L’été des charognes – Simon Johannin

L’été cela inspire les vacances, les bons souvenirs que nous gardons pour l’hiver, des grands moments de liberté… C’est une période où tout est presque permis dans une limite du possible. Jouer avec des bouses de vaches, sentir mauvais, se battre en voilà des instants de partage que l’on garde en soi à jamais. Il faut en profiter car on ne sait jamais comment l’avenir sera.


4ème de couverture
Ici c’est La Fourrière, un ‘‘village de nulle part’’ et c’est un enfant qui raconte : massacrer le chien de ‘‘la grosse conne de voisine’’, tuer le cochon avec les hommes du village, s’amuser au ‘‘jeu de l’arabe’’, rendre les coups et éviter ceux des parents.
Ici on vit retiré, un peu hors-la-loi, pas loin de la misère aussi. Dans cette Guerre des boutons chez les rednecks, les bêtes sont partout, les enfants conduisent leurs parents ivres morts dans des voitures déglinguées et l’amitié reste la grande affaire.
C’est un pays d’ogres et d’animaux errants, un monde organique fait de pluie et de graisse, de terre et d’os, où se répandent les fluides des corps vivants et ceux des bestioles mortes. Même le ramassage scolaire ressemble au passage des équarrisseurs.
Mais bientôt certains disparaissent, les filles vous quittent et la forêt finit par s’éloigner.
D’une bagarre l’autre, la petite musique de ce premier roman vous emmènera jusqu’à l’adolescence, quand la douleur fait son entrée et que le regard change, dans les turbulences d’une langue outrancière au plus près du rythme de l’enfance : drôle et âpre, déchirante et fiévreuse, traversée de fulgurances.


Ce que j’en pense ?
Si le titre ne donnait pas tellement d’indication sur l’histoire. Le début du livre est sans appel. On commence par une séance de lapidation d’un chien par deux adolescents dont un qui est le narrateur. Puis très vite, on passe à une séance de repas en famille avec un fromage rempli d’asticots vivants. Les mouches sont fortement présentes dans la maison et pondent partout. Sans oublier une fabuleuse scène dans une grange avec des animaux morts qui pourrissent car l’équarrisseur ne peut pas passer tout de suite.

Vous l’aurez compris, l’univers du primo-écrivain Simon Johannin nous plonge les deux pieds dans la bouse au coeur de la précarité rurale. Un texte brut, vif, violent, cruel, âpre à la poursuivre d’un personnage qui se noie dans sa propre noirceur et son propre chaos. Ce chien qui meurt dès les premières pages ne quittera jamais cet adolescent qui part vers un ailleurs qu’il espère différent. D’ailleurs, la transition entre les deux parties est assez net avec une différence dans la quantité pour le traitement. J’ai été étonnée de la disparité entre la période de l’enfance et sa sortie vers l’adulte. Mais pourtant je n’ai pas pu lâcher ce roman avant d’arriver à la fin. Ce jeune homme de 23 ans a manifestement un grand talent. Il n’y a aucun doute. Je vais continuer de le découvrir lorsqu’il reprendra la plume pour un autre roman. 

L’automne arrive à grand pas. Vous en avez marre de ce soleil qui cogne, alors prenez le chemin vers l' »Eté des charognes ». Un roman français qui n’a strictement rien a envier aux romans noirs américains.

Lire l’avis de Jérôme : « Finalement, L’été des charognes n’est rien d’autre que la chronique d’une enfance rurale. Une chronique certes brutale, écrite avec les tripes, sans fioritures ni scories inutiles mais avec des envolées stylistiques dignes d’une Virginie Despentes au meilleur de sa forme. Un écrivain est né. Il s’appelle Simon Johannin, n’a que 23 ans et m’a laissé sur le cul. Merci m’sieur !  »


Extrait
« Ici c’est La Fourrière, un « village de nulle part » et c’est un enfant qui raconte : massacrer le chien de « la grosse conne de voisine », tuer le cochon avec les hommes du village, s’amuser au « jeu de l’arabe », rendre les coups et éviter ceux des parents.

Ici on vit retiré, un peu hors-la-loi, pas loin de la misère aussi. Dans cette Guerre des boutons chez les rednecks, les bêtes sont partout, les enfants conduisent leurs parents ivres morts dans des voitures déglinguées et l’amitié reste la grande affaire.
C’est un pays d’ogres et d’animaux errants, un monde organique fait de pluie et de graisse, de terre et d’os, où se répandent les fluides des corps vivants et ceux des bestioles mortes. Même le ramassage scolaire ressemble au passage des équarisseurs.
Mais bientôt certains disparaissent, les filles vous quittent et la forêt finit par s’éloigner. »

Lire un plus long extrait

 

 

 

Une réflexion sur “L’été des charognes – Simon Johannin

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