La guerre fait toujours des ravages. Ce n’est pas Jacques Morlac qui va dire le contraire. D’ailleurs, il est en prison en 1919 suite à un acte de désarroi. Pourquoi a-t’il fait cela? C’est ce que va essayer de découvrir le juge Hugues Lantier du Grez.
Jacques Morlac à la fin de la première guerre mondiale revient dans sa petite ville du Berry avec sa Légion d’Honneur. Toutefois, il n’est pas libre. Il est enfermé dans la prison et c’est l’unique occupant. A l’extérieur, son chien l’attend et aboie inlassablement. Le seul moment où il arrête c’est lorsque le juge interroge le prisonnier. Comment peut-il savoir ce qui se passe? Cela reste un mystère.
En tout cas, ce chien surnommé Guillaume est au coeur de l’histoire. Jacques Morlac est envoyé sur le Front d’Orient. Le chien a décidé de le suivre partout où il irait que cela soit bien protégé où sur les champs de bataille. Il ne quitte jamais son maître où qu’il soit sur la planète. Ce n’est pas pour autant que le maître fait preuve de plus d’affection envers l’animal. Ce lien très profond intrigue le juge qui veut connaître plus l’histoire de cet homme avant de rentrer de façon définitive chez lui.
Son enquête va lui permettre de mieux comprendre le prisonnier. Lui aussi sait ce que la guerre peut faire et comment elle peut modifier un être humain. Ces rencontres avec les habitants et avec l’animal va le pousser à prendre une décision radicalement différente de celle qu’il aurait prise pendant la guerre. L’horreur doit être derrière eux maintenant et avancer sur des bases meilleures.
« – C’étais lui, le héros. C’est ça que j’ai pensé, voyez-vous. Pas seulement parce qu’il m’avait suivi au front et qu’il avait été blessé. Non, c’était plus profond, plus radical. Il y avait toutes les qualités qu’on attendait d’un soldat. Il était loyal jusqu’à la mort, courageux, sans pitié envers les ennemis. Pour lui, le monde était fait de bons et de méchants. Il y avait un mot pour dire ça : il n’avait aucune humanité. Bien sûr, c’était un chien… Mais nous qui n’étions pas des chiens, on nous demandait la même chose. Les distinctions, médailles, citations, avancements, tout cela était fait pour récompenser des actes de bêtes. »
Le roman de Jean-Christophe Rufin lui a été inspiré suite à une discussion avec un de ces ami, le photographe, Benoît Gysembergh qui lui a fait part de l’histoire de son grand-père à la fin de la première guerre. Un récit surprenant qui m’a tenu en haleine jusqu’à la dernière page car on ne sait pas de quoi est inculpé Jacques Morlac. On comprend qu’il aspire à un monde plus pacifique mais les enjeux économiques sont trop importants. Il veut se rebeller et veut accepter tout châtiment mais pourquoi? J’ai suivi le juge avec les même questions pour savoir pourquoi. L’auteur est un malin et maîtrise grandement l’art du récit. Un vrai petit bijou de lecture qui a su me surprendre.
La guerre a bien des visages. Jean-Christophe Rufin propose de vous en faire découvrir un à travers un homme et son chien.
L’avis Des mots et des notes
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