Comment (bien) rater ses vacances – Anne Percin

Faire de la rando en Corse avec ces parents ? Même pas en rêve pour Maxime et Alice. Où vont-ils passer leur vacances d’été alors ?

En voiture, leur mère leur dit : « Cette année, on part en randonnée en Corse, les enfants ! » Voilà une proposition qui n’a rien d’enchanteresse. Surtout pour un adolescent de 17 ans qui en a marre d’être avec ces parents. A sa grande surprise, sa petite sœur montre ouvertement sa désapprobation à ce projet, ce qui lui plaît beaucoup. Le sujet sera de nouveau mis sur la table le soir en compagnie du père de famille. Maxime est assez content du tournant que prend la conversation. Alice arrive a négocié de partir en colo avec son amie Lou. La ville pourra même participer au financement. Et lui alors ? Aucun pote qui chez qui squatté. Et s’il allait passer du temps chez sa grand-mère au Kremlin ? Pas au Kremlin à Moscou mais le Kremlin-Bicêtre, en Ile-de-France. C’est entendu comme ça. Glande et crêpes à volonté sont au programme. Pouvait-il rêver de mieux ? Au début, il passe un peu de temps avec sa grand-mère avant de s’enfermer dans sa chambre devant l’ordinateur. Mais voilà qu’un jour une drôle d’odeur monte dans sa chambre. Il retire du feu ce qui crame. Où peut-être sa grand-mère ? Quel choc pour lui de la voir couchée au sol, inconsciente. Vite, il compose le 15 qui fait venir une ambulance en urgence. Que va-t-il devenir avec sa grand-mère à l’hôpital ? Pourquoi ces parents restent-ils injoignables ? Pourquoi Lou et Alice se sont-elles disputées ? Rien de positif ne peut ressortir de cela ? Bien entendu que oui avec des liens familiaux plus fort et surtout un premier amour.

L’éditeur Rouergue a bien fait de sortir en poche ce premier roman d’une tétralogie. L’image de couverture réalisé par l’infographiste Cédric Cailhol avec ce le fond bleu canard tape tout de suite à l’œil. Un choix très judicieux de modernisation, dommage que cela ne concerne que le premier tome adapté en poche. Avec l’ancienne couverture, aucun doute que je n’aurai pas fait attention. Puis, il y aussi ce choix impertinent de résumé mis en quatrième de couverture. Une lettre fictive de Maxime à ces parents : « Si jamais vous ne reveniez pas, ce serait sympa de m’envoyer un mandat parce que la prostitution masculine, ça marche pas trop dans le quartier. Bon, ben je vous laisse, c’est l’heure de ma piqure d’héroïne. » Ce ton m’a tout de suite séduite, il fallait que je me plonge dans ce roman. Et une fois ouvert, je l’ai dévoré d’une traite. L’adolescent est adorable tout comme sa mamie et toute sa famille. On se prend au jeu de la grand-mère qui passe d’en pleine pot à coucher sur un lit d’hôpital ainsi que du jeune accro aux pizzas et chips qui tente de cuisiner des légumes et de la viande. On sourit et on rit des situations les plus improbables et surprenantes des unes, des autres. Quand on arrive à la fin, une seule envie vient vous titiller : trouver la suite.

L’auteure met dans la bouche de Maxime de très nombreuses références culturelles telles « Le cri » de Munch, Mesrines, les Pixies, Champollion, Boris Vian, Supergrass, la motown, Noam Chomsky, l’école des fans, le magazine Détective, Carter et Toutancarton, le label rouge, PLS, Vidocq, San Antonio… Aucun adolescent dans ma famille âgé de 17 ans ne connaît une seule de ces références. Déjà lire un roman par an pour l’école est une épreuve insurmontable. Et je doute que même les plus grands qui vont jusqu’à 26 ans n’en connaissent le quart. Il doit bien en avoir qui ont la curiosité de chercher autre chose que la conformité, le culte de l’apparence et les jeux vidéo. En existe-t-il beaucoup ? En tout cas c’est plaisant de lire un roman pour adolescent si riche, intelligent et drôle. Impossible de ne pas s’attacher à cette fratrie que j’ai hâte de retrouver. J’ai déjà commandé la suite. Et peut-être que je vais faire la suggestion à la médiathèque afin que de jeunes lectrices et quelques lecteurs puissent s’émerveiller en rigolant.

Pépite jeunesse à lire absolument. Attention, risque d’addiction à la famille Mainard.

2 réflexions sur “Comment (bien) rater ses vacances – Anne Percin

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