Les variations d’Orsay – Manuele Fior

Manuele Fior s’empare du musée d’Orsay pour nous proposer un voyage extraordinaire au cœur de l’histoire et de l’art. Il mêle les époques, les œuvres, les artistes, les rencontres et la rêverie picturale pour mieux nous emporter vers un ailleurs magique. Ouvrons les pages et laissons nous guider. 


4ème de couverture
Les variations d’Orsay suivent les traces de Manuele Fior à travers les salles d’un des plus riches musées au monde d’œuvres du XIXe siècle, tout d’abord gare, devenu ensuite musée. Mais Fior nous entraîne dans une sorte d’histoire de l’Art qui suit l’évolution des peintres dans leur processus créatif, leurs remise en question et leur rencontres…

 


Ce que j’en ai pensé ? 
Tout débute avec l’arrivée d’Odile à la gare d’Orsay pour l’exposition universelle de 1900. Une gare ouverte exprès pour l’occasion, à deux pas du pont Alexandre III, du Petit Palais et du Grand Palais. Une transition maligne pour nous plonger dans ce lieu devenu en 1986 un musée à part entière. Derrière les murs se cachent des peintures où le visiteur actuel peut découvrir « La charmeuse de serpents » du Douanier Rousseau. On est libre d’apprécier ou pas. Puis en continuant notre déambulation, on se perd dans le temps.

Manuele Fior intègre avec beaucoup d’intelligence des scènes de quotidien dans l’histoire qui sont en réalité des tableaux. Comme Degas jeune qui discute avec une prostituée qui est entrain de repasser qui n’est pas sans rappeler « Repasseuses » réalisée entre 1884 et 1886. Ou encore la rencontre d’Ingres avec une jeune fille qui va lui servir d’inspiration pour « La Source ». Il le fait dans le cadre d’un récit structuré qui permet d’aller à la rencontre de ces artistes qui se retrouvent pour discuter de leur art non conventionnel. Leurs peintures sont refusées dans le salon officiel. Alors quoi de plus normal de créer alors leur propre salon qui se déroulera chez le photographe Nadar.

Le dessinateur évoque les conflits et les points de vue d’artistes comme Monet, Renoir, Pissarro, Cézanne sans oublier de citer une des rares femmes du mouvement, Berthe Morisot. Le public vient à ce salon des refusés même si c’est pour crier au scandale. Des sujets non historiques côtoyaient la représentation de la lumière mouvante, des vraies personnes peintes parfois nues et on voyait même des touches de peintures ainsi que de la texture. Ne croyez pas que c’est un cours d’histoire de l’art pour néophyte. C’est juste un aparté pour aller encore dans un autre ailleurs. Pourquoi pas un voyage dans une toile ou suivre un visiteur moderne ou encore rencontrer une surveillante ? 


Ce n’est pas un hasard si le titre se nomme « Les variations d’Orsay ». Il convient à ravir à cette exploration qui ne peut que piquer la curiosité. Le dessin à la gouache invite à cette rêverie les yeux grands ouverts en donnant un aspect chaleureux. Les teintes douces apportent un vrai confort et plaisir de lecture. C’est un vrai régal de tourner les pages et de se laisser emporter. En plus, quelle belle idée de commencer et terminer l’histoire sur une sortie de métro style Guimard qui portent comme noms : Le début et La fin.

Même si les transitions parfois un peu net nous plongent au cœur de peintures ou dans les réserves du musée, inaccessibles au public ou dans les débats houleux des impressionnistes qui ne portent pas encore ce nom. Une lecture qui donne envie d’aller au musée et de découvrir la plupart des toiles citées. Et si vous ne connaissez pas les noms de ces toiles, il suffit d’aller à la fin de la bd où vous pourrez trouver toutes les informations.


Ne rater cette étonnante balade au cœur d’un musée parisien qui saura vous surprendre. L’art prendra vie et l’imagination vous emmena au-delà des mots et des couleurs.

 L’avis de Bricabook : « Une belle manière d’appréhender un musée, dénué ici de poussières, et au contraire criant de modernité.« 

 

Dans la même collection : Moderne Olympia de Catherine Meurisse

2 réflexions sur “Les variations d’Orsay – Manuele Fior

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