reporterre et Mediapart

Ligue des droits de l’homme parle de « harcèlement » des opposants.

Andra publiait avec des élèves de l’école Estienne une BD numérique

2 réflexions sur “Cent mille ans, Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires – Gaspard d’Allens, Pierre Bonneau et Cécile Guillard

  1. On enfouit nos merdes et puis, basta, que les autres tirent leur plan avec ça :/ L’Homme est ainsi, un gros dégueu.

    J’ai suivi l’affaire de Bure dans le Canard… Mais je note cette bédé !

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