La magie lente – Théâtre de Belleville

N’entendez pas par magie des lapins sortants de chapeaux ou autres tours. Il faut y comprendre un lent processus d’un homme qui va à la rencontre de son passé. Un voyage au coeur de ces blessures cachées. Un lendemain plus serein est-il possible?

Tout commence par l’intervention d’un psychologue devant un parterre de ces confrères. Il prend la parole pour parler d’un de ces patients. Un homme qui a subi une erreur de diagnostic et ce pendant 10 ans. M. Louvier avait l’impression d’entendre des hommes qui lui disaient : « Je vais t’enculer ». Cela créait un profond malaise en lui. Le psychologue lui prescrit une dose de médicament et lui annonce qu’il est schizophrène. Le nouveau spécialiste est surpris par les recommandation de l’autre professionnel. L’identification de la pathologie est fausse. L’homme doit alors prendre un nouveau chemin pour comprendre cette peur qui prend de plus en plus d’ampleur. La « magie lente » selon Freud dans La Question de l’Analyse Profane devient efficace et les souvenirs enfuient du passé refont surface. Il faut alors gérer l’horreur de la situation. Des questions alors se posent. Pourquoi personne n’a rien vu? Pourquoi personne n’a rien dit? Pourquoi personne ne l’a protéger? Ces parents l’aimaient-ils? Pour rappel, chaque année, 155 000 enfants sont victimes de viol ou tentatives de viol. Dans 94% des cas les agresseurs font partie de l’entourage de la famille et 54% de la famille elle-même selon l’OMS en 2014 et l’IVSA en 2015.

L’émotion est au coeur du récit qui parle d’un sujet très sensible : la pédophilie. L’histoire est autour d’un adulte qui prend conscience qu’enfant il a été abusé par son oncle. Impossible de ne pas être touché par cette lente découverte de son passé traumatisant. Le texte écrit par Denis Lachaud se veut troublant dans le dévoilement d’un passé volontairement oublié. Quatre ans de souvenirs oublié et le refoulement de son identité homosexuelle. Un point appuyer par la répétition excessive de l’expression : « je vais t’enculer ». Un malaise s’installe. La mise en scène très maligne de Pierre Notte permet à Benoit Giros d’interpréter tous les personnages au plus proche du ressenti. Un jeu de lumière par-ci avec projection d’une fenêtre et un jeu de lumière directe par-là pour la scène chez le psychologue. Les déplacements sont minutés, calculés avec grande précision. Alors le décor reste sobre avec une table, un ordinateur, des verres d’eau et quelques chaises. Juste le nécessaire. L’important se sont les mots choisis avec exactitude qui petit à petit prennent plus de sens pour mieux nous percuter.

Une pièce coup de poing qui ne pourra vous laissez insensible. Ame sensible s’abstenir.

Une réflexion sur “La magie lente – Théâtre de Belleville

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