La moustache – Emmanuel Carrère

51QMTH1EESLTitre : La moustache
Auteur : Emmanuel Carrère
Folio n°1883
Publication : 24 novembre 1987
Nombre de pages : 182

Capture d’écran 2014-10-05 à 11.19.30

 

4ème de couverture
Ayant vidé la poubelle sur le trottoir, il trouva vite le sac qu’on plaçait dans la salle de bains, en retira des coton-tiges, un vieux tube de dentifrice, un autre de tonique pour la peau, des lames de rasoir usagées. Et les poils étaient là. Pas tout à fait comme il l’avait espéré : nombreux, mais dispersés, alors qu’il imaginait une touffe bien compacte, quelque chose comme une moustache tenant toute seule. Il en ramassa le plus possible, qu’il recueillit dans le creux de sa main, puis remonta. Il entra sans bruit dans la chambre, la main tendue en coupelle devant lui et, s’asseyant sur le lit à côté d’Agnès apparemment endormie, alluma la lampe de chevet. Elle gémit doucement puis, comme il lui secouait l’épaule, cligna des yeux, grimaça en voyant la main ouverte devant son visage.  » Et ça, dit-il rudement, qu’est-ce que c’est?  »

Capture d’écran 2014-10-05 à 11.19.30

La moustache, voilà un titre qui promet tout un roman, d’ailleurs c’est le choix qu’à fait Emmanuel Carrère. Il aime tellement cette petite zone velu entre le nez et les lèvres, qu’il a décidé de raconter l’histoire d’un homme et du fait qu’un jour il décida de se raser.

L’homme, juste présenté sous le nom de Il, décide pour se surprendre et surprendre sa femme de se raser pas uniquement les côtés de son visage mais aussi sa moustache, qu’il porte depuis 10 ans. Mais voilà, sa femme, Agnès ne remarque rien. Pour elle, il n’a jamais porté de moustache puis ces amis, son boss et d’autres personnes qu’il rencontre fréquemment. La question de la folie alors se pose. Qui perd pied alors le mari ou la femme? Mais lorsque soudain, il apprend que son père est mort depuis 1 an alors qu’il l’a entendu hier sur son répondeur, il perd pied. A partir de ce moment, le roman part dans tous les sens.

Et oui, Il se met à douter de la sincérité de sa femme et de son ami et patron. Alors hop, il va à l’aéroport et prend le premier vol qui va l’emmener à Hong Kong. Là bas, il se perd un peu en lui en même en se posant d’incessantes questions jusqu’à l’idée que tout pourrait redevenir normal s’il se laissait pousser la moustache. Bien entendu, lorsqu’elle repousse sa femme apparaît comme par hasard dans sa chambre d’hôtel comme si elle avait toujours été là. C’est le poil de trop qui va le mener à sa fin. La quatrième de couverture nous avait prévenu. Il ne faut pas commencer par la fin car sinon on reste dessus.

En effet, qu’est-ce qui est passé par la tête d’Emmanuel Carrère pour écrire ce roman d’une part mais surtout cette fin si horrible tout en souffrance. Une fin qui arrive assez vite qui tombe comme un poil sur la soupe qui couperait la faim. C’est une certitude. Heureusement, que l’affreuse couverture, avec la peinture Le dieu des coiffeurs d’Otto Dix , va dissuader quelques lecteurs potentiels. J’aurais plutôt vu une couverture plus surréaliste comme Ceci est une pipe de René Magritte, plus en rapport a t’il une moustache ou pas?

Ok, l’auteur a voulu se distancier de son héros qui n’a pas de prénom. Il a voulu parler de la folie de façon originale. Mais voilà cela ne m’a pas du tout séduite. Le personnage principale fuit trop vite et après tout part en cacahouète. L’auteur s’était-il fixé un nombre de pages limites à ne pas dépasser pour terminer si vite l’histoire? Une certitude en tout cas, je n’ai pas du tout envie de voir l’adaptation cinématographique sorti en 2005 avec Vincent Lindon et Emmanuel Devos.

Bref, si vous aimez les moustaches, autant en acheter une en chocolat, au moins on a la certitude de prendre un bon moment.

8 réflexions sur “La moustache – Emmanuel Carrère

  1. Pingback: Mon auto-chalenge – 200 livres en 2014 | 22h05 rue des Dames

  2. Je l’ai également dans ma bibliothèque. On verra un jour ce que cela donnera. En fait, j’ai tellement apprécié l’originalité de l’histoire à travers le films avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos que lorsque je l’ai vu sur les étals d’une braderie, j’ai sauté sur l’occasion. Mais, ayant également la crainte de ne pas retrouver le plaisir et la curiosité du film, j’ai toujours hésité à m’y attaquer…

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