Amerigo – Stefen Zweig

L’Amérique doit son nom à Amerigo Vespucci. Mais a-t-il vraiment été le premier à découvrir ce territoire ? Et si au final toute son histoire n’est qu’une grosse méprise ?

Stefen Zweig connu pour ces nouvelles est également un grand biographe. Faire des recherches ne l’a jamais effrayé. Lorsqu’il arrive aux Etats-Unis, il s’interroge sur le nom de ce continent. C’est alors qu’il va mener une enquête dont les réponses vont être étonnantes. On croirait que les fake news restent un phénomène moderne mais Stefen Zweig va montrer avec précision que ce n’est pas une invention récente. Etes-vous prêt à des révélations qui sauront vous surprendre? 

De nos jours, on sait très peu de choses sur Amerigo Vespucci. Il a adressé au Médicis des courriers parlant de voyages qu’il a réalisé où il évoque un nouveau monde. Des lettres relatants quatre voyages avec de nombreux détails sont publiées et signées d’un certain Amerigo Vespucci. Le succès est immédiat. Le texte s’achète, se traduit dans plusieurs langues et voyage même à l’étranger.

Et voilà qu’il arrive dans le tout petit Duché de Lorraine, à Saint Dié dans les Vosges. La ville fourmille de personnes intelligentes qui réfléchissent au monde. L’ouvrage de référence est « Cosmographia » de Ptolémée n’est plus à jour au vue du nombre de pays découverts. Il va falloir l’actualiser, l’imprimeur Gauthier Lud se lance dans l’aventure. Pour tracer les cartes, il va faire appel à un jeune brillant mathématicien géographe : Martin Waldseemüller. Ces cartes feront références pendant des décennies. La partie rédactionnelle en latin est en charge par Matthias Ringmamm. Jean Basin humaniste et traducteur se charge de rassembler les éléments pour alimenter le contenu. En 1505, il avait publié « Mundus Novus » à Strasbourg sous le titre de « De Ora Antartica ». Alors c’est normal que ce texte doit s’inclure dans ce recueil de cartes, encore méconnu en Allemagne. Toutefois, il va y apporter quelques modifications. Le destinataire de cette découverte est simplement le généreux et courageux roi René de Lorraine, du duché de Lorraine. 

Le 25 avril 1507, le livre se trouve dans une foire aux livres. On peut y lire dans le chapitre 5 qu’Amerigo Vespucci est le découvreur d’un nouveau territoire. Et Martin Waldseemüller mentionne la quatrième partie de la terre « que l’on pourrait appeler désormais terre d’Americus ou America, puisque c’est Americus qui l’a découvert ». Le mot « Amérique’ apparaît même sur la carte. Quinze ans plus tard, le nom Amérique figure encore sur les cartes même si l’on a juste pour l’instant l’Amérique du Sud. En 1538, le grand cartographe Mercator dessine un territoire avec l’Amérique du Sud et du Nord sous le nom d’Amérique. Au 16ème siècle, uniquement Michel Servet, mi-fou et mi-génie remet en cause ce nom. Il aura une triste fin puisqu’il sera mis au bûché par Calvin. Peu de temps après, l’évêque Las Casas remet en cause le fait ait été le premier à mettre le pied sur un nouveau territoire. Il va se servir d’une traduction erroné de l’édition 1507. Car dans les courriers c’était noté qu’Amerigo arrivait à Lariab qui a été malencontreusement traduit par Parias, qui veut dire continent. Ainsi il y serait arrivé en 1497, soit un an avant Christophe Colomb. 

Au 17ème siècle, la polémique prend de l’ampleur. Amerigo Vespucci devient un menteur et des récits des moins flagrants se propagent. Christophe Colomb redevient le découvrir des Amériques qui aurait du se nomme alors « Colombie ». Au 18ème, son nom fait l’objet d’une revalorisation. Stefan Zweig a étudié tous les documents qui sont assez mince. Au final, après tant de retournements de situation Amerigo Vespucci n’a jamais rien demandé, ni revendiquer. C’est un homme modeste et simple. Un proche de Christophe Colomb qui l’a toujours soutenu pour ces périples et qui l’a aidé à trouver des fonds pécuniers. La rivalité entre les deux hommes a pris naissance après leurs décès. Et il n’a jamais écrit ces lettres. Tout ça pour une méprise et une falsification d’identité.

Voilà une histoire qui méritait bien une enquête. Attention, préparez-vous à dévorer un récit palpitant, improbable et vrai. 

L’avis de Malecturothèque : « Alors voilà, le récit est court (un peu plus d’une centaine de pages), on navigue en eaux troubles, démêlant, guidé.es par l’auteur, le vrai du faux, et on se plonge dans le XVe siècle avec ses découvertes.  »

Mon avis sur Lettres d’une inconnue

6 réflexions sur “Amerigo – Stefen Zweig

  1. Pingback: Challenge lecture 2018 – 200 chroniques livres | 22h05 rue des Dames

  2. Amérique était mieux que Vespucci(que), ils ont bien fait de prendre le prénom et pas le nom de cet homme.

    Un sujet qui m’intéresse et je noterais bien ce petit livre afin de me coucher moins bête (si c’est possible :p )

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