Flow – numéro 18

En 2015, un nouveau magazine féminin arrivait dans les kiosques. Flow a tout de suite conquis les lectrices. Deux ans plus tard, on le retrouve toujours en kiosque. Que peut-on trouve dans ce 18ème numéro? 

J’avais publié un billet sur la sortie de Flow en 2015 dans les kiosques. Les blogeuses le lisent avec curiosité et n’hésitent pas parler de leur plaisir de lecture. Le premier numéro m’avait émerveillé par la qualité de ces papiers et des belles images. Mais il m’avait bien déçu au niveau du contenu que j’avais trouvé léger. Y a t’il du nouveau dans le magazine? 


C’est quoi déjà le concept? 
Les magazines féminins riment avec mode, travaux manuels, couture, régime, ragots… Mais le monde féminin peut s’ouvrir à autre chose. L’ère des loisirs créatifs, du fait main, des DIY et des livres positifs prennent de plus en plus de place.

Le magazine Flow est né en Hollande en 2008 par l’éditeur Samona. Il se vend également en anglais dans une vingtaine de pays. Le concept se développe en Allemagne en 2013 par l’éditeur Gruner + Jahr, où il atteint une publication de 140 000 exemplaires au bout d’une année. Alors Prisma Media (Femme actuelle, Capital, Géo…) sent qu’il tient un bon concept. «La ligne éditoriale de Flow surfe sur l’idée qu’il faut oser prendre le temps, quitte à perdre son temps», résume Gwendoline Michaelis, rédactrice en chef. Le 12 février 2015, il arrive en France et trouve très vite son public. 50% de son contenu provient des versions étrangères. 

Tous les deux mois, on trouve pour 7,50€ (augmentation avant 6,95€) environ 140 pages avec des courts reportages, de beaux papiers, de belles images et très peu de publicité. Il se structure en quatre parties : Belles rencontres, Esprit libre, Petits plaisirs et douceur de vivre. Pour l’occasion, un tirage de 160 000 exemplaires a été réalisé. Un investissement qui a couté entre 500 000 et 1 million d’euros. L’objectif est d’atteindre assez vite une diffusion de 80 000 exemplaires, ce qui se fit au bout d’une année. 

Un magazine féminin plus cher qui coûte aussi plus cher à produire avec quatre papiers différents et des goodies en prime comme des cartes postales, des carnets, des guirlandes… Pour la première partie « Belles rencontres » c’est du papier recyclé UPM Star 70gsm matt. Pour « Esprit libre » fait également avec du papier recyclé mais plus jauni, c’est du Book creme 80gsm bulk 1,6. Les deux autres parties, le papier est plus blanc car plus centré sur la contemplation. Pour « Petits plaisirs » qui est consacré au shopping et recettes, le papier choisi fait mieux ressortir les couleurs (Techno plus gloss 115 gsm. Et la dernière partie, « Douceur de vivre », un papier moins lumineux est choisi avec le Graphosilk 90gsm. En plus, les objets qui se décollent ou se découpent, la fabrication demande 6 semaines. 

La différence aussi est dans l’angle choisi. Tout est positif, on parle de bien-être, de détente, de trouver le bonheur rien qui peut stresser la lectrice. Ainsi on trouve des interviews de créatifs, d’auteurs… qui parlent du plaisir de vivre. Le tout avec des illustrations rétros ou poétiques. Besoin de maigrir? Les marronniers sont dans l’autre presse. La cible est pourtant assez semblable avec les CSP + de 30 à 40 ans.

Prisma Media doit être ravie car les ventes sont à la clé. Les chiffres de l’ACPM le montre.

 

 


Et le contenu alors? 
Je n’ai pas trouvé que le contenu était plus intéressant. Des gentils artistes qui sont contents, des gens qui écrivent des livres sur la pensée positive, qu’il faut profiter des moments présents… Bref du bien gentil et mignon du royaume des bisounours.

Les vacances ne sont pas passées comme vous le vouliez? Pas besoin de paniquer. Soyez heureux quand même en profitant des moments avec les autres et de ce qui vous entoure. Changer votre regard et le monde changera autour de vous. Voilà, le dix-huitième numéro commence avec cet état d’esprit que vous trouverez au fil des pages. Vous avez peur de ne pas savoir comment faire? Rassurez-vous une femme va vous parler de son vécu et si vous avez peur de ne pas avoir tout compris, vous pourrez acheter son livre.

