Atelier d’écriture n°278

La machine à écrire n’est pas en panne? Non?? Ouf, car la géniallissime Bricabook a proposé une nouvelle image pour son atelier d’écriture. Que nous réserve t’elle? 

Parfois lorsqu’on voit une image, des souvenirs remontent à l’esprit. Et quand on a des histoires de famille assez douloureuses, c’est encore plus évident devant certaines photographies. C’est ce qui est arrivé lorsque tu m’as montré cette photographie que tu avais faîtes. Tu trouvais qu’il s’y dégageait quelque chose de nostalgique que tu ne saurais expliquer. Ces grands blocs de béton m’ont fait penser à des structures que l’on construisait parfois autour des camps de concentration. Si parfois les prisonniers arrivaient à s’enfuir de la première zone de rétention, ils arrivaient à la seconde. Le désespoir devenait face à ces zones électrifiées où seul la mort les attendait.

Tu vas te demander pourquoi je te parle de ça. Il y a des secrets dans ma famille, comme dans toutes les familles. Je ne connais pas tout car le poids de la honte et du jugement pèse encore de nos jours. La guerre montre parfois le meilleur côté des gens mais cela montre aussi leurs côtés les plus obscurs.

La seconde guerre mondiale faisait rage. Les allemands étaient arrivés en France. Ma grand-mère était belle et jeune. Elle est tombée amoureuse d’un soldat allemand qui parlait notre langue. L’attirance était réciproque. Il ne comprenait pas cette guerre. Il avait été enrôlé de force. Très vite, ils se sont trouvés des points communs. Puis comme acte de rébellion, il a quitté son unité pour devenir un résistant auprès de la France. Il détestait Hitler et ces idées. Un atout indispensable pour la résistance qui allait pouvoir des informations assez importantes. Très vite, il est devenu un membre important et n’hésitait jamais à se lancer à cœur perdu dans les missions dangereuses. La liberté viendra alors plus vite.

La fin de la guerre se sentait dans l’air. Et les résistants de la dernière minute commençaient à pointer le bout de leur nez. C’est alors qu’il a été dénoncé par ces français si français et lâche. Son unité l’a attrapé grâce aux indications qui leur ont été gentiment données. Une balle dans la tête directement sur la place publique. Ma grand-mère était effondrée de chagrin. Elle devait tenir bon pour son enfant, ma mère.

Quand la fin de la guerre a été annoncée. Ces biens pensants du village sont venus chercher ma grand-mère, l’ont brusqué, l’ont frappé pour mieux l’exposer à la vindicte populaire pour la raser. Elle était devenue une pute de la République. Personne n’a pris sa défense alors qu’elle a combattu dans le secret pour la liberté. Ces braves dénonciateurs se sont mis au bras le bandeau FFL. Ces hypocrites sont devenus les héros. Les haines et les jalousies prenaient encore un nouveau visage.

Ma grand-mère se faisait insulter chaque jour par ceux qui avaient baissé les bras, ceux qui avaient dénoncés leur proche aux allemands, ceux qui avaient donné des fausses informations à la résistance pour la détruire. On lui jetait des pierres, on lui crachait dessus, on l’insultait. Elle était devenue le symbole de la souffrance d’une période de guerre. Mais elle tenait bon pour ma mère et sa famille. Ceux qui avait été envoyé on ne sait où. Puis un jour, elle a reçu une visite. Son frère était mort dans un camp. On lui avait donné des photos du lieu, des cadavres et autres horreurs.

Ma mère a toujours gardé ces photos et me les a souvent montrer pour me rappeler jusqu’où l’homme était capable d’aller. L’horreur n’aura jamais de limite. Quand j’étais majeur, ma mère a décidé de faire un voyage de mémoire. Nous avons visité des camps de concentration, d’extermination, rencontrer des victimes pour échanger nos larmes.

On m’avait souvent appelé à l’école, la fille de la putain. Mais j’en étais fier car dans ma famille on s’est toujours battu contre l’horreur. La stupidité de leurs parents ressortait par leur bouche. Je le saurais toujours,  beaucoup de lâches deviendront des héros et beaucoup de héros et d’héroïnes deviendront juste des fantômes de l’histoire.

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6 réflexions sur “Atelier d’écriture n°278

  1. Un texte confession / témoignage … le dernier paragraphe comme clé de voûte de l’horreur ou presque … Eh bien dis-moi la photo t’a inspirée de terribles images. 😮

  2. Beaucoup d’horreurs dans l’horreur, la délation, la bassesse le manque d’intelligence, enfin bref, tu as bien décrit tout cela et garder la tête haute en sachant au fond du coeur la vérité.

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