Les zombies – Tome 19 – Philippe Charlier et Richard Guerineau

Vous croyez tout savoir des zombies grâce à Georges A. Romero ou à la série Walking Dead ? Et si tout ce qui vous a été raconté n’était que pure fiction ? Philippe Charlier et Richard Guerineau vont vous faire des révélations qui vont vous surprendre.

Comme La Petite Bédéthèque des Savoirs ne s’interdit aucun sujet, il ne faut pas s’étonner de trouver un tome consacré aux zombies. Mais pour en parler, il faut un spécialiste. C’est Philippe Charlier, médecin légiste, anatomo-pathologiste et paléopathologiste qui sera choisi. Sa passion reste la compréhension du monde et pour cela il relève de nombreux défis. Par exemple, en 2010 il a participé à l’enquête pour l’authentification de la tête d’Henri IV. Il écrit de nombreux livres scientifiques sur des sujets très variés. Il a même sa propre émission sur Arte, Enquête d’ailleurs, pour mieux comprendre le passé. A ces côtés, un dessinateur de bd Richard Guerineau connu pour sa saga Le Chant des Stryges (sur scénario de Corbeyran) et aussi en reprenant un épisode de la série XIII, en adaptant le Charly 9 de Jean Teulé et sa suite Henriquet, l’homme-reine. Il apporte sa touche d’imagination pour accompagner le texte.

Une fois les deux talents réunis, il faut raconter une histoire et celle-ci ne manque pas de sel. Lorsque les américains occupaient Haïti, ils ont découvert le culte des zombies et ont ramenés ces histoires chez eux avant qu’elle fasse le tour du monde. Il inspire aussi bien la littérature, le cinéma, les séries… et devient même une icône de la pop-culture. Tout y passe. Le zombie devient le reflet des angoisses liées à une grande période de transition sociale, économique et politique. Mais que se cache-t-il vraiment derrière ces morts-vivants de la culture vaudou ? Qui a-t-il derrière « The zombie survival guide » de Max Brooks et « La nuit des morts-vivants » de Georges A.Romero ? Leur origine est à rechercher dans la culture vaudou (religion syncrétiste) en Haïti où on les appelle les zombis (sans « e »).

Philippe Charlier a choisi de commencer sa présentation en parlant de l’histoire de Clairvius Narcisse, déclaré mort en 1962 et retrouvé bel et bien vivant dix-huit ans plus tard par sa sœur. Ce n’est pas un cas isolé dans le pays. Beaucoup de ces personnes sont réduites en esclavage pour travailler dans les champs de cannes,  garder des enfants ou des malade. Ils ont bien été déclarés décéder. Leur corps refroidit, leur cœur ralentit et devient à peine perceptible, les muscles se paralysent : tout donne l’illusion. Toutefois, la personne a conscience de tout ce qui se passe, même de la mise en terre. La nuit venue, elle sera sortie du cercueil. On lui mettra la tête en bas pour faire affluer le sang dans le cerveau et on lui fouette le corps contre les crampes et les rigidités musculaires. On lui un peut d’antidote comme du jus de jusquiame, du concombre-zombi ou de datura qui vont inactiver en grande partie la tétrodotoxine. Puis, on va donner un nouveau nom à cette personne. Et enfin, on va lui faire prendre d’autres drogues qui vont empêcher de développer son livre-arbitre tel des benzodiazépines, des barbituriques ou la privation de sel. 

Ainsi, souvent sur commande on peut exclure membre de la communauté et le faire mourir socialement. Cela peut aussi être une forme de jugement quand la justice va trop lentement, un tribunal plus confidentiel va émettre une sanction qui peut aller d’un accident, à la mutilation jusqu’à la mort. Cette magie sera même parfois au cœur du pouvoir. Sous la dictature des Duvalier père et fils entre 1957 et 1986, les « Tontons Macoutes », maintenaient un doute sur le pouvoir magique au service de cette terrible milice et de sociétés secrètes. Elle aurait eu des zombis à son service. Cette pratique reste illégale.

Max Beauvoir, biochimiste et spécialiste de la connaissance scientifique du vaudou, qui dans les années 1980, a découvert le poison utilisé. C’est un puissant neurotoxique : la tétrodotoxine (TTX). Elle se trouve le poisson-globe dit aussi Fufu ou Fugu. A cela, il faut rajouter de la bave de crapaud ou du venin de vipère urticant. Le produit ne pénètre pas à travers la peau, il faut alors créer une inflammation locale. Les gens vont se gratter et favoriser la pénétration du produit. Souvent il est déposé à un endroit qui rentre en contact régulier de la personne comme un tapis au pied du lit, accoudoir d’une chaise. La fabrication de ce poison se fait par les bokors, des sorciers puissants qui maîtrisent la magie et la recette secrète de cette poudre. Beaucoup de personnes sont victimes de ce produit qui fonctionne aussi grâce à la croyance dans la religion.

Parfois des individus peuvent sortir de leur état avec l’arrêt des psychotropes ou la réintégration du sel dans l’alimentation. Toutefois, les gens ne redeviennent pas comme avant. Ils peuvent réintégrer leur famille quand ils ont été reconnus par des tiers. Mais l’Etat doit faire face à ces morts qui reviennent dans la société. On ne peut déclarer un mort vivant et faire un contrat de ressuscitation. Toutefois la loi commence à changer et on peut adopter la personne. Mais le mythe crée aussi d’autres zombis. Il y a ce que l’on appelle le zombie psychiatrique, qui sont des individus persuadés d’être décédés. Et le zombi social, qui est une personne qui va remplacer dans une famille une personne disparue et à sa demande. Les membres vont alors lui apprendre l’histoire de leur tribu afin de faciliter son insertion. Cela va jusqu’à lui faire les mêmes marques corporelles ce qui peut poser quelques problèmes lors de souci médicaux. Vous pourrez découvrir plus d’informations dans les bibliographies qui sont proposés en fin d’ouvrage. 

Alors si vous voulez en apprendre plus sur le Baron Samedi, son épouse Maman Brigitte, Papa Legba vous savez quoi lire.

 Arte et Zombis

Les zombies dans notre société
L’Université de Baltimore à mettre en place à partir de 2010, un cours sur les zombies dans le cadre d’une formation sur la culture pop.

Aux États-Unis, la CDC, la plus importante agence gouvernementale américaine en matière de protection de la santé et de la sécurité publique, lançait en 2011 une campagne de sensibilisation et publiait un article expliquant comment se prémunir d’une potentielle invasion de zombies. 

Le Pentagone avait en 2011 imaginé et publié un programme destiné à former les jeunes recrues de l’armée américaine en les initiant aux mesures de survie en cas d’« apocalypse zombie ». Ce plan, nommé CONOP 8888 et élaboré très sérieusement par le centre de commandement stratégique de l’armée américaine, présentait plusieurs mesures d’urgence et opérations militaires visant à préserver les humains « non-zombies » de menaces posées par une horde de morts-vivants »,

 

 

 

3 réflexions sur “Les zombies – Tome 19 – Philippe Charlier et Richard Guerineau

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