Une année sans Cthulhu – Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse

Que diriez-vous de faire une plongée dans les années 80 ? Une autre façon de revoir l’époque sous un autre angle que « Stranger Things ». Un pur produit 100% français avec un clin d’œil à Lovecraft, prêt pour la rencontre du troisième type?

Trois ans après l’étonnant « L’été diabolik« , le duo Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse revient avec une nouvelle création. Comme à leur habitude, ils savent trouver aussi bien le scénario que le graphisme des éléments pour dérouter le lecteur. Car tenez-vous bien à votre siège, vous allez faire un bon dans les années 80, coupe de cheveux et musique dans le vent, d’époque garantie. Sans oublier les références à l’éclosion des jeux de rôle et les débuts de la science-fiction au cinéma avec par exemple« Tron » qui seront au cœur du récit. Alors ne vous attendez pas à quelque chose de planplan, de toute façon, ils ne savent pas faire.

Une chose intrigue dès la couverture avec cette référence à Cthulhu de la nouvelle « Appel de Cthulhu » de Howard Phillips Lovecraft. Un monstre enfermé sous terre qui appelle l’humanité au meurtre est maintenant populaire, au moins dans l’évocation comme le jeu vidéo : Call of Cthulhu. Maintenant, on sait que l’on va partir pour une aventure assez singulière. Alors maintenant qu’on sait, ouvrons la bd et partons dans une petite ville du Sud-Ouest de la France, Auln-sur-d’Arcq, où des adolescents jouent à un jeu de plateau dans un cimetière, une petite binouze à la main.  « … la dernière copie d’une monstruosité cinématographique fabriquée par des fous dans les caves de l’asile d’Arkham… et dont la vision suffit à transformer les spectateurs en zombies. » Ils vivent leur quotidien d’ados rebelles avec les mèches au vent, les walkmans, les mobylettes et les jeux d’arcade dans les bars.

L’arrivée d’une jeune et mystérieuse demoiselle au lycée va tout bouleverser. Elle se prénomme Mélusine et son père est druide. Voilà que cela pique la curiosité de certains qui veulent en savoir plus sans oublier quelques filles jalouses de son charisme. Surtout cette adolescente borgne qui sent qu’un grand pouvoir habite cette fée pas si innocente. Les malheurs se succèdent un toit qui s’écroule suite à une tentative de suicide, un accident de voiture avec un coma puis une famille presque totalement massacrée… Rien de cela n’est dû au hasard, alors à quoi ou à qui ? Samuel, Henri, Marie et Oriane vont être à un tournant de leur vie qui changera leur destinée. Derrière une impression d’irréel, de mystique se cache peut-être des forces surnaturelles qu’il ne faut pas oublier. Cela dépend aussi si vous voulez rester envie et dans quelle condition, c’est à vous de voir.

Je n’en dirais pas plus pour ne pas dévoiler les rebondissements. L’important est dans deux choses : la richesse du scénario et l’originalité du graphisme. Le scénario est assez bien tissé surtout face à la complexité des énigmes et la personnalité des personnages. Rien n’est laissé au hasard afin de mieux nous cueillir au détour d’une page. Et puis ce graphisme qui détonne avec ce style si atypique que je qualifierais de retro-moderne. Les aplats de couleurs nous plonge à la fois dans les années 70 tout comme dans notre époque où l’ancien devient nouveauté. Un genre qui permet à merveille d’intégrer le flipper avec son jeu en 2d Qix des années 81, qui est resté dans les mémoires de certains geeks. Et à la fois, c’est idéal pour une plongée dans des contes mythologiques peuplés d’êtres étranges. Un mélange harmonieux qui fascine comme il pourrait déranger certains puristes. Ne parlons pas du choc que cela pourrait produire chez les fans de l’école de Marcinelle ou de la ligne claire. Pour les autres, laissez-vous tenter par cette aventure qui pourra évoquer votre jeunesse ou découvrir c’était quoi avant pour les plus jeunes.

Mettre votre casque, écoutez les Bérurier noir afin de vous mettre en situation dans ce flash-back.

4 réflexions sur “Une année sans Cthulhu – Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse

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