Vous avez eu un petit moment de stress quand même? Respirez tranquillement, vous allez rencontrer (très) brièvement 4 artistes : Caroline Ciepielwski, fondatrice d’un concept store végétal à Paris, Jacky Chaigneau, artiste potier, Rachel Segal et Scott Harmer qui travaillent à l’élaboration d’une microlaiterie. Et enfin dans un article un peu plus long, Yolaine de la Bigne, journaliste et écrivaine qui vit dans une ville pleine d’effervescence, Portland. Les images sont plus privilégiés que le contenu.

 

Comme vous venez de lire un peu de textes, il faut permettre à la lectrice de la reconnecté à la réalité. Alors voici quelques conseils d’achats, sorte de publicité moins directe. Pour faire moins communication, on vous conseille des livres tous gentils et tout récent.

Maintenant, repassons à la pensée positive à travers le témoignage (à nouveau) d’une femme qui a fait une retraite silencieuse et qui s’est retrouvée. Si vous souhaitez en savoir plus, on vous conseillera des pistes de lecture. Si vous doutiez de la pensée positive, on va vous l’expliquer et vous dire pourquoi c’est mieux de pensée ++ que -. Comme vous venez de lire encore beaucoup de texte, il vous fait une petite pose shopping. Mais gardez à l’esprit qu’il ne faut pas trop non plus trop de choses chez soi. On vous l’expliquera juste avant dans « Les souvenirs vivent longtemps que les choses ». Et puis aussi un peu après, à travers le témoignage d’un couple qui a tout vendu pour voyager dans le monde.

Les femmes sont plus consommatrices de culture que les hommes. Alors il faut en parler un peu avec une présentation de Sonia Delaunay que j’ai bien aimé. Un article court certes mais un très beau travail rédactionnel pour parler de l’essentiel. Et aussi, un article sur la faïencerie de Gien, alors je m’attendais à l’histoire de cette faïencerie et de son renouveau. Cependant, c’était le portrait d’une femme, Marielle Hénon-Dhuicque, qui a redonné une nouvelle jeunesse aux produits crées.

 

Et pour finir, la mélancolie, c’est bien aussi et si vous en doutiez, on va vous expliquer pourquoi. Si cela vous a un peu surprise, pourquoi ne pas faire de la confiture? Quelques pages illustrées vont vous dire comment faire juste avant. Et pour finir en beauté, deux pages pour vous dire que le bonheur est une questions de choix et non de destinée écrite.

Quelques photos instagram, une page pour s’abonner et la lecture est enfin terminée. La lecture est toujours un ravissement pour les yeux et le touché. Mais les articles sont toujours aussi léger et très gentillet. Il manque de la consistance comme beaucoup de magazine de féminin. La femme ne s’intéresse pas uniquement à son corps et aux apparences comme le vendent la plupart de la presse spécialisée mais elle peut aussi réfléchir, comprendre, analyser… Il y a des femmes exceptionnelles qui font des choses extraordinaires qui méritent d’être mise en avant. Encore une lecture décevante pour le contenu. Maintenant, je vais pouvoir découper les images pour reprendre la matière pour créer cartes et enveloppes. D’ailleurs, il y a un lot de cartes postales qui vont prendre une nouvelle vie. Il y a quand même des points positifs à ce magazine même si ce n’est peut-être pas celui fixé par le distributeur.

Si vous aimez les beaux magazines, avec des textes tout gentils, ce magazine est fait pour vous. Pas de prise de tête dans la lecture. Vous pouvez arrêter quand vous voulez. On ne vous fera jamais culpabiliser sur votre look ou votre largeur de bassin. Vous aimez le beau papier et les belles mises en page, vous trouverez également votre bonheur en tournant les pages. Mais si vous vous apprendre des choses, vous enrichir, trouvez autre chose à lire.

3 réflexions sur “Flow – numéro 18

  1. Je suis d’accord avec toi, la revue est très belle (mais un peu chère) et les articles sont trop légers et superficiels… Je préfère Simple Minds qui est plus cocooning mais on se lasse de sa lecture aussi au bout d’un moment… Pas facile les revues féminines culturelles !

    • Je ne connais pas Simple Minds. Je vais essayer de trouver et chroniquer alors 🙂
      Revue féminine et culturelle, c’est assez difficile. Il devrait en avoir une vraie car se sont les femmes les plus consommatrices de culture. Tu trouveras toujours plus de femmes dans le public au théâtre ou dans un musée. Nous sommes trop forte 🙂
      On va se contenter de lire Historia, Beaux-Arts et compagnie 🙂

  2. Pingback: Bilan culturel de septembre 2017 | 22h05 rue des Dames

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