Vers la beauté – David Foenkinos

La beauté d’une œuvre peut être salvatrice d’un sentiment de perte. Il faut juste trouver la peinture, le dessin, la sculpture qui va vous insuffler une nouvelle dynamique de vie. Antoine Duris va chercher celle qui apaisera son cœur meurtri.

Tout commençait bien dans le roman. Un professeur émérite de l’école des Beaux-Arts de Lyon décide de tout plaquer pour écrire un roman. Il monte sur Paris et s’installe dans un tout petit appartement. Maintenant, il est gardien de salle au musée d’Orsay et surveille des œuvres d’une rétrospective de Modigliani. Un peintre qu’il connaît puisqu’il a fait sa thèse sur lui. Avant il était capable de parler, d’enthousiasmer ces étudiants sur l’histoire de l’art mais aujourd’hui, il cultive l’art du silence. Quand une interaction sociale s’offre à lui il tente de la fuir de son mieux. Jusqu’au jour où il échange avec la RH, Mathilde Mattel. Quelque chose d’inexplicable l’attire chez cette femme. Etre à ces côtés est une forme d’apaisement. Etrangement, elle ressent aussi la même chose. Peut-être que parfois les solitudes se croisent et n’ont pas besoin de se parler pour se comprendre. On sait que quelque chose à traumatiser Antoine Duris et ce n’est pas sa séparation avec sa compagne, Louise. Mais quoi ?

C’est alors que David Foenkinos avec sa douceur nous mène vers l’horreur. Sa plume légère, pleine de délicatesse m’avait déjà séduite dans précédents romans. Il m’a fait sourire dans « Le Potentiel érotique de ma femme » avec le mari qui s’excite en regardant sa femme faire les vitres. Il m’avait touché avec « La délicatesse » avec une tendre histoire d’amour. Il m’a fait vivre une aventure avec « Le mystère Henri Pick » pour trouver l’auteur d’un fabuleux manuscrit. Et là, il me trouble quand il me fait rencontrer une étudiante en art, talentueuse et très fragile. Une rencontre frontale, brutale qui tranche. La raison du changement dans le comportement est là, au sol. On connaît son prénom, son nom mais pas encore sa mésaventure. Une adolescente avec parfois des idées noires qui un jour rencontre l’art. Un déclic qui la pousse à se découvrir une passion pour la couleur, le dessin, les artistes, les mouvements picturaux… Une tigresse sommeille en elle jusqu’à un jour où tout bascule. Le temps passe et l’art la sauve encore. Par chance, son professeur l’a soutien et l’incite à continuer car le talent sommeille au bout des doigts. Tout allait pour le mieux quand un fantôme du passé refait surface. Et quand un monde bouscule tout s’effondre et les larmes coulent.

Impossible de fermer le livre sans avoir tout découvert sur Camille, sur sa famille, sur Antoine… Les courts chapitres se suivent et ne se ressemblent pas. Je me sens touchée par tous ces personnages ébranlés, sincères, touchants. J’entre en résonance avec leur souffrance, leur manque, le vide… Qui n’a jamais perdu un être cher qui vous manque, devoir avancer avec une déchirure au cœur… L’auteur trouve toujours les mots juste sans tomber sans l’excès, dans la facilité, l’émotion gratuite. Chaque mot posé est une invitation au partage, à l’écoute, à l’empathie. Quand on arrive à la fin du roman, on peut reprendre son souffle et sourire à la vie. On ne reste pas indemne face à temps à cette histoire bouleversante. On en ressort triste et à la fois plein d’espoir.

David Foenkinos montre encore une fois sa capacité à sublimer l’être humain dans sa force, sa peur, sa résilience et sa témérité. Il sait montrer le chemin « Vers la beauté ».

L’avis de Natiora : « Je suis sortie de cette lecture comme si je venais de terminer une barbe à papa. C’est couleur vieux rose, doux, cotonneux, sucré et c’est ce que je retiens malgré les boules de tristesse qui collent aux doigts et dont on a du mal à se débarrasser. Le charme a opéré pour moi  »

L’avis de Folavrilivres : « Vers la beauté est un roman énigmatique, qui oscille entre ombres et lumières. J’ai été secouée et certains passages sont poignants, mais je ne suis pas parvenue à adhérer totalement à l’intrigue, à y croire tout à fait. »

Une réflexion sur “Vers la beauté – David Foenkinos

